La Grande Gauche : Un concept bercé de mensonges et de faux semblant

Nous sommes nombreux à attendre un consensus des formations politiques dites de gauche. Pourtant, en haut lieu, des alliances avec des partis de droite réactionnaires ornés de drapeaux verdoyant pourrissent cette réflexion et nombreux sont ceux qui craignent que ce jeu de dupe ne soit le crépuscule d'une défaite électorale annoncée.

Alors que les échéances départementales et régionales approchent, l'attente d'une union fédéralisant les réseaux politiques et militants porteurs et porteuses de valeurs de rupture harmonieuse avec l'ère de surproduction et de surexploitation de l'humain et de la nature se fait unanime, tant chez les électeurs que chez les militants des différentes mouvances politiques attachées à une représentativité considérée à gauche de l'échiquier politique.

 

Fédération populaire ou union de la gauche, rassemblement écologique. On entend et attend beaucoup de la capacité à trouver un consensus électoral visant à transformer de manière radicale notre monde. L'urgence est reconnue tant face aux inégalités sociales que face à ces changements environnementaux et climatiques que plus personne n'oserait nier.

Après les traditionnels rendez-vous estivaux des différentes forces dites de gauche, où aucun parti et mouvement n'aura ignoré cette attente, organisant tour à tour des conférences et débats incluant les autres tendances politiques, il apparaît pourtant qu'en interne, tout le monde ne joue pas le jeu et que deux lignes de conduites bien distincte se font aujourd'hui opposition.

 

Un ligne verte et une ligne rouge ? A vrai dire c'est bien plus compliqué que cela.

 

D'un coté EELV, sa ligne verte. De l'autre l'union de la gauche. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que les alliances faites autour de l'écologie inclues des partis qui, sorti des valeurs philosophiques de la protection de l'environnement, sont clairement ancrées dans leurs histoires et leurs appartenances partitocrates à droite.

 

Une volonté de s'allier en vert coute que coute, qui à ouvert ses portes à des macronistes de la première heure, comme monsieur Valini et son parti surfant sur le NI de Droite Ni de Gauche du gouvernement, profitant de la pensée ultralibérale d'un parti socialiste dont la politique locale est faite de grands projets inutiles et imposés, d'aides sans contrepartie aux grands entreprises, et de la politique sécuritaire et destructrice de nos acquis sociaux durant les dernières prises de pouvoir que furent le quinquennat Hollande et la gouvernance Jospin.

 

Si on peut saluer les combats de l'avocate Corrine Le Page, notamment contre l'ogre Bayer-Monsanto et les autorisations de mise sur le marché de certains pesticides de synthèse, qui pourrait oublier ses prises de positions réactionnaires et ultralibérales, sont passage comme ministre de l'environnement de Jacques Chirac et son engagement pour un système capitaliste et économique fort, loin des luttes sociales de la pensée gauchiste et populaire ? Pas moi.

 

Non, il n'y a pas de compromis concernant les luttes sociales. Le bateau coule. Nous devrions sauver et mettre à l'abri les plus faibles, dans le respect et la dignité. Affairer nos ambitions à l'embellissement et à l'harmonisation de la place de l'humain dans la nature, mais sans devoir pour autant oublier que dans notre pays, une personne sur dix, femmes et enfants d'abord malheureusement, vivent sous le seuil de pauvreté.

 

Un membre du comité inter fédération de EELV avouait tristement que si il avait pu voter, il n'aurait pas accepter cette mouvance d'un vert bien pale, aux ailes trop grande qui ratisse par delà les valeurs fondamentales et partisanes d'une lutte des classes indéniable, il aurait voté contre.

 

Étonnant ? pas vraiment.

 

Il suffit de regarder les trois ministre de l'environnement issus de EELV ayant accepté de jouer la caution de l'écologie d'Emmanuel Macron pour comprendre à quel point, à l'instar du parti socialiste, ce parti n'est pas ancré à gauche. Il flotte. Au delà d'une idéologie citoyenne sociale, sur la crainte de la fin du monde,

 

A mesure du temps et de ses alliances écologistes avant tout, on peut se rendre compte que l'écologie n'est pas forcément ancré à gauche et que les philosophie de croissance verte sont dominante dans cette union.

 

Une union verte qui aura tout de même le mérite d'avoir réconciliée le parti qui n'a de socialiste que le nom et le discours, avec un Benoit Hamon qui après avoir cru pouvoir prendre le drapeau d'une vraie gauche dénonçant les dérives libérales du PS, doit se résigner à suivre EELV main dans la main avec son ancien parti pour continuer d'exister.

 

Un ligne rouge et jaune, sur un tapis vert.

 

Face à cette incohérence, la ligne rouge, celle de la révolution, celle qui a vue se lever des centaines de milliers de françaises et de français dans cette engagement sans étiquette que sont les gilets jaunes, qui rejoint les luttes de terrains des environnementaux jusque dans ses défilés de convergence entre les marches climat et les rassemblements fluorescents.

 

Si dans les faits on retrouve à ces manifestations certains élus et militants de l'aile gauche de EELV, il va sans dire que cette union des couches populaires sans catégorisation de ces participants, n'est pas dans la ligne politique ni de droite ni de gauche, mais plutôt dans une volonté de casser la domination de l'ultra libéralisme moderne qui a créé l'inégalité des couches sociales en détruisant la nature, la biodiversité et déréglé le climat de notre planète au nom d'une croissance coûte que coûte, dans le fracas lourd de nos acquis sociaux.

 

Pourtant, dans chaque lutte environnementale, on retrouve des membres d'autres mouvances politiques : Du Nouveau Parti Anticapitaliste de Philippe Poutou et Olivier Besancenot à la France Insoumise de Mathilde Panot et François Ruffin, aucune manifestation environnementale ne se fait sans cette gauche là : celle qui refuse clairement les valeurs libérale d'une croissance verte ou l'investissement et l'aide gouvernementale resterait aux mains des promesses sans lendemain des plus grands investisseurs du CAC 40.

 

L''écologie de droite.

 

La ou l'on attendais toutes et tous une union des partis de gauche, on s'aperçoit que sortie des discours, il n'y a pas d'écologie de parti. Il ne suffit plus de peindre en vert sa devanture pour être de gauche. La naïveté des électeurs à fait son temps. L'écologie répondant à une situation en cul de sac pour notre système actuel, toutes et tous ont dans leurs programmes des mesures qui répondent aux inquiétudes généralisées de notre temps.

 

Mais on peut lire alors plusieurs lignes politiques dans cette union de principe vert.

 

Celles de droite, qui vont par exemple taxer le gasoil et interdire les voitures en ville, sans étudier le problème des hausses de loyer et de distanciation sociale (à ne pas confondre avec les distanciations physiques établies pour la crise Covid) qui obligent de nombreux travailleurs pauvres et autres habitants des campagnes dépourvues de transports en commun, créant ainsi de nouvelles inégalités.

 

Celle toujours de droite qui instaure un récit de croissance verte et de reprise économique par l'investissement productiviste de masse verte ou encore, qui promeus l'essor du nucléaire nouvelle génération, les avancées scientifiques de la modification génétique, les aides sans contre partie aux entreprises polluantes pour arrêter d'aggraver la situation en lieu et place du respect pur et simple des accords de Paris que les plus avisés savent très bien en dessous de ce que la communauté scientifique préconise.

 

Alors comment répondre à la demande de l'électorat d'un consensus de gauche.

 

Derrière certains principes qui ne peuvent être dissolus sans une possible consultation militante et populaire, il apparaît que comme depuis trente ans et peut être plus, mais du moins je parlerai de ce que je connais, nous sommes fasse à une campagne de faux semblant menées par un grand parti à ailes qui ne s'arrête pas sur des fondamentaux, ou plutôt qui à créé un nouveau dogme vert qui dépasse les priorité de réduction des inégalités malgré un discours d'apparat sociale, qui ne saurait camoufler le manque de démocratie interne et des décisions en catimini.

 

Valini, Batho, Hamon, La Page et consort. Comment imaginer une seconde que ceux là n'ont pas négociés contre leur ralliement des postes en cas de victoire de cette union verte. Personne chez EELV ne peut aujourd'hui y répondre. Parce que les électeurs de ce mouvement sont dans la majorité de gauche. Parce que ça fait désordre de l'avouer nationalement.

 

A partir de là, on imagine mal une réunion de principe d'accord incluant les partis les plus engagés dans les luttes sociales qui acceptent que la lutte environnementale sera plus simple et moins frontale lorsque les règles libérales seront révolues et que nous ne courront plus après la croissance, qu'elle soit verte ou non.

 

Malgré cette incohérence, cette nouvelle tambouille électorale bordée d'hypocrisie, des réunions s'organisent et nombreux espèrent sans le dire une clarification de la position d'EELV qui ne peut pas se faire sans une implosion idéologique, un grand ménage de principe, qui clôturerait la macdonaldisation de l'écologie politique, car non, il ne suffit pas de peindre un panneau de devanture en vert pour devenir un parti de gauche.

 

Bon, et on fait quoi alors ?

 

Pour l'instant on ne fait rien. On négocie en interne comme dans des réunions interpartis. On craint surtout de se voir perdre les scrutins que certains avancent comme un round 1 de la présidentielle, ce que de mon coté je trouve être méprisant et faux.

 

Petite parenthèse pour rappeler les instances départementales et régionales sont les robinets de l'économie locale. Que ce sont ces instances qui distribuent les subventions de nos écoles, associations, réseaux routiers, projets industriels, aménagements du territoire.. Mais aussi et surtout l'ensemble des aides et prestations sociales. Rien d'intermédiaire, plutôt la clé d'un véritable contre pouvoir qu'aucun parti ni électeur ne devrait mépriser tant finalement, ces élections portent le poids de tout ce qui baigne notre quotidien.

 

Oui ces élections sont le levier d'un contre pouvoir puissant et fondamentale.

 

Alors, il est temps d'appeler à la cohérence politique et idéologique. Il est temps que les militants et électeurs se recentrent non pas sur la peur de l'effondrement environnementale, mais sur ce que veut dire prendre parti. A l'heure ou tout les partis déclinent des offres à différents coloris de vert, il est temps de comprendre que l'enjeu est plus profond.

 

Peut on encore donner carte blanche à des partis qui refusent de s''aligner au coté des plus faibles pour une lignes conservatrice et répressive qui met de côté les plus faibles et fera demain la part belle à ceux qui ont détruit notre planète sous couvert de quelques promesses sans contreparties fortes et inconditionnelles ?

 

A vrai dire, avoir appeler un parti « écologiste » c'est un peu comme avoir appeler son parti « républicain ». Cela impliquerait que les autres ne sont ni écolo d'un bord, ni républicain de l'autre . Personnellement j'appelle cela de la communication, ni plus ni moins. Une façon de dire à l'inconscient collectif que les autres ne sont pas écolo, ou moins que celui qui en porte le nom. Et franchement, il serait bon d'assumer cela et de poser des bases claires sur l'intégration officielle de personnalités historiques de la droite française libérale dans son alliance écolo.

 

Pour une union de la gauche ?

 

Partant de ce constat, ni EELV ni le PS ne peuvent se dire de gauche. Alors, oublions les personnages historiques du passé, nous ne sommes les héritiers que d'un monde à transmettre à des générations qui le feront à leur tour et pour le moment, on est plutôt en train de le réduire à souffrances sociales et destruction de l'espace qui nous a vu naitre.

 

C'est donc dans l'affirmation de la volonté de voir s'arrêter la course au profit, la surpropriété des uns face à la dépendance croissante des autres, dans la répartition des richesses et le tout dans une réorganisation des structures d'état ^permettant une mise sous cloche constitutionnelle de la protection de l'environnement que la gauche française peut s'établir.

 

Il n'est pas question de laisser une bureaucratie prendre possession de la cause écologique et de s'aligner sur une politique libérale verdie. Cela serait juste reporter le problème et accroître les inégalités entre les citoyennes et les citoyens.

 

On ne créera pas d'union de la gauche sans mettre des limites fortes et une définition clarifiée de ce qu'est la gauche sociale et environnementale. C'est ainsi que dans le brouillard actuel, les électeurs étourdis par le double discours de ceux qui veulent le pouvoir à tout prix, ne verront dans ce qui vient qu'une dislocation supplémentaire d'une gauche qui en réalité n'en est pas une.

 

L'union de la gauche existe pourtant bien. Les rapprochement avec le NPA et la France Insoumise à Bordeaux pour les municipales par exemple, les listes citoyennes regroupant des éléments de divers courant politiques de gauche, la présence des militants dans les luttes de terrains. Elle est bien là, forte et constante, la gauche.

 

Alors, pour conclure, je crois qu''il est temps d'appeler les membres de l'aile gauche de EELV à avouer publiquement que leur propre parti n'est pas un parti de gauche, mais un parti d'union écologie qui dépasse ce clivage dans le but de prendre le pouvoir après des décennies couchés derrière un PS qui n'a plus à prouver qu'il n'est pas de gauche mais bien une arme de la force libérale des multinationales à qui il fait des cadeaux dans chaque instances présidées.

 

Je crois, oui, que le plus grand ennemi de la gauche, reste l'ignorance. Car j'affirme clairement que le mouvement écolo à grandes ailes ni de droite ni de gauche, est en train de faire une campagne qui n'est pas sans rappeler la campagne de Macron, taillant ses discours et sa présence médiatique au profil de son auditoire, sans véritable volonté de rupture idéologique avec ce qui est l'ère de l'abstention par le dégoût d'une classe politique menteuse et méprisante.

 

Ah oui, je ne vais encore pas me faire que des copains. Mais, est ce le moment de nier ce vieil adage dans le seul but de trôner sur l'échiquier politique et d'oublier que « mieux vaut être seul que mal accompagné » ?

 

Ma vie et mes engagements en eux mêmes répondent clairement à cette question..

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