Primaire du PS, la farce tranquille?

Sept personnages en quête de scénario s’acharnent à nous persuader que le PS peut encore créer la surprise. Aucun d’entre eux ne croit à cette fable et pourtant, courageusement, chacun joue son rôle dans une pièce sans public autre que celui qui croit encore aux promesses d’un PS disqualifié par ce quinquennat tragique.

Sept personnages en quête de scénario s’acharnent à nous persuader que le PS peut encore créer la surprise. Aucun d’entre eux ne croit à cette fable et pourtant, courageusement, chacun joue son rôle dans une pièce sans public autre que celui qui croit encore aux promesses d’un PS disqualifié par ce quinquennat tragique. Une pièce où le pathétique se mêle au tragique quand on en vient aux tirades des écologistes égarés, dans le rôle de tapisserie posée sur un décor de mauvais goût. Ils étaient là pour servir François Hollande, mais le metteur en scène ayant renoncé, ils ne sont plus que des figurants qui ne trompent personne…Et laissent croire que l’écologie pourrait être soluble dans la social-démocratie…Tandis que Yannick Jadot, le seul à défendre le projet de l’écologie politique, peine à se faire entendre et n’est pas sûr de recueillir les 500 parrainages nécessaires à sa candidature. Il y a derrière tout cela une forme d’imposture qui nuit à la reconstruction de la gauche et de l’écologie à laquelle nous devrons nous atteler dès le « jour d’après ». Car cette perspective est désormais possible, si l’on regarde de plus près les projets que défendent Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon. L’un et l’autre ont intégré la problématique de l’écologie politique ; elle n’est plus considérée comme secondaire, mais devient le point de clivage majeur entre le modèle productiviste - qui a toujours été celui de la gauche – et celui que nous défendons depuis plusieurs décennies. Après nous être lamentés pendant si longtemps de ne pas être entendus, ni compris par nos partenaires de la gauche, nous n’allons pas nous plaindre aujourd’hui de cette victoire culturelle, qui ressemble à un aggiornamento politique, décisif pour l’avenir, de Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon…Même s’il met en difficulté notre candidat, qui se retrouve coincé dans un étau dont il lui faudra bien sortir d’une manière ou d’une autre. La donne est donc en train de changer et nous ne pouvons pas nous comporter comme si rien ne s’était passé. La perspective est désormais ouverte pour des vraies alliances sur un projet de société plutôt que sur des accords électoraux dont nous mesurons durement aujourd’hui les limites.

Quel que soit le résultat de cette primaire socialiste, celui qui l’emportera sera condamné à éteindre les lumières de la rue de Solferino, pour déménager avec nous dans une maison où nous ne serons plus relégués aux sous-pentes. Mais il va sans dire que cette maison commune ne pourra être occupée que par des forces politiques dont l’écologie sera la matrice. Du revenu universel à la sortie du nucléaire, en passant par la légalisation contrôlée du cannabis et la relance du projet européen, ce sont nos idées, nos propositions, qui créent le débat et démontrent que l’écologie est la seule idée neuve de ce début de siècle. Ne nous laissons pas dépouiller, mais ne restons pas non plus retirés sur notre Aventin dans le bonheur sectaire de la pureté préservée de nos idées. Ce temps de débats, dans et hors primaires, avant la confrontation décisive est essentiel pour clarifier, pour déblayer le terrain politique de toutes ces scories néoconservatrices et libérales qui empoisonnent la gauche et qui ont fini par la mettre à terre. Comme l’économiste Thomas Piketty l’a si bien dit dans « le Monde » de samedi dernier, il va falloir sortir des postures qui occultent les questions de fond et oser remettre en cause les fondements mêmes des inégalités, de l’ordo libéralisme et des règles européennes. C’est à cette seule condition que nous pourrons redonner sens à la gauche et à l’écologie. Le chantier est devant nous. Qu’allons-nous en faire ? Jamais notre responsabilité politique n’a été plus importante. Il vaut mieux préparer nos victoires plutôt que d’écouter nos défaites, trop nombreuses et trop injustes.

 

Le 16/01/2017.

 

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