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Billet de blog 20 oct. 2021

Crachons de la poésie !

Ils s’appellent Zemm, Bollo, Sarko, Cahu, Balka, Strauss, Marine, Macro et compagnie, polémistes vulgaires, révisionnistes dingues, patrons dévoyés et politiciens corrompus, élus farcis d’ambition et d’indifférence, profiteurs sans scrupules. Ils nous mentent, nous enveloppent, nous pompent et nous emprisonnent. Ignorons-les et crachons de la poésie !

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Chemin du 20 octobre 2021

Crachons de la poésie !

Nervures qui désénervent ! © Patrice Morel

Ce matin, 20 octobre 2021, sur France Inter, Xavier Giannoli parle de son film «Illusions Perdues» . En gros, il déclare : faisons du beau ! Pour lutter contre la bassesse généralisée, soyons poètes. Il a raison. Retranchons-nous dans ce qui est à notre portée : la beauté. Rabattons-nous sur ce qu’il est possible de voir, de sentir, de toucher, et puis bordel de merde, créons !

Giannoli enfant avait comme voisin, à l’étage en dessous, un certain Christophe. Chaque nuit il entendait l'artiste dandy et maudit passer et repasser des films immortels, des musiques magnifiques, et jouer au flipper... Giannoli est devenu réalisateur, magicien de la couleur, du son, de l’image. Grâce à son compagnon nocturne, là, sous le parquet, grâce à ces émois d’outre-noir, il a forgé son originalité et ses propres tonalités.

Sous le tapis la plage, sous la dalle la fringale : d’amour, de charme, d’élégance, de dolce vita, de Vespa et de smoking blanc cassé...

Automne en Vercors © Patrice Morel

Christophe !

La route de Salina, 1970, film de Lautner, solaire et hippie. Bande musicale signée Christophe ! Pour moi, à 18 ans, un choc visuel et auditif, spatial et amniotique, sexe et romantisme, cocktail inédit à l’heure des molotov.

Merci au dernier des Bevilacqua ! L’homme des mots bleus crachait sa poésie dans le soir de son appartement au coeur de Montparnasse, à deux pas du Luxembourg, du jardin et des sénateurs à proximité des catacombes. Il avait compris que face à la connerie, seul le beau existe, calme et transcende. Alors même si la nuit, contrairement à lui, je dors, il est clair qu’à l’aube j’ouvre mes volets sur la tentation du Parnasse : écrire pour ne pas mourir, aligner quelques phrases rythmées pour oublier la mollesse mortifère, le confort mercantile, photographier la montagne, les vaches, les prés, et ne pas laisser le champ libre aux pollueurs de l’âme, aux faiseurs de désespoir.

C’est l’automne. Un vent de sud s’est levé. Les premières feuille se balancent en silence. Libres comme l’air. Permission d’envol. Jouissance aérienne. Promenade céleste. Divagation azurée. Et pourtant mort prochaine. Retour à la terre. Illusions perdues.

Ferme à Lans-en-Vercors © Patrice Morel (octobre 2021)

Ici, dans les Préalpes, entendez Vercors, Chartreuse, Bauges, Aravis, Dévoluy, Diois et Baronnies, la palette est éphémère mais féérique, il y a des ors et des pourpres, c’est notre Elysée à nous, il y a des verts qui riment ou se complètent, jade, émeraude, bouteille, c’est notre écologie politique, il y a des des bois ocres et des transparences citronnées, de l’ambre et du safran, ce sont nos gilets de factieux, de séditieux de boutefeux.

Oui, une fois de plus, l’été indien console et s’attarde. Il faut le chanter, le raconter, et s’immerger. Nous sommes des Iroquois, des Cheyennes, des Apaches, des Comanches, des sauvages dans nos réserves, parqués dans nos «territoires» comme ils disent là-haut, avec condescendance et suffisance.

Alors sortons la lyre, la plume, l’encre, cherchons-nous une muse, un apollon, et jouissons pendant qu’il est encore temps. Crachons de la poésie avant que les Zemm et autres Bollos nous forcent à faire de la prose dans le sang et les armes. Il y a urgence.

Dans nos territoires indiens ! © Patrice Morel

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