Nicolas Roméas
Acteur culturel, auteur, Nicolas Roméas fait aujourd'hui partie de l'équipe de bénévoles du site L'Insatiable (www.linsatiable.org) en tant que rédacteur en chef. Il participe également à la nouvelle revue L'Insatiable papier.
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Billet de blog 4 nov. 2021

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L’ultime combat

Si ceux qu'on appelle ultralibéraux parviennent, comme ils le souhaitent, à produire à partir de l’être humain quelque chose qui ne soit plus du tout humain, une apparence d’humain aussi efficace qu’une machine pour travailler dans de grands entrepôts ou des usines et consommer, la différence sera très simple à percevoir.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Aucune machine (même si l’on peut - comme absolument de tout - s'en servir pour créer), ne peut comprendre le geste artistique ni le produire d’elle-même. C’est une fonction exclusivement humaine.

C’est pourquoi ils veulent détruire l’art, c’est pourquoi ils voudraient faire croire que certaines machines en produisent d’elles-mêmes. C’est pourquoi ils mettent l’accent sur "l’art numérique" et sur les algorithmes qui font de la musique, peignent ou écrivent des histoires sans aucun arrière-plan humain, sans souffle ni épaisseur de l’être, sans aucun mystérieux vécu chuchoté entre les lignes, les sons, les formes, reçu et retraduit par mon imaginaire. C’est pourquoi ils se délectent d’un "art" purement marchand et spectaculaire, le seul qu’ils comprennent, qui est la négation de ce geste. François Pinault et Jeff Koons sont le couple idéal, les parfaits cavaliers de cette Apocalypse.

Montage offert à ma revue par le très regretté Jean-Georges Tartare

Oui l’art exige absolument une âme, un corps et un esprit vivants et vulnérables, qui par instants ne font plus qu’un. C’est ce qui caractérise vraiment l’être humain. Un corps qui échange secrètement avec le monde autour, dont les sens, comme des antennes, captent les émotions subtiles. Toute création est le produit de ça.

Les symboles sont les agents secrets de cet échange, c’est le vocabulaire de ce langage. Pour produire une émotion chargée de sens, il faut un organisme vivant, des nerfs, un cœur, un souffle, un être de chair inséré dans une communauté de culture, partageant des symboles qui parlent à l’ensemble de l’être.

C’est pourquoi, bien qu’on l’oublie trop, l’art est l’ultime rempart contre la robotisation de l’humain, c’est-à-dire sa disparition.

Nicolas Roméas

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