Paola Donzella

   Même si mon idole à Rome c’est Francesco Totti, il m’arrive cependant de faire autre chose ici que d’attendre les matches de la Roma pour aller le voir jouer si merveilleusement du bassin. Persévérance, gravité, tempérance, adresse, sérénité et, en même temps, simple et accessible. Ces attributs, lui qui lui sont communément associés, sont le fait, j’en suis sûr, de la forme si particulière de son bassin. Et c’est en cela que je le rapproche évidement de John Wayne, mon autre idole (la troisième, c’est The Moz). De Wayne à Totti en passant par The Moz, on en vient directement au grand trompettiste, David Lewis, guest-star hier soir à  l’Alexanderplatz (il famoso club de jazz romain qui en a vu de toutes les couleurs, des étoiles) d’une chanteuse à découvrir et surtout à écouter sans attendre – Signore, Signorine, Signori…. Paola Donzella ! J’y étais et, ce n’est pas pour me vanter, mais des chanteuses de cette trempe on n’en voit plus beaucoup. Sa musique ? Stricte, sensuelle, ondulée. Ses textes ? Un baiser entre deux langues. Italienne et française. Pour chanter l’Amore, ses constellations, ses étoiles filantes, ses trous noirs, ses mille millions de lunes et de soleils. Sa voix ? Si vous voyez chanter Paola Donzella et dites – Très bien, mais ce costume, cette coiffure Louise Brooks, ce jeu de scène, tout cela n’est-il pas un peu trop maîtrisé, légèrement formel et, pourquoi pas, froid, elle pourrait vous répondre ce que répondait Marlène à de tels propos à son égard – Mais vous n’avez pas écouté ma voix ? Son groupe ? Fabio Longo (Contrebasse), Daniele Gregolin (guitare), Paolo Sportelli (piano & clarinette), Max de Lucia (batterie) – en juillet 1998, après avoir partagé quatre petits déjeuners avec la formation de Chick Coréa face à la mer des Caraïbes (mangues, goyaves, papayes et langoustes grillées), j’ai compris que je ne serai jamais Chick Coréa ou, pour rester dans mes cordes, John Wayne. Ce souvenir, ça m’est revenu hier soir. En les écoutant et en les regardant tous les quatre, sérieux, détendus et photogéniques. Mister David Lewis himself a ajouté – Impeccable ! Que dire (et vouloir) de plus ? La voir et l’écouter le plus vite possible en France. La prochaine date, ça sera le 20 février prochain dans un tout petit théâtre parisien dont je vous donnerai juste avant le nom et les coordonnées. Et si vous y venez (ce dont je ne doute plus au moment de vous quitter), eh bien, nous l’applaudirons ensemble et après, nous pourrions parler de Rome… N.C.

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