Pr. Noureddine Aoussat "Musulmans de France : citoyens ou dhimmis de la République ?

Il est trop tard pour considérer que rien soit fait ou dit sur la nouvelle organisation de l’islam : Il y a tant de choses de faites et de dites ces deux dernières années. Mais il n’est pas trop tard de parer et s’opposer au pire.

De l’organisation de l’islam en France.

Lettre à mes coreligionnaires

(Deuxième partie) Musulmans de France : citoyens ou dhimmis de la République ?

Ni victimes ni coupables, mais bien responsables

Mes chers frères et sœurs ! Il fut un temps, pas si lointain d’ailleurs, les chaines de télévisions n’étaient pas très nombreuses en France ; mais il y avait toutefois quelques émissions de débats politiques et sociétaux, ouvertes à la diversité des opinions, et de qualité dans l’ensemble. Aujourd’hui, nous assistons à un foisonnement de chaines de télévisions, mais les débats politiques et citoyens véritables y sont totalement absents. Dieu merci ! dirions-nous, internet et les réseaux sociaux restent largement libres, accessibles et démocratiques. Nous n’avons donc aucune raison de ne pas rentrer en dialogue, entre musulmans, les uns avec les autres ; d’échanger nos informations et analyses, et surtout de susciter le débat et la critique constructive. Et, d’une manière plus large et générale, vis-à-vis nos concitoyens quels qu’ils soient dans l’administration publique ou dans la société, il est de notre devoir de chercher tout moyen de communication pour rentrer en contact avec eux, et leur faire entendre nos opinions et leur exposer nos positions.

A ce titre, et pour lever toute ambiguïté, j’aimerai préciser, pour qu’il en soit très clair pour tous, que dans ces deux lettres que je vous adresse, mes chers coreligionnaires, il ne s’agit point de me justifier ou de vous inviter à le faire, ni même de montrer patte blanche, mais uniquement de faire entendre notre voix et de nous exprimer en toute liberté et avec toute la responsabilité qui est de mise en de telles circonstances. Il n’est pas du tout question d’une quelconque sorte de victimisation ; et encore moins de culpabilisation, que, faut-il le souligner, nombreux sont ceux qui cherchent à nous faire la ressentir, et souhaiteraient que nous adoptions un langage contrit.  

Je tiens à le dire haut et fort -en mon nom en le vôtre si vous le permettez !-,  Nous les musulmans de France, nous ne sommes victimes de qui -ni de quoi- que ce soit, si ce n’est de nos atermoiements, de notre irresponsabilité collective, et aussi et surtout de l’indignité et lâcheté de certains de nos clercs et élites, et dont -ne l’oublions pas- nous sommes souvent complices en nous taisant sur leur turpitudes, et en ne s’indignant pas de certaines de leurs positions ou déclarations scandaleuses.

Bref ! Nous, musulmans de France, bien qu’il nous soit arrivé de vivre ses dernières années sous certains gouvernements, où l’islamophobie et le discours islamophobe étaient quasiment systémique, -ce qui ne peut ni être nié, ni oublié, ni minimisé- ; toutefois, il n’en demeure pas moins, que nous ne sommes ni victimes ni coupables dans notre situation vécue ou actuelle, et de ce qui nous est arrivé ou arrive encore, mais nous en sommes entièrement responsables ! Oui ! Nous en sommes pleinement responsables

La France est un pays de droit, et un pays de liberté ! Mais ni le droit ni la liberté ne sont offerts à qui que ce soit sur un plateau en argent. Il faut revendiquer ses droits, et y persévérer, défendre ses libertés et ne rien lâcher. C’est le seul moyen, et l’unique chemin avec lesquels s’obtiennent les droits.

Cette mise au point étant faite, j’aimerai partager avec vous mes chers coreligionnaires mon constat et mon analyse sur deux points concernant le débat actuel sur l’organisation de l’islam de France. Le premier point porte sur cette fameuse « taxe halal », plutôt floue et fumeuse jusqu’à présent, mais néanmoins extravagante dans son esprit et sa portée.

Taxe halal, redevance, don ou plutôt dîme ?

Hakim El Karoui, n’a de cesse depuis deux ans de parler d’une taxe appliquée à la consommation de la viande halal et au pèlerinage à la Mecque, pour financer la nouvelle organisation de l’islam en France. Nous en savons un peu plus ces deux dernières semaines, grâce aux différentes interviews. Le dispositif, ou disons le percepteur de cette taxe, selon El Karoui, s’appellerait (par exemple) AMIF (Association Musulmane pour l’Islam de France). Quid de sa légitimité, de sa représentativité, de sa composition ? Pour El Karoui, tout cela est sans importance ! Le plus important pour lui serait que cette association va jouer le rôle de « régulateur des flux financiers », elle sera « une organisation de service » ; « elle prélèvera une petite somme d’argent sur chaque acte de consommation… la viande halal, le pèlerinage » auxquels se rajouteront « les dons ».  

Le CFCM, loin de s’indigner de ce discours prônant une soumission des actes de consommation halal à une taxe, non seulement emboîte le pas à ses panégyristes, mais prend tout le monde de court en y créant une association qui va dans ce sens. Une surenchère qui pourrait nous faire sourire par son manque de réalisme, mais néanmoins, et c’est là où le bât blesse, apporte du crédit à cette idée saugrenue de taxe halal. Taxe, qui, soulignons-le et insistons-y, dans la bouche de certains politiques, que nous avons entendu lors du débat sur les élections de 2017, sonne comme une dîme ! Une taxe dite halal, liée à la consommation quotidienne des seuls musulmans, voire à leurs actes de dévotion, comme pour le pèlerinage par exemple. Autant dire que cela s’apparente à une sorte de dîme, dont le dîmeur n’est pas directement l’Etat, mais un organisme qui s’imposerait par la force et la légitimité que lui donne le pouvoir politique !

Je me contenterai de quatre remarques à propos de cette taxe halal.

  1. Le musulman ne saurait accepter d’être soumis à une taxe liée à sa consommation spécifique, et qui n’aurait de justification que cette spécificité. Les musulmans que nous sommes, quand nous achetons de la viande certifiée halal par AVS, Achahada, Halal services ou autres, nous savons que sur le prix que nous payons, il y a tout au plus 10 centimes par kilo, qui va dans les caisses de ces associations de certification. Certains d’entre nous, qui connaissent bien le marché du halal, savent que depuis 1994, il y a trois mosquées qui gagnent un peu d’argent, car ils détiennent l’oligopole du droit à délivrer les certificats d’habilitation aux sacrificateurs travaillant dans les différents abattoirs. Mais à part ces deux entités, (organismes certificateurs et les trois mosquées) tous les autres acteurs de la filière sont des opérateurs économiques. Quel sera le rôle de l’AMIF dont parle H. EL Karoui ? Quel type de service pourra-t-il apporter ? Si l’AMIF se placera comme un organisme certificateur, libre à lui pénétrer ce marché et se faire une place, ou s’imposer par son sérieux et son savoir-faire, comme l’ont fait tous les nombreux organismes apparus ces vingt dernières années. Et dans ce cas, il n’y a lieu ni de coupler le débat sur cette taxe avec l’organisation de l’islam de France, ni encore de nous bassiner depuis deux ans à parler de taxe halal, en s’adressant à l’opinion. Ni AVS, ni Achahada, ni aucun autre organisme n’ont mis la taxe au-devant de leur lancement. Tout organisme qui souhaite gagner de l’argent, apporter du service payant dans la filière halal, est libre de la faire.
  2. Je dirai exactement la même chose pour le marché du hajj. Il y a beaucoup à faire sur ce marché. Les prix pratiqués en France sont excessifs. À prestation, égale, voire moindre parfois, nos voisins belges, espagnols et allemands sont en moyenne 25 % moins chers. La formule qui vaut 4.000 € en France, d’après l’ACEF[1] qui a fait une étude comparative, elle ne vaudrait pas plus de 3.000 €. La différence de prix sur les Omra est moins importante. Il n’y a pas de véritable concurrence sur le marché du hajj, voire il y aurait selon l’Acef une certaine entente déloyale auprès des quelques agences qui se partagent le quota limité des visas hajj. Que peut faire l’AMIF pour justifier sa perception d’une taxe sur ce marché du hajj ? H. El Karoui parlait au début de l’été de l’AMIF comme organisme « certificateur des certificateurs » et de possibilité de négocier directement avec l’Arabie Saoudite pour les visas du hajj. Et c’est bien cette manière de faire qui dérange. Se servir du pouvoir politique, pour ne pas baisser les prix, mais pour siphonner les flux financiers qui allaient vers les différents acteurs du marché du hajj.
  3. Des chiffres ont été avancés au mois de juillet, et la presse s’en est faite l’écho. Nous y avons découvert des sommes faramineuses, par exemple 12 millions d’€ par an rien que dans le marché du hajj. Si nous rapportons cette somme au nombre de musulmans qui vont au hajj chaque année, cela fers 600 € par pèlerin. Qui peut accepter une telle taxe extravagante dans sa forme, un peu loufoque dans son esprit. H. El Karoui peut beau clamer ici et là que cet argent servira à former les imams, et construire certaines mosquées, mais cette taxe demeure doublement inacceptable. Elle est inacceptable si le musulman n’est pas libre de la donner ou non selon son bon vouloir et consentement. Elle est également inacceptable si d’une manière ou d’une autre les pouvoirs publics chercheraient à l’imposer par de nouvelles dispositions juridiques ou manipulation du droit[2].
  4. El Karoui comme tout le monde le sait, est un ancien banquier de chez Rothschild& Cie. Et nous avons aussi, que la déformation professionnelle existe. Mais de là à réduire l’organisation de l’islam à des flux financiers, à parler des « musulmans qui se sont enrichis », à « il y a beaucoup d’argent chez les musulmans » et autres déclarations scandaleuses et extravagantes, le pas a été maintes fois franchis, et il serait temps qu’on revienne à un discours raisonnable sur l’islam de France, et respectueux des quelques 5 à 6 millions de musulmans de France.

Mais, la respectabilité s’arrache et s’obtient, tout comme les droits et libertés, mes chers frères et sœurs musulmans. H. El Karoui n’aurait jamais utilisé le tiers des extravagantes expressions et ne se serait jamais permis d’aller si loin dans ses propositions, si nous étions réactifs et exigions le respect. Mais il n’est pas du tout trop tard pour le faire. Faisons-le donc !

Pourquoi quoi faire, ce rapport sur « la Fabrique de l’islamisme » ?

Quels sont les points saillants du dernier rapport de Hakim El Karoui ? Je me contenterai de faire

1. El Karoui confond totalement, et délibérément, islamisme et islam. Ce confusionnisme est un choix politique et idéologique de sa part, et non le produit d’une quelconque ignorance des différences nettes et notoires qu’il y a entre les deux concepts. Quand Hakim El Karoui fait sienne, dans son rapport (p 475), l’idée que la notion du halal, (pourtant connue et reconnue dans la littérature et pratique religieuses les plus classiques) comme une volonté de faire société à part de la part des musulmans de France, il fait preuve d’un suivisme politique et idéologique de Gilles Kepel et plus récemment Florence Bergeaud-Blackler. Pour El Karoui, en se fiant aux thèses très contestées de ces deux écrivains, le halal est : « Vivre halal : un monde parallel ? » ; « une coupure avec le reste du monde » ; « la constitution d’un entre-soi, d’une contre société » « Le halal permet donc (le DONC ici mérite à lui tout seul tout une analyse), bien au-delà de la viande, de créer un éco-système de plus en plus séparé du reste de la société pour construire petit à petit toute une vie qui devient halal, c’est-à-dire préserver (sic) de l’impureté » (p 484).

2.La publication intégrale et dans ses détails, sans la moindre critique, à la page 482, d’une fatwa du Sheikh Ibrahim At-turki, très défavorable au port du Burkini, et attaquant même celles qui le portent, montre que la démarche de H. El Karoui ne diffère pas trop de celle de Sarkozy et de Chevènement, qui, chacun à son tour a été sollicité des fatwas d’Al Azhar sur le voile. H. El Karoui utilise un avis religieux émet par un Sheikh saoudien, publié par un site salafiste (les salafidunord) pour étayer sa thèse que des pratiques dites musulmanes, en l’occurrence un « vêtement connoté religieusement sans être traditionnel ». Le Sheikh saoudien -garant de la tradition musulmane ?-, ainsi que les courants fondamentalistes ne valorisent pas ce vêtement !!. Autrement dit, les musulman-e-s de France favorables au port du burkini, ne sont pas trop observants de la tradition. En d’autres termes, il aurait donc fallu que les musulmans de France, s’ils étaient vraiment soucieux de bien pratiquer leur religion, se fier à l’arbitrage du Sheikh Ibrahim At-Turki, et non recourir à celui du conseil d’Etat. L’islam de France que prône H. El Karoui, faut-il le rappeler, hostile au port du burkini, est DONC plus observant, plus traditionnel, et va jusqu’à s’aligner sur la position des courants fondamentalistes. Cette récupération des avis fondamentalistes, alors qu’il honnit et exècre par ailleurs ce fondamentalisme, a un nom pour le désigner. Cela s’appelle de l’idéologie.

 3.Et l’idéologie politicienne, au lieu et place de l’analyse politiste, sociologique, objective, froide et sereine, on y trouve plein dans ce rapport. L’introduction et la conclusion du chapitre consacré à l’islam de France sont un chef d’œuvre de manipulation de l’opinion par des chiffres bidons et des conclusions hâtives. En fait, on apprend au tout début du rapport que l’islamisme « toujours au cœur de l’actualité française et européenne [est] -parfois désigné sous l’euphémisme de « communautarisme » » (p10). L’auteur de la Fabrique de l’islamisme, fera donc sienne cette « autre appellation de l’islamisme » et l’utilisera pour intituler le chapitre consacré à l’islam de France. Pour rappel, le rapport contient 615 pages, contient 4 parties, et c’est la quatrième partie, qui commence à la page 419, qui traite de « l’islamisme en Occident ». Le chapitre premier de cette quatrième partie a pour titre : « l’islamisme en France : De la communauté au communautarisme ». Voici une phrase abracadabrantesque, et hallucinante. « Les symboles nés historiquement en contexte islamiste[3] comme la halal et le voile ne sont aujourd’hui plus des marqueurs d’islamisme, mais des marqueurs simplement religieux ou identitaires. Ils sont néanmoins récupérés dans les combats islamistes, permettant la promotion de certains thèmes sous couvert de symboles unificateurs ». Un décodeur est plus que nécessaire pour décrypter ce genre de raisonnement. Autrement dit voilà : « ok, on vous concède que le voile et le halal ne sont pas -ou ne sont plus !!- des marqueurs de l’islamisme. Toutefois[4] si les musulmans s’obstinent à défendre la halal ou le voile – notamment quand ils sont objet d’attaques et de menaces- cela implique qu’ils sont islamistes ou très favorables ».

C’est plutôt un rapport « la fabrique d’un ennemi de la République » !

4.Arrivé à ce niveau de ma lettre, je tiens à partager avec vous mes chers coreligionnaires, et au-delà tous les lecteurs, ce constat qui ne cesse de m’interloquer. Il s’agit de la franchise et le propos direct et sans détour de H. El Karoui, dans les rapports dont il dirige la rédaction, et, plus encore dans ses nombreuses interviews qu’il donne depuis son apparition sur la scène, il y a deux ans. Qu’on ne se méprenne pas, toutefois ; cette franchise est à mon sens, non pas le fait de la sincérité du propos d’une personne candide, mais plutôt celui d’un homme débordant d’assurance et ne prêtant aucune attention à la portée insidieuse, voire très dommageable de son propos. Après tout, le conseiller de Ben Ali dictateur tunisien en fuite en Arabie Saoudite, qu’il fut un temps, lui a vraisemblablement appris que les musulmans sont très lents à réagir, voire souvent ne réagissent même pas. Voilà pourquoi il ne s’embarrasse d’aucune précaution sémantique, de forme, ou méthodologique.

Le scandaleux chiffre de « 28 % de sécessionnistes parmi la population musulmane de France », avancé par l’auteur dans son rapport de septembre 2016, devient le principal fil conducteur des 62 pages consacrées à l’islam de France dans le rapport de septembre 2018. L’auteur revient sur ce pourcentage et se donne pour objectif de le justifier et de montrer le processus de son émergence. « L’objectif est donc d’expliquer le processus de différenciation d’une partie de la population musulmane française (les fameux 28 % [5] ) du reste de la population, de retracer le parcours idéologique qu’elle a suivi et de retrouver des influences qui permettent de comprendre l’émergence de phénomènes de sociétés parallèles, de replis communautaires, voire de communautarismes déjà constitués » (p423). Selon l’auteur, ce pourcentage « réunit des musulmans qui ont adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République » (p427).

 

Et à la page 485, en conclusion de son chapitre H. EL Karoui, tout calme tout serein nous livre sa parole d’Evangile s’autorise à écrire : « Le processus que nous avons suivi[6] permet de comprendre comment il est possible d’arriver au chiffre de 28 % de musulmans français proches, d’une façon ou d’une autre, d’un système de valeurs opposé aux valeurs de la République ».

Et, toujours en conclusion de son rapport sur l’islamisme en France ; si l’auteur avoue qu’il n’est pas aisé de distinguer la part de responsabilité des différents groupes islamistes dans la formation de ces 28 %[7], une chose est certaine à son avis, c’est que le processus qui fait passer l’islam de France de la communauté au communautarisme est l’actuelle influence et hégémonie de l’idéologie et l’image du salafisme en son sein.

Et si l’auteur nous rassure un peu, en nous affirmant qu’« il s’agit d’un salafisme quiétiste », c’est juste pour nous préparer à recevoir le dernier couperet, un paragraphe où l’auteur passe à la vitesse maximale et fait fi de toutes les nuances et précautions de la recherche politiste, sociologique et islamologique, et va même au-delà des langages policiers et sécuritaires, pour nous dire ceci  : « Il s’agit d’un salafisme quiétiste. Mais la question se pose alors des liens de ce dernier avec ce qui peut être considéré comme le phénomène ultime de la rupture, la radicalisation violente et djihadisme, particulièrement lorsque des musulmans qui sont nés en France, y ont grandi ou s’y sont converti à l’islam décident de passer à l’acte et de commettre des attentats sur le sol français. Peut-on alors considérer le djihadisme comme une étape supplémentaire de la rupture, au-delà du salafisme quiétiste ? Le djihadisme se situe-t-il dans la continuité du processus de repli identitaire, ou bien répond-il à des logiques pour partie différentes ? Le passage au djihadisme implique-t-il un passage préalable par le salafisme non violent ? Si oui, comment s’effectue le dépassement du second par le premier ? Ces questions, trop larges pour être abordées ici, feront l’objet d’un prochain rapport.

 

Mes chers frères et sœurs musulmans de France, il est urgent de libérer de nos torpeurs et nos langueurs. Nous avons les moyens juridiques et politiques d’agir. Nous sommes libres de toute action, et nous disposons d’une large latitude pour œuvrer pour le bien de notre religion, strictement dans le cadre de la loi. Ne nous laissons pas marcher sur les pieds, agissons.

Il est trop tard pour considérer que rien soit fait ou dit sur la nouvelle organisation de l’islam : Il y a les deux rapports de l’institut Montaigne (2016 et 2018) , il y a les assises territoriales, il y a toutes ces propositions, il y a ceux qui préparent à peaufiner les décisions du président, et qui travaillent dans le strict secret[8] : Les décisions finales sont en cours, si ce n’est déjà fait, de fixation. Mais il n’est pas trop tard de parer et s’opposer au pire.

Alors, la balle est encore dans notre camp, dans les mains de chacun et chacune d’entre nous : Nous voulons être des musulmans citoyens comme tous autres, ou des dhimmis de la République ?

Me concernant, la question ne se pose même pas. Je refuse d’être un dhimmi de la République !

 

[1] L’Association Culturelle d’Entraide et de Fraternité, situé dans le 45, et créée en 2014, œuvre dans la lutte contre les fraudes sur le marché du hajj et la lutte contre les pratiques déloyales et les prix excessifs.

[2] Pasqua, alors ministre de l’intérieur, avait essayé en 1994 de donner l’exclusivité du pouvoir de « certificateurs des certificateurs » aux trois mosquées citées plus haut. Une levée de bouclier et un refus des professionnels privés et leurs représentant l’en a dissuadé et contenu au seul pouvoir d’introduire ces trois mosquées sur un service limité : Délivrer aux 300 sacrificateurs œuvrant dans les différents abattoirs la carte de sacrificateur, moyennant une somme forfaitaire, payable une seule fois, en générale par les associations employeurs du sacrificateur ou l’abattoir.

[3] Assertion totalement subjective et non étayée. Le halal, tout comme le voile sont des notions connues et reconnues, bien présentes dans les sociétés musulmanes traditionnelles. Leur association à l’islamisme est le fait d’une production et publications islamologiques récentes, connues pour ses mélanges entre recherche et idéologie politique.

[4] Ce toutefois a totalement sa place dans la phrase du rapport, mais il n’y est pas

[5]  Ce pourcentage mérite à lui tout seul toute une analyse, tant c’est un chiffre basé sur un biais méthodologique au niveau de l’échantillonnage de l’enquête, de la formulation de certaines questions tendancieuses et très orientées, et in fine -inéluctablement, voire fatalement-, au niveau de l’interprétation H. El Karoui utilise un euphémisme quand il écrit ce pourcentage de fameux

[6] Ce processus n’est ni une donnée factuelle, n’est un phénomène consensuel. Les dizaines de chercheurs français, qui, pour certains comme François Burgat, Vincent Geisser, Franck Frégosi, Olivier Roy, et même Samir Amghar, Mohamed Al Adraoui et d’autres plus nombreux ne sont pas du tout d’accord sur ce processus. Le processus dont il est question ici, il l’a lui-même construit, en partant de la constitution de son échantillon de base de son enquête, et des connotations qu’il prête ou non, selon les circonstances, à tel ou tel notion.

[7] 28 % dans l’ensemble da la population musulmane, mais qui atteint les 50 % chez les moins de 25 ans selon l’auteur !!

[8] il y aussi fort heureusement la grande consultation des musulmans lancée par M. Marwan

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.