Le 4 mai et le 11 août, j'ai parlé de la vie et de la mort de Madame Odette Sottas, une de mes anciennes voisines. Vie solitaire et mort solitaire dans son minuscule deux pièces cuisine au sixième étage en face de l'Église Sainte-Marie des Batignolles où nous lui avions offert un messe après laquelle nous avions été une petite dizaine à ruminer que "c'est bien malheureux de partir comme ça". D'être retrouvée chez soi, "si longtemps après" par la police et les pompiers alertés par une voisine un peu plus vigilante que les autres. Bon, on s'était émus et dit qu'on ne lui connaissait pas de famille mais que la police allait enquêter. Mais sans famille retrouvée, ce serait la fosse commune après trois mois de morgue. Je n'habite plus dans cet immeuble depuis cinq ans, mais après l'été, j'y suis allé pour voir sa boîte au lettres. Elle était pleine. Parmi une tonne de factures et de lettres de rappel se trouvait un faire-part de décès d'une dame de quatre-vingt-dix ans. J'ai retrouvé facilement les gens qui l'avaient envoyé et je les ai appelé. Il ne connaissaient pas personnellement Odette Sottas mais certains de leurs parents par alliance, oui. J'ai appelé ces personnes qui m'ont orienté vers d'autres et suis tombé assez vite sur une des nièces et un neveu de Madame Sottas. Très émus par la nouvelle que je leur apportais, ils m'ont raconté qu'ils ne la voyaient que très peu mais qu'elle n'était pas du tout oubliée. Ils l'avaient reçue dans le Gard quelques années auparavant et vue il y a deux ans pour des obsèques familiales. Ils m'ont remercié pour ma recherche et mon appel. Ils vont s'occuper d'elle. La semaine dernière, ils m'ont laissé un message - Depuis le 6 juin, Odette se trouve au cimetière de Thiais, division 156, ligne 5, tombe 9. Nous vous remercions infiniment pour tout ce que vous avez fait. Sans vouloir faire le malin, je n'ai fait que sortir de chez moi, marcher deux minutes, ouvert une enveloppe, consulter les pages blanches de l'annuaire et décrocher mon téléphone. Mes anciens voisins et la police n'en reviennent pas.
Billet de blog 24 octobre 2011
Lundi 15 août, Madame Sottas repose en paix
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