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Billet de blog 15 sept. 2022

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De l’utilité de la colère - en guise de réponse à François Gemenne

François Gemenne a récemment dénoncé les militant.e.s qui confondent « être en colère » avec « être dans l'action ». La critique est dure, venant d'un compagnon de route de nombreuses ONG - mais elle offre l'opportunité de réaffirmer les choix et stratégies du mouvement pour la justice climatique.

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La colère est bonne conseillère. La frustration ne l'est en revanche pas. François Gemenne, co-auteur de plusieurs rapports du GIEC, qui a largement contribué à construire et diffuser les connaissances sur la réalité du dérèglement climatique, en a à mon sens récemment fait la démonstration.

François Gemenne est (était ?) un compagnon de route de nombreux mouvements et organisations luttant contre les causes du dérèglement climatique - le passé est peut-être ici de rigueur, puisque F. Gemenne explique ne plus considérer les “activistes du climat comme des alliés”. Les critiques qu’il formule, de même que leur écho médiatique (depuis l’échec de Yannick Jadot à la présidentielle, dont il fut porte-parole, il ne manque pas une occasion de dire à quel point le militantisme politique comme associatif est une impasse), sont conséquentes. Il me semble donc important de répondre à ses objections, sans pour autant tomber dans l'invective (auquel l'intéressé contribue malheureusement lui-même trop souvent - et dont il est malheureusement également victime) propre à twitter. 

Mardi, il a publié une tribune dans Libération, dont il a prolongé la réflexion dans l'émission "C Ce soir", sur France 5. Le raisonnement de François Gemenne peut se résumer comme suit : nous nous tromperions de combat en stigmatisant les ultra-riches. Cette posture serait certes confortable (nous serions du bon côté, nous les vertueuses et les vertueux) mais totalement contre-productive. Nous confondrions "être dans l'action" et "être en colère". Nous tournerions le dos à la nécessité de nous "transformer collectivement" pour mettre fin à l'emprise de l'industrie fossile sur nos vies. Pire, en procédant ainsi, nous pousserions d'autres que nous à renoncer à agir - jamais avare de provocations (mais toujours prompt à dénoncer les excès des autres), F. Gemenne a même tweeté qu'il lui semblerait presque préférable de prendre l'avion pour vivre à Dubaï, plutôt que d'être confronté à des réactions en meute sur twitter.

Pour autant, F. Gemenne conclut son raisonnement en expliquant qu'il est nécessaire de contrôler les pratiques des riches : "si les riches sont des passagers clandestins dans la lutte contre le changement climatique, jamais le reste de la société ne pourra se mettre en mouvement". Bref, si l'on suit son raisonnement, il faudrait parvenir à contraindre les riches à renoncer à leur consommation ostentatoire (bref, à leurs comportements et attributs de riches)... sans pour autant stigmatiser leur comportements et attributs.

Puisque François Gemenne critique les stratégies du mouvement pour la justice climatique, il semble opportun de lui répondre. Non pour le plaisir d’un affrontement un peu vain entre deux hommes blancs de plus de 40 ans mais parce que les critiques qu’il formule sont autant d’opportunités de clarifier et de défendre les choix stratégiques faits par le mouvement pour la justice climatique. 

Dénoncer les injustices, en stigmatisant les ultra-riches 

Les mobilisations (fussent-elles en ligne pour le moment) contre les (ultra)riches ne se situent pas sur le registre moral. On ne peut ici s'empêcher de penser que les dernières sorties médiatiques de F. Gemenne sont largement liées à son expérience personnelle : il a lui-même été pris à partie (de manière violente et inacceptable) ce printemps sur twitter, pour avoir pris un vol entre Nice et Paris - il a eu l’occasion de s’expliquer à de nombreuses reprises (par exemple ici) sur le sujet. Les critiques n’ont pourtant rien à voir (même si leur virulence gomme les nuances).  

Prendre le temps de suivre les déplacements du jet privé de Bernard Arnault, n'alimente pas une indignation morale mais un désir de justice. L'objectif n'est nullement de prendre appui sur le mode de vie de Bernard Arnault pour nous pousser toutes et tous à adopter des comportements vertueux. L'utilisation de son jet privé par Bernard Arnault n'est pas "mauvaise". Elle est injuste - et ce d'autant plus qu'elle n'est que le symbole de la sécession à laquelle procèdent les ultra-riches. La stigmatisation (le name and shame cher aux mouvements anglo-saxons) est ici une stratégie assumée, qui permet de dénoncer des comportements qui sont, sans cela, socialement valorisés, enviés et passent alors pour des exemples à suivre. Décrier et vilipender de tels comportements est une étape vers leur interdiction pure et simple (ou leur taxation à un niveau tel qu’il est équivalent à une interdiction). La campagne que lance Attac ce jour, contre les “criminels climatiques” est ainsi essentielle - et montre bien que l’indignation construite sur twitter trouve rapidement des débouchés en termes de mobilisations et de revendications. 

Lorsque le choix de F. Gemenne de prendre l’avion en Nice et Paris (plutôt que de prendre le train ou, tout simplement, de renoncer à son déplacement) est pointé du doigt, il s’agit de rappeler que nos choix ne peuvent plus être défendus comme relevant de la seule sphère privée. On peut faire le choix de se déplacer en avion - l’utilité sociale d’un déplacement en avion mérite par exemple d’être posée. On peut même choisir de prendre l’avion pour convenance personnelle - mais la critique devrait être dans ce cas possible (pour peu qu’elle soit argumentée et ne tourne pas au harcèlement). 

Que des représentant.e.s d’île du Pacifique Sud, ou des victimes des inondations dramatiques qui ont frappé le Pakistan cet été (ou même des scientifiques belges ou des responsables d’ONG basés en France) se rendent en Egypte au mois de Novembre pour prendre part au Sommet de l’ONU sur le climat me semble par exemple socialement acceptable.

Le nécessaire élargissement des répertoires d’action

Ces formes d'indignation ne sont au demeurant qu’une infirme partie des stratégies et tactiques que déploient les militant.e.s du mouvement pour la justice climatique. La résistance contre le projet d'oléoduc EACOP, que TotalEnergies espère construire en Ouganda et en Tanzanie est l’une des priorités d’organisations telles que 350.org, les Amis de la Terre, GreenFaith, Survie, etc. 

Plus généralement, les militant.e.s du mouvement pour la justice climatique ne cessent de pointer du doigt la nécessité de "changer de système". Iels travaillent d'arrache pied à construire des mobilisations qui relient le désinvestissement, l'arrêt des financements (l'organisation Reclaim Finance vient de lancer un outil qui permet à chacun.de changer de banque), le blocage, des actions de désobéissances civiles de masse, etc.

Les militant.e.s ont de plus en plus recours à des actions de "sabotage" (j’utilise ici des guillemets tant le terme est trop souvent utilisé à tort et à travers - qu'il s'agisse, pour le pouvoir, de dénoncer les militant.e.s ; ou, pour certains collectifs, de vanter leur radicalité à la différence d’autres trop “mous”). Cet été par exemple : dégonflage de pneus de 4*4, bétonnage de golfs, mobilisations contre les méga "bassines", destruction de jacuzzi, etc. Ces actions ne sont que la conséquence de l'impasse politique dans laquelle nous sommes : les recours institutionnels ont tous été essayés, jusqu’à l’épuisement.

Les dirigeant.e.s politiques, les administrations, les institutions nationales comme internationales, de même qu’une partie conséquente de la société civile ont consacré une énergie folle, sans doute démesurée, à essayer de co-construire des politiques climatiques ambitieuses - à l'échelle locale, nationale comme supranationale. Il fallait tempérer la colère, renoncer à être clivant. C'est cette stratégie-là qui a largement échoué.

Il n'est nullement aberrant de faire toute sa place à notre colère face à l'état du monde. De ne plus chercher à convaincre, mais de trouver les moyens d’enfin contraindre.

Il n'y a là rien de destructeur. Au contraire : ce qui se joue là, c'est la volonté de tenir ensemble la préfiguration et la défiguration. Préfigurer le monde que nous voulons habiter et défigurer celui qui est devenu inhabitable - ce qui implique, nécessairement de nommer, de dénoncer et de contraindre celles et ceux qui l'ont rendu inhabitable. 


Partout, les militant.e.s élargissent le répertoire d’action dans lequel iels puisent, pour contribuer à “défigurer” et défaire ce qui rend le monde inhabitable. Leur point de départ est une colère saine, qui débouche sur l’action collective.

Le mouvement pour la justice climatique est moins visible qu’il ne l’était auparavant. Les mobilisations de masse ont fait long feu : les 7,5 millions de personnes qui ont défilé dans les rues du monde entier en Septembre 2019 à l’appel de Fridays For Future sont un lointain souvenir. Mais le mouvement n’a pour autant pas disparu. Les mobilisations et les actions se sont relocalisées - et se structurent à partir des mobilisations locales (voir par exemple le travail de Terres de Luttes et des Soulèvements de la Terre). Au fond, ce qui se déploie ici, ce sont des formes de solidarités translocales, en lieu et place des solidarités transnationales propres aux mouvements de solidarité internationale du siècle passé. Je ne crois pas que les mobilisations soient en reflux. Elles donnent l’impression d’être plus sporadiques. Elles sont moins massives, certes. Mais elles sont aussi plus diffuses. Cette “conflictualité diffuse” est bienvenue. Elle pourrait permettre des percées nouvelles.

Le rôle des imaginaires dans la préfiguration

F. Gemenne dénonce enfin la vacuité de militant.e.s qui utilisent les réseaux sociaux pour vanter leur voyage en train à travers l’Europe. Il se joue pourtant là quelque chose de bien différent, de plus profond que la simple exposition de soi (au demeurant légitime). 

Qu’une journaliste narre son voyage familial en train à travers l’Europe, qu’une militante du mouvement pour la justice climatique fait le récit d’un périple jusqu’à Istanbul via de nombreuses stories sur Instagram ; ou encore qu’un des co-auteur de nombreux rapports du GIEC détaille ses nombreux déplacements ferroviaires en France et en Allemagne n’est ni puéril, ni auto-centré. En faisant cela, elles et ils contribuent à rendre le déplacement terrestre proche, banal, quotidien - tantôt drôle, parfois compliqué par des retards et des annulations. Ces récits banalisent le choix du train. Instagram et twitter regorgent encore de photos d'aéroport, de hublots d'avion, de chariots à bagages... Aucune beauté là-dedans :  un aéroport, c'est moche et une photo de nuage à travers la vitre d'un hublot n'a aucun intérêt esthétique. Mais ces images nous disent que l'émerveillement n'était pas que dans la destination, qu'il était aussi dans le voyage. 

Parler de son voyage en train c'est faire exactement la même chose : c'est montrer que l'on peut s'évader en restant sur terre, qu'il peut y avoir de l'excitation, de l'exotisme, du rêve en voyageant ainsi. 

Le militant allemand Tadzio Müller exhortait récemment les militant.e.s à dire et faire savoir leur peur, leur colère, leur panique. Il le faisait en référence à la stratégie de Harvey Milk : celui-ci avait appelé les homosexuels à faire savoir qu’ils sont homos pour que l’homosexualité devienne banale. Si vous savez que votre gentil voisin, que votre talentueux boulanger, que ce cousin que vous aimez tant, que l’instituteur de vos enfants que vous admirez est gay, alors peut-être finirez-vous par vous intéresser à leurs revendications et à leurs mobilisations. Tadzio estime que faire sortir notre panique climatique du placard est une stratégie importante pour que nos proches prennent conscience de la gravité de la situation et de la nécessité de se mobiliser pour y répondre. Le cas des récits de voyage par voie terrestre est plus anecdotique mais précisément : ici, le registre de l’anecdote participe de la préfiguration. Si votre voisin prend le train de nuit plutôt que l’avion, pourquoi pas vous ? Si le co-auteur du dernier rapport du GIEC raconte à quel point il est difficile de réserver un billet entre les Pyrénées et la Drôme sur le site de la SNCF, pourquoi ne vous intéresseriez vous pas aux mobilisations de celles et ceux qui défendent les petites lignes de train ?

Apprendre à faire avec

Les mobilisations contemporaines (comme historiques) se sont largement ancrées dans la colère  - il suffit de penser à #MeToo. La colère contre les harceleurs, contre les violeurs n'est pas seulement légitime. Elle est transformatrice. Certes, la colère ne fait pas tout - et la question des débouchés politiques des mobilisations est plus vaste. Mais sans cette colère, l'accélération dans le rejet de comportements inacceptables - violents, meurtriers, destructeurs - n'aurait pas lieu. On imagine ainsi mal un chercheur ou une chercheuse travaillant sur les violences sexuelles nous expliquer que la colère qui s’exprime à travers #MeToo pose problème.

C'est aussi ce qui se joue actuellement dans le mouvement pour la justice climatique. De la dénonciation des pratiques des ultra-riches à l'émergence de Dernière Rénovation, en passant par les mobilisations contre les bassines, les mobilisations foisonnent. Les chercheurs et chercheuses n'y sont d'ailleurs pas étranger.e.s, en atteste l’émergence de Scientist Rebellion ou encore le travail mené par la revue en ligne Terrestres, en particulier le chantier des Reprises de Savoir. Les scientifiques sont heureusement de plus nombreuses et nombreux à considérer les activistes du climat comme des allié.e.s et à inventer de nouvelles manières de lier leur travail aux mobilisations. 

Dans la mesure où les États et bon nombre de grandes entreprises continuent à n’offrir aucun débouché politique aux mobilisations citoyennes pour la justice climatique et refusent de traduire les alertes des scientifiques en politiques ambitieuses, il est normal et sain que les militant.e.s (parmi lesquel.le.s des climatologues) explorent et testent de nouvelles manières de mobiliser et de passer à l’action. Il n’est pas surprenant que cette phase passe par des mobilisations en apparence du moins, sporadiques. 

Il est évident que la multiplication des catastrophes climatiques, que le fait qu’une fois encore, les prévisions des climatologues s’avèrent en-deçà de la réalité (non parce qu’iels ont mal travaillé mais parce que la catastrophe s’emballe dans des proportions qui échappent à l’imagination comme à la connaissance scientifique) nous affectent tou.te.s. Ce désarroi, ces dépressions, cette colère, ces frustrations font partie de notre quotidien, intime comme collectif. Nous sommes ainsi contraint.e.s de tâtonner, d’explorer, de bégayer. Il me semble ici fondamental de ne pas opposer ces affects les uns aux autres, de faire le tri entre ceux qui seraient acceptables ou vertueux et ceux qui ne le seraient pas. Nous sommes en train d’apprendre à faire avec. Nul.le ne peut prétendre savoir ce qui pourrait finir par marcher - c’est précisément pour cela que, comme le dit si bien Corinne Morel-Darleux, plus rien n’est vain. 

Rien n’est vain - assurément pas la colère, l’élargissement des répertoires d’action ou ces nouvelles alliances entre scientifiques et militant.e.s. Elles sont au contraire nos principales sources d’espoir.

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