Le Jour où nous arrêterons

Il se fera un jour ou le temps cessera d'être un instrument de torture, un jour ou nous nous arrêterons. Ce jour n'arrivera pas sans un regard vrai sur notre propre condition, sur ce contrôle de nos existences que nous ne savons que palper. Mais il suffira pourtant de ce jour là, pour que le monde tout entier, ne soit plus celui de la souffrance et de la destruction. Il est temps, de nous arrêter.

Difficile de rédiger ce premier bulletin sans évoquer les luttes constantes qui m'animent. Parfois intestines, toujours vicérales et dominantes de mon regard sur le monde, elles soufflent un vent chaud et froissent le sable fin des plages égoïstes et oisives, où j'ai eu l'opportunité et la chance de m'allonger de longues années durant, ignorant d'un oeil ouvert, les retombées pesantes des politiques mondiales sur la planète, et sur l'immensité incalculable d'espèces différentes qui l'habitent et qui, par nos actions dévastatrices disparaissent une à une. L'humanité défie, derrière son alienation aveuglante, le devenir de l'infini, frottant chaque seconde un peu plus la lame aiguisée de son égo sur la fraiche mousse fleurie de la Vie.

 

Comme j'aime à le lire sur les murs de nombreux lieux militants, engagés et par cela même beaux : "Ils ont voulus nous enterrer, mais ils ont oublié que nous étions des graines". Ne l'oublions pas et poussons les cimes de nos luttes vers la victoire de l'Existence.

 

L'origine de l'Existence de la Vie, que certains attribuent à une divinité ou à une évolution naturelle quand d'autres trouvent satisfaction à ne pas en savoir plus, n'en définie malhereusement ni son origine ni sa fin de cycle. Et par cette même définition, il est simple de comprendre que nous devons tout d'abord apprendre à admirer le fait que la Vie est donnée par la Vie elle-même. Elle est un cadeau, comme me l'a souvent dit ma mère : "elle est à toi, tu en fais ce que tu veux." Chaque graine, chaque être et bien au delà chaque mouvement, est ainsi le libre chainon qui rallie les cordes du passé et du futur, pour en faire notre présent. L'importance de l'engagement à ces propres convictions devient plus palpable grace à l'outrancière surcommunication qu'offrent les réseaux sociaux. Tout se dit, tout s'affiche. L'insousciance de notre pouvoir de faire, choisir et vivre est loin d'être complètement éteint.

L'ouverture de l'esprit, à la connaissance de la machine à controler le peuple, est aujourd'hui un planisphère géo-politique inégalitaire et, basée sur la taille du panel de missile et autres satellites de surveillance. Pas de doute sur le fait que, ceux là même qu'on laisse gouverner et établir les règles de nos vies, ne sont que les pantins d'un orchestre de complaisance bien plus puissant, qui sans la posture soumise du peuple lui même, n'existerait pas. Nombreux savent l'isolement psychique que peut créer le vide d'un frigo, lorsque le ventre est noué et qu'il faut se dire non. Et cela est bien pire encore, lorsque ce "non" concerne un enfant, fruit de l'innocence d'un Amour ou d'une Vie. Il est simple de comprendre que l'asservitude commence là ou l'instinct s'exprime.

 

La famine de certains peuples comme la précarité de la majorité des autres est un phénomène controlé et voulu.

 

Le partage du savoir et des technologies reste un enjeu de controle. D'un système monétaire sur celui du voisin, d'un groupe minoritaire sur une masse asservie. Répartir les richesses n'a donc aucun sens, pour celui qui les maitrise, puisque c'est de sa propre volonté que le peuple est lui même candidat à sa propre asservitude. L'idée même de trouver un ennemi commun à une partie du peuple, pour gagner une élection ou justifier une position allant à l'encontre de l'intérêt commun, résonne sur les murs érigés pour palier à l'invasion dangereuse de l'étranger ou d'un ennemi quel qu'il soit. Alors on s'engage, on s'arme, on tue et on réafirme en étant le bras armé d'une idée appartenant à une idéologie guerrière, au départ et souvent minoritaire, tous persuadés que le problème vient des autres et que la solution appartient à celui qui sait, ou du moins prétend savoir et clame la propriété de sa solution proposée.

La problématique de la possession de brevet sur le vivant, aussi bien animalier que végétale ou géologique, apparait comme une érosion fatale à la notion d'égalité. Il atteint même par delà la possibilité d'études nouvelles basées sur une hypothèse nuancée à celle d'un propriétaire mal-intentioné. Car l'intention ne peut être belle et fair play dans un monde ou le terme de semences, qui se traduit par les prémisses de toute civilisation, est aujourd'hui propriété privé dans bien des cas. Difficile de revenir aux bases fondamentales d'une construction personnelle ou universelle sans pouvoir être maitre de ce qui nous nourris et de ce fait, nous rend vivant.

 

Droit de vie... et donc de mort.

 

Puisqu'il est dit que celui qui controle l'alimentation controle le monde, il faut compléter, pour être exact, cette pourtant très évidente réalité. En effet, si on réfléchit un peu plus longuement, ce n'est pas le soucis réèl de la nutrition qui controle tout. C'est le Temps. Le Temps et surtout le notre, à nous le peuple. Car notre Temps de vie est la matière unique et principale de tout le système de transformation, et de déplacement à but commerciale ou non, de toute matière générant un profit. Pas de grand projet sans main d'oeuvre. Pas de main d'oeuvre sans ouvrier. Pas d'ouvrier sans asservitude. C'est d'ailleurs sur ce temps qu'est façonné notre éducation, et particulièrement sur sa valeur.

De nos heures de colles et autres retenues, aux barreaux des prisons que goutent souvent et à répétition les mêmes catégories d'individus, le concept de valeur de notre Temps est la sanction maximale infligée par notre société. A toute entorce aux codes de conduites pourtant évolutifs selon les périodes et les valeurs en vogue, on propose comme pénalité une amputation de ce qu'on appelle la Liberté, mais qui n'est pour autant qu'une mise à mal d'un Temps précieux : Celui de la durée de notre vie. C'est le principe de la résiliation. Simple et pure dans la peur de se voir voler une part ce qui existe de plus précieux. Nous marchandons ainsi notre temps contre de quoi survivre, gaspillant ainsi nos plus belles années à nous chercher une place qui n'est presque jamais celle dont nous rêvions enfants. Pas parce que nous avons échoué, mais parce que nos rêves ne sont souvent que ceux que l'on nous impose par interférence publicitaire.

Les théories de la famille Oberkampf à l'origine de l'école obligatoire aux heures de bureaux, pour donner du travail aux femmes mais, aussi et surtout, pour préparer les futurs ouvriers à une assevitude totale, est une des plus belles réussite de l'ère industrielle en matière de manipulation de masse. Même au chomage et libres de leur temps, de nombreux parents préfèrent laisser à d'autres le soin de donner les grandes lignes de leur éducation à leurs enfants. La société, et l'évident échec sociale qui les aura poussés à l'oisiveté, les rend inaptes à trouver le temps. Parce qu'il ne s'arrêteront que trop tard de se dire qu'ils ne sont pas à la hauteur de celui qu'on érige en maître, au nom d'un diplome et d'un poste obtenu, là encore, pour trop peu par choix, mais par facillité.

Le rêve et le temps plein d'une vie comblée oublie autant le parent, l'enfant que l'instit' : Trois destins orientés en fonction d'un Temps volontairement dispersé et dont les rapports de dominant/dominé fausse la valeur éducative d'un être unique au profit de l'intérêt générale, dont la définition n'appartient en aucun moment ni à l'un, ni là l'autre des protagonistes. Il est pourtant trop tard lorsque l'enfance s'en va, et qu'il est l'heure de donner son temps à son nouvel emploi, pour profiter de ces uniques moments. L'instabilité et le manque de volonté laissent alors place aux regrets.Je  parle ainsi de nos enfants, mais nous pourrions étaler cette façon d'envidsager le temps pour nos vieux, pour les handicapés, et plus loin encore de nos réalités floutées les fous, les voyous, les animaux, et moi, et moi, et moi... 

 Sans vouloir à décrire ce système sociétal plus en profondeur et parce que d'autres le font avec une bienveillance pacifiste qui ne serait pas la mienne, je préfère m'affairer à imaginer ce jour là. Ce jour ou nous nous arrêtrons. Le jour ou nous choisirons de donner notre temps à nos besoins comme à nos plaisir premiers.

 

C'est une démarche simple mais qui mérite une longue médiation.

 

Le plan se dessine seul, sans qu'il n'est à être tranché, sans qu'aucun doute ne soit possisble. De plus en plus de personne changent de vie, et s'arrêtent de marcher sur le sentier défini de notre société, pour vivre et changer de structure sociale. Pour savoir ce que la longue marche qui sera le tracé de leur vie leur apporte et faire face à une évidence. Oui, une évidence. Celle qui éclaire nos coeurs lorsque trop rarement on respire le bonheur, le vrai. Le bonheur d'être auprès des gens que l'on aime, dans un endroit ou le se sent à l'abri, avec le ventre assez plein pour continuer à marcher dans la direction adéquat au battement d'un coeur libéré des angoisses que nous seul laissons se mélanger à notre qutoidien, en se disant que ce serait si bon de vivre cet instant chaque matin.  Ce bonheur là, nous échappe pour une simple et seule raison : nous n'en avons pas le temps.

De nombreuses organisations s'élèvent à redessiner les chemins abimés par les torrents de malversations qui conduisent de plus en plus de personnes à se demander comment a t'on pu en arriver à un tel niveau de corruption. En s'associant à la nature humaine que je crois profondemment basée sur l'amour universelle et le gout des autres, la société civile se réveille, abadonnée jusque là par des élites, à qui cette même société civile abandonne depuis trop longtemps son pouvoir décisionel. Le serpent se mord donc la queue, puisque malgré la volonté de changer les choses positivement, elles s'empirent de jours en jours.

 

Tout ceci est donc une question de volonté.

 

Une question de s'accepter en tant que maître à penser de sa propre Vie. Maître de son propre Temps. La tourmente du lendemain semble donner la permission de tout accepter de l'autorité en place. Il n'y a qu'à voir comme les jeunes décriés comme héros en Mai 68 sont devenus les casseurs sans foi ni loi de notre époque. Eborgnés, enfermés sans motif ni preuves, sous les applaudissements de la masse médiatique. Il me parait complètement surréaliste de croire que ses enfants, agés de tout juste une vingtaine d'années, n'aient de parents prêts à descendre dans les rues, armes aux poings, défendre leurs progénitures. Et pourtant c'est le cas. Nous vivons une époque ou ils sont des millions à pourfendre les interdits de manifester, pour ou contre une institution du mariage dénuée de tout sens réèl de ce que peut être l'amour et ses aléas... Pourtant nous savons tous que l'Amour entre deux êtres va bien au delà d'une cérémonie et que le seul véritable problème de cette histoire n'était pas l'Amour mais les protections sociales et financières de cette institution dépassée. Le véritable combat eut été de se battre contre le mariage et pour une simplification de la reconnaissance de l'Amour dans son état le plus simple.

 

Nous vivions donc à contre sens de nos propres libertés.

 

Mais si certains choisissent de défendre les libertés des autres, plutot que d'organiser leurs vies de manières différentes, il y a une raison. C'est que le temps que nous mettons à réaliser que nous n'allons pas dans le bon sens et à réorganiser nos vies pour sortir des carcans d'une société pyramidale, les rangs se ressèrent et les armes grondent. La révolution n'est plus que le titre d'un livre rédigé par un candidat à une présidentielle dont le sérieux des protagonistes n'est que le reflet du sérieux avec lequel nous sommes gouvernés. Il n'est pas demain la veille de ce jour où, comme lors de la crise bancaire argentine, les ouvriers reprirent leurs usines et rebatirent une économie basée sur le partage, en revisitant le droit de cultiver sa terre tout en conservant ses activités extérieurs et son libre arbitre.

 En tendant la main à des objectifs de remise à plat des valeurs du temps de travail considérables et bienveillants, en ne respectant pas les brevets qui brident l'évolution et le partage du savoir, en visant avant tout l'autonomie locale des services communautaires, nous aurons matière à redéfinir demain . C'est le principe de base pour sortir de cette vile société ou nous verrons encore et toujours certains se mettre, dès le plus jeune age en concurence, certains de par notre éducation fourbe que c'est ainsi que va le Monde.

Mais pourtant une seule chose est sure à l'heure ou j'écris ces lignes, c'est que le Monde tourne mal. Les gens sont pour la plupart inquiets pour le futur, si ce n'est qu'ils soient vraiment et purement mals heureux. Les guerres continuent, l'empoisonnement des sols s'intensifie, l'extermination de toutes espèces vivantes dépassent les pires prédictions... et nous ? Nous continuons d'avancer dans ce sens là. Fiers de voir nos enfants endosser des diplomes qui leurs permettront de perpétuer ce rythme effreiné, comme si nous ne savions pas qu'en les encourageant à détroner le roi, nous ne faisons qu'accepter notre place de valet.

 

Alors, puisqu'on me laisse la chance de m'exprimer, je préfère dire ce qui me fait le plus mal pour commencer, mais pour conclure, je n'ai qu'une seule chose à dire : Si nous savons tous que le monde va dans le mauvais sens, si nous savons tous que notre comportement pourrait rapidement scellé le sors du reste de tout ce qui est vivant, si nous encourageons les générations futures à poursuivre ce chemin, où tout se perd et rien ne se reconstruit sans que le mot mort ne résonne en écho, alors il est temps de s'arrêter. 

 

Aurions-nous peur de notre propre bonheur parce que trop habitués à laisser l'autre décider à notre place ?

 

Dehors, il me semble que c'est le misèreux que l'on accule pour protéger le plus riche. Il me semble que c'est dans les pays les plus riches en sol et souvent les pays décriés comme les plus pauvres en humanisme que les guerres éclatent. Alors pourquoi n'est il pas possible de changer tout cela ? Je n'y vois qu'une seule et simple raison : Notre Volonté.

Après avoir traversé 41 pays et squatté tout autant de départements du territoire français, je me rend compte que cette liberté n'est pas si loin. Nous savons tous que les choses ne changeront pas sans un sérieux renversement des pouvoirs. Durant tous ces voyages, j'ai compris que les lectures et rencontres m'ont ouvert à des expériences fondamentalement dégagées de souffrances et de doute à ce sujet. Parce que j'ai compris que tout ceci n'est que le fruit d'une manipulation basique et diffusée de la même manière depuis des millénaires : La création dans la masse d'un ennemi commun dans le but d'attiser une peur qui resserre les rangs, et pousse le plus démuni à voter pour celui qui lui donnera le moins peut être, mais qui le protègera des méchants, ou du moins de ceux que l'on nomme les méchants, aussi absent de sa réalité soient ils.

Aujourd'hui,  il est temps de comprendre que notre véritable premier adversaire, c'est Nous. Nous avons le droit de refuser ce que l'on nous a imposé. Nous avons le droit de vivre libres et heureux. Nous avons le droit de partager notre temps avec ceux que l'on aime.

Pour cela, il suffit d'arrêter de remplir la case que l'on nous a imposé, pour regagner celle ou nous nous sentons dans la définition même de notre amour pour la Vie. Cette Vie est notre. Elle est celle que l'on veut offrir à nos enfants. Elle est à porté de nos mains. Il ne s'agit pas d'avoir le bras long. Il s'agit, avec justesse et simplicité, d'avoir la main tendue.  Une main tendue vers ce que nous avons de plus cher au monde : Le temps de notre Vie.

  

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