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Billet de blog 15 décembre 2010

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Erwin

" Où étais-tu quand le muguet, installant avec douleur la chaude saison, attendait un frère pour continuer la lutte ? " © Nicolas Dutent

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

" Où étais-tu quand le muguet, installant avec douleur la chaude saison, attendait un frère pour continuer la lutte ? "

© Nicolas Dutent

 Où étais vieil ami ce premier mai ?

Où étais-tu quand le muguet, installant avec douleur la chaude saison,

Attendait un frère pour continuer la lutte ? 

La rue, partout, criait ton nom

Mais le charmeur de Beaubourg cette fois n’est pas venu

Le ciel t’en a voulu, tel un visiteur imprévu a fui le silence

Trop pesant qui soufflait sur nos âmes et sur la capitale

Toi qui devançais l’aube pour retenir juste un peu la folie millénaire 

Qui saigne et se répand dans les rêves encombrés de tant et tant d’hommes 

Toi qui échangeais avec l’Histoire des mots si doux, des mots inquiets

Toi qui, apportant le café, pouvait trembler sans perdre ta jeunesse

Toi qui offrais tes larmes à une paix fatiguée de ne vivre

Qu’en idée ou de servir les morts

Toi qui, de la Hongrie porte la flamme sans son témparement gris 

Au chevet de matins qui s’arment de patience pour un jour peut-être

Un jour c’est sûr, retrouver la saveur dessinée par un Front populaire

Ces héros de la guerre contre les habitudes,

Du passé conservent le geste lumineux  

Ce vocabulaire devenu parfois étranger dans sa propre demeure

Mais qui, bien forgé dans l’acier, jamais ne se meure... 

Telles étaient ta croyance et ta réalité, telle est mon espérance

Qu’ils aillent au diable ceux qui nous prennent pour fous,

Nous marchons sur la mer et les étoiles nous guettent! 

Parce que ce qui n’est pas est encore possible,

Sans faste, sans prières

Nous irons explorer ces territoires amis ou la raison nous mène 

De Marseille à Paris, tel un marin refusant son exil

Maigre et obstiné tu as traîné des heures, comme nous

Tu as soigné le doute, réveillé lentement

La conscience endormie de lointains promeneurs et

Des rêveurs entrés, fidèles ou non, en résistance 

Les villes se vident de sens, mais d’où tu es regarde

Nous prolongeons ton destin tous les Dimanche matin 

Dont tu as le secret et qui à cet instant, droits comme l’hiver,

Se tiennent prêts, fiers et puissants...

Nicolas Dutent, Erwin, poème paru dans l'Humanité  

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