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Billet de blog 23 sept. 2022

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Pour la reconnaissance des responsabilités de l’État dans le recours à la torture

Appel de l’ACCA à la reconnaissance des responsabilités de l’État dans le recours à la torture durant la guerre d’Algérie. Il n’y a pas de guerre sans crimes de guerre, mais l’État doit assumer ses responsabilités. Un mot traverse la guerre d’Algérie : torture. « La torture... est au cœur du conflit et c’est elle, peut-être, qui en exprime la vérité la plus profonde. »

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Appel de l’ACCA à la reconnaissance des responsabilités de l’État dans le recours à la torture durant la guerre d’Algérie

La Déclaration d’Alger pour un partenariat renouvelé entre l’Algérie et la France propose « une lecture objective d’un pan de leur histoire commune. » L’Histoire ne peut s’écrire à quatre mains. Lors d’une guerre, chaque État, chaque belligérant se trouve seul face aux décisions prises, à leur application et à leurs conséquences, chaque peuple a son vécu propre de l'événement, vécu surdéterminé par son rapport avec son passé et sa condition présente.

Il n’y a pas de guerre sans abominations, sans crimes de guerre, mais l’État doit assumer ses responsabilités. Un mot traverse la guerre d’Algérie : torture. Jean-Paul Sartre écrit, dans Une Victoire, celle d’Henri Alleg sur ses tortionnaires, relatée dans La Question : « On n’humanisera pas la guerre d’Algérie. La torture... est au cœur du conflit et c’est elle, peut-être, qui en exprime la vérité la plus profonde. »

C’est cette « vérité la plus profonde » qui doit être soumise à l’examen attentif de l’Histoire. Comment en France, dix ans après la libération du nazisme, l’État, les instances gouvernementales, militaires et judiciaires n’ont-elles pas réagi quand des officiers français ont théorisé le recours à la torture sous le concept de « guerre révolutionnaire » ? Comment ces théories ont-elles pu recevoir l’aval de l’État et être propagées et enseignées dans les écoles militaires ? Comment l’État a-t-il pu autoriser et couvrir la torture, définie comme crime de guerre dans les Conventions de Genève ? Comment l’État a-t-il pu promouvoir et décorer des tortionnaires et, d’un autre côté, juger, condamner, mettre à pied, des Français, citoyens, journalistes, intellectuels, rappelés, officiers supérieurs et hauts fonctionnaires pour avoir dénoncé la torture ?

Soixante ans après, il est impératif de répondre à la question posée en 1962 par Pierre Vidal-Naquet dans La Raison d’État : « Comment fixer le rôle, dans l’État futur, de la magistrature ou de l’armée ou de la police si nous ne savons pas d’abord comment l’État, en tant que tel, s’est comporté devant les problèmes posés par la répression de l’insurrection algérienne, comment il a été informé par ceux dont c’était la mission de l’informer, comment il a réagi en présence de ces informations, comment il a informé à son tour les citoyens ? » Reconnaître les fautes du passé et les responsabilités de l'État n’est pas un acte de repentance, mais un acte de pédagogie citoyenne.

Nous signataires, demandons de savoir comment « la vérité la plus profonde » de la guerre d’Algérie, la torture, a été instaurée, pratiquée et couverte comme un système ?

Pour signer l’Appel :  par courriel : acca@acca.1901.org

Par courrier : ACCCA 26, rue Victor Hugo 92240 Malakoff

L’ACCA, Agir Contre le colonialisme aujourd’hui a été créé il y a 35 ans par des « soldats du refus » condamnés pour avoir refusé de porter les armes contre le peuple algérien et des militants engagés dans sa lutte de libération nationale. Son premier président fut Henri Alleg, lui ont succédé, Alban Liechti et Nils Andersson.

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