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Billet de blog 30 avril 2011

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Vendredi 22 avril, Le mystère de la rue Nollet

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Depuis des années, je passe plusieurs fois par jour devant un retoucheur que je ne vois jamais travailler. Énorme, chevelu, une bague à chaque doigt ou presque, il ne fait cependant pas autre chose. Il ne lit pas, ne regarde pas une télé, n'écoute pas une radio, ne prend pas le frais devant sa porte, non, assis sur le côté gauche de son échoppe, il regarde vers le dehors. Les autres (nombreux) retoucheurs(ses) des Batignolles sont débordé(e)s. À l'approche des grandes vacances, je dois parfois supplier ma préférée (rue Brochant) de me faire un dernier ourlet avant son départ pour chez elle, en Pologne, ou pour un périple, avec ses copines, à travers l'Europe. En juin dernier, submergée, elle m'avait conseillé un monsieur turc, toujours sur la rue Brochant. Le pauvre homme ! Il avait dû embaucher. Son boui-boui croulait sous des tas de pantalons, de chemises et des portants surchargés menaçaient, à chaque instant, de rompre et d'ensevelir trois petits bruns moustachus pliés en deux sur de vieilles machines à coudre. Trois ourlets (les soldes) ? Dix à quinze jours d'attente. Pire que mon dermatologue. J'attendrai. Mais une fois en haut de la rue Nollet, dans cette toute petite zone où ont vécu Paul Verlaine, Henry Miller, Gilles Deleuze, Jean Eustache, Max Jacob, Yves Klein... je n'avais pu m'empêcher d'aller jeter un coup d'oeil vers notre homme. Un sphinx. Et allez donc, en des lieux si chargés d'histoires et de mystères, confier vos chiffons à un Sphinx.

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