Premier dimanche de printemps aux Batignolles, Paris. Douceur de l'air, odeurs d'arbres, force et tendresse du vert, soupçon d'un parfum de mer, peut-être porté par la brise venue de la Seine, jambes et bras nus des filles, épaules des garçons, les longs cils des beaux yeux de la libraire, va-et-vient fatigué des gens du quartier, pleine activité des commerçants, annonces de catastrophes, de guerres et de révolutions de l'autre côté de l'Europe et du Monde. Inquiétudes sans mots, pensées traversantes, toutes faites, mais "les pensées, on ne les a pas, on les pense"(Leslie Kaplan). On s'accoude au comptoir du Zinc (angle rue des Moines-rue Lemercier) pour se réveiller les neurones, le système nerveux, et comme il y a foule au comptoir, je prends ma tasse de café et la pose sur une petite table ronde au pied du zinc tout en y restant accoudé, je tends ma pièce de deux euros et attends ma monnaie tout en essayant d'entendre ce que Ribéry dit de son retour en bleu. La monnaie tarde, je la réclame et le patron me lance, un brin vindicatif - "À table, c'est deux euros !". Avec un vieux jeune homme édenté qui lapait sa bière, près de moi, on se regarde. Dans la peur.
Billet de blog 31 mars 2011
Dimanche 27 mars, Peur sur Paris
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