Sauver le monde : Les associations servent elles de garde fou ?

Écologie, bifurcation et transition. Des mots qui reviennent en boucle dans les bouches de nos politiciens .Pour souligner cela on invite des représentants associatif aux tables de négociations. Mais tous ces mots sont bien entendu les prémices de cette course au pouvoir qui nous attend ces prochains mois. Peut on alors penser que l'état ne peut rien changer ?

Partons du principe que le libéralisme appliqué aujourd'hui est le premier vecteur de pollution. Que la liberté d'une personne morale ou physique soit celle de faire ce qu'il veut du moment qu'il reste dans un cadre réglementaire et juridique concordant à l'obligation commune, autrement dit de la loi. Sous couvert de la volonté de créer de la richesse, de l'emploi et flirtant avec les normes de respect de l'environnement, le droit de l'humain à détruire prend le pas sur la préservation de l'avenir.

Ne faudrait-il donc pas arrêter de faire passer l'innovation avant le principe de précaution ?

Les autorisations de destructions de terres arables ou de zones humides mais aussi d'espèces protégées ou non, qu'elles soient végétales, animales ou minérales ne sont soumises qu'à des affaires sordides de compensation dont les rouages sont simples à contourner et ne nécessitent que l'aval souvent poussé par des pressions lobbyistes, de personnes qui doivent en assumer la signature devant la justice en cas de manquement à l'intérêt générale de préserver l'environnement.

Les grands industriels et les responsables politiques doivent être mis devant leurs contradictions et assumer les fautes commises. Celles ci doivent être assumées par les responsables à titre de personne morale pour les entreprise et de personne physique pour les élus.

Je parle bien entendu des gens qui donnent les autorisations de mise sur le marché pour les produits polluant et de destruction de l'environnement pour toutes les infractions liées à l'environnement et à l'harmonisation impérative de l'évolution de l'humanité sur Terre.

Mais créé une législation forte et ferme concernant le respect de la Nature et l'harmonisation de la place de l'humanité en son sein ne suffira pas.

Il faut en finir avec le secret des affaires et le secret industriel.

L'ère du pétrole et de la pétrochimie a assez durée et il faut savoir "qui fait affaire avec qui", "où va l'argent", "quelles sont les marges". Il faut en finir avec l'hypocrisie pour éviter le pillages des ressources. Avec plus de transparence, on saura qui est dans une vraie démarche environnementale ou non, et c'est la Nature qui y gagnera.

Au nom de quelle intimité peut-on couvrir des transactions entre deux entreprises ?

Au nom de quelle propriété peut-on faire fi de déclaration de conception d'un quelconque projet visant à engendrer des profits ?

Sommes nous assez dupes pour imaginer que la loi actuelle ne protège pas des intérêts privés au détriment du bien être commun ?

Le problème des crises sociales et du dérèglement climatique mais aussi de la pollution et de destruction des sols, de l'eau et de l'air, de manières générales n'a qu'une seule et unique cause à l'ensemble de ces maux.

Il s'agit de réécrire clairement des règles à l'ensemble de ce que l'on appelle nos libertés. Si un vieil adage dit que « la liberté des uns s'arrête là où celle des autres commence », il est peut être temps de repenser les valeurs fondamentales de la propriété qui est et doit rester l'écriture par sa définition de l'ensemble de nos règles de vie, de production et d'exploitation de la planète et de ses ressources.

La confiance du peuple ne viendra pas sans un retour à l'action de terrain venu des pouvoirs publics.

Et je vais être clair la dessus : il n'y aura pas de retour de la confiance sans reprise en main des causes profondes de distanciation sociale. Non je ne parle pas de la distanciation physique, elle, préconisée par les autorités en place dans la crise sanitaire actuelle. Je parle de la distanciation sociale qui fait qu'aujourd'hui, dans la société française on a finalement laissé les services publics de base être pris en charge par le milieu associatif, à grand renfort de délégation et de financement par le biais des abattements d’Impôts.   

Comment s'étonner de l'abandon des urnes quand les associations en font plus pour la cause sociale et environnementale que les instances publiques ?

Il y a de plus en plus d'abstention, de moins en moins de jeunes dans les partis politiques et de plus en plus de recherches d'engagement associatif... N'y a t il pas une dimension contradictoire à accepter que des dons de citoyens ou entreprises ne deviennent des trous dans les caisses publiques ? Preuve en est : il y a moins de dons depuis que les impôts ont baissé.... Le rapport est sans faille aucune. 

Cette véritable transition doit passer par une cohésion des droits de respect de la Nature et de l'application logique et transparente de règles déterminants notre place et une harmonie collective sans dérogations ni petits accords camouflés de secrets. Le pari de l'investissement sur le peuple et non sur son élite peut et doit être la priorité de l'engagement de nos élus. 

Penser que quoi que ce soit dans la gestion des problèmes de fonctionnement de la communauté peut être le travail des association est oublier le pourquoi de l'existence de ses mêmes associations.

En effet les associations de lutte pour venir à modifier les carences de l'état en matière des causes sociales et environnementales ne peut pas être pérennisé. Il ne devrait pas être inscrit dans le fondement de notre vie politique et sociétale comme une normalité. Car cela ancre le désengagement de l'état pour ses mêmes causes pourtant primordiales. 

Il se trouve que nous vivons de ce fait un décalage profond entre les priorités de la communauté humaine que nous formons. Nous avons acté et maintenons de ce fait que l'état ne peut pas venir en aide à tout le monde et qu'il n'est pas non plus le garant de la préservation de l'environnement. A partir de la, on peut considérer que les associations qui acceptent ces mêmes abattements sont cautions de la défaillance des pouvoirs publics par leur simple existence. 

C'est pourquoi il faut armer la communauté de règles fortes en matière de déontologie.

Vivre avec la certitude qu'une fonction professionnelle ou administrative ne protège pas des crimes commis contre la Nature et en finir avec les dérogations qui sont des portes ouvertes à un détournement de la règle. Cela devrait être normal. Car le salaire qui va avec les responsabilité est aussi une marque de la confiance faite par le groupe à l'individu. Une confiance qui, aux vues de l'état dégradé et allant de mal en pi de notre planète et de notre système d'égalité sociétale, est loin d'exister. 

Et pour cela je le répète, on ne peut plus vivre dans une société ou le secret et la dérogation ne nécessitent pas une remise en question des taches accomplies. Nous ne pouvons plus nous permettre de vivre avec des pansements quand nous devrions tout simplement réécrire les bases prospères de l'avenir de l'humanité.  

Il ne s'agit pas de contraindre l'innovation à ne plus être possible. Il ne s'agit pas d'empêcher les association de vivre. Il s'agit d'encadrer de manière réfléchie la continuité de l'évolution de la société dans un cheminement harmonieux. Et quitter un jour cette vie, la conscience en paix avec demain.

 

Vive le monde libre. Vive la Résistance !!

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