Un blog sur la maladie... mais quelle maladie ?

"La santé, pour l’homme, est une chose naturelle, la maladie une chose antinaturelle. (...) La santé vit et croît silencieusement en l’homme en même temps que le sentiment général de la vie. La maladie, au contraire, s’introduit subitement en lui comme une étrangère, se rue à l’improviste sur l’âme effrayée et agite en elle une foule de questions." STEFAN ZWEIG, 1932

"La santé, pour l’homme, est une chose naturelle, la maladie une chose antinaturelle. Le corps en jouit aussi naturellement que le poumon jouit de l’air et l’œil de la lumière. La santé vit et croît silencieusement en l’homme en même temps que le sentiment général de la vie. La maladie, au contraire, s’introduit subitement en lui comme une étrangère, se rue à l’improviste sur l’âme effrayée et agite en elle une foule de questions."  STEFAN ZWEIG, 1932

Entendons-nous bien : sur ce blog, il n’est pas question de crise d’appendicite, de jambe cassée, de varicelle ou de mauvaise grippe. Il n’est pas question des maladies infectieuses, aiguës, douloureuses, ennuyeuses, ni de ces accidents dont on se remet, qui passent en laissant une cicatrice et un mauvais souvenir.

Ces choses-là  sont des épreuves, bien sûr, mais des épreuves que l’on traverse avec la certitude fondée qu’avec un traitement, de la patience, du travail… tout rentrera dans l’ordre. Il existe une solution et un après, il existe un « quand ça ira mieux » qui nous autorise à former des projets pour plus tard, pour les semaines et les années qui viennent. Nous reprendrons le cours de notre vie.

Entendons-nous bien : il n’est pas question de cela. Encore moins de se lancer dans l’élaboration d’une échelle de gravité des maladies, des handicaps et des souffrances qu’ils charrient.

Ici, il est résolument question des maladies physiques, chroniques, évolutives, parfois invalidantes et fatales. Ces maladies que les corps déréglés enfantent et accroissent à leur péril, qui dévoient les organes et altèrent nos existences jusqu’à les compromettre. Ces maladies qui sont un défi à la médecine et donc à l’attente sereine et qui épuisent les cœurs même les plus vaillants. Ces maladies qui condamnent le malade et ceux qui l’aiment à égrener obstinément des espoirs, parfois illusoires, pour refouler l’insupportable lucidité.

La sclérose en plaques fait partie de ces maladies ; dans la mesure où j’en souffre depuis plus de 20 ans, mes propos et analyses en portent nécessairement l’empreinte profonde.

Enfin, un soin particulier est apporté à résister aux « positiver », « relativiser » et « rire » de la catastrophe qu’est la maladie chronique. Car on ne sait jamais vraiment ce qui, dans la légèreté affichée, procède de l’élan authentique ou du consentement aux sourdes injonctions faites aux malades.

Aux camarades malades qui lisez ce blog, dont les accents vous seront tristement familiers,

Aux amis bien-portants qui s’aventurent ici dans la dimension « maladie » avec la chance de ne pas la connaitre intimement,

Bienvenue !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.