Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.
J'aurais préféré parler légèrement de ces trois jours que nous avons passé à l'Université de Corté (Haute-Corse) pour tenter d'y donner, dans les meilleurs conditions possibles, une représentation théâtrale. Mais je crois que pour l'heure, c'est impossible. Je crois qu'il me faudra vraiment du temps pour mettre des mots sur la violence et l'humiliation que nous y avons subies. Non par méchanceté. Mais (comme cela se produit souvent en Corse) tout simplement par négligence, indifférence et par cette espèce de confiance illimitée dans l'idée que, quels que soient les désirs et les besoins de quelqu'un pour mener à bien ses rêves, il n'aura qu'à se contenter de ce qu'on lui donne et tout finira bien par s'arranger. Impossible dans ces conditions de penser à ces petits mots quotidiens à poster. Chaque minute, chaque heure, demande parfois de tels efforts pour ne pas s'effondrer dans la violence qu'on ne se sent pas loin de tout mais coupés de tout. Juste présent dans le désespoir face à la connerie et vivant dans la rage de comprendre ce qui peut animer, dans une communauté donnée - la société corse de ces trente dernières années - une telle puissance de mort.
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