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Billet de blog 21 déc. 2021

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« Copyright Van Gogh », au cœur de l’armée chinoise des copistes, sort en salle

Où sont peintes toutes les reproductions que les musées et boutiques vendent aux touristes ? Dans un documentaire fascinant, en salle ce 22 décembre, Haibo Yu et Kiki Tianqi nous emmènent à Dafen, petite ville chinoise et capitale mondiale de la copie de chefs d’œuvre.

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COPYRIGHT VAN GOGH© de Haibo YU et Kiki Tianqi YU prochainement en salles. © ASC Distribution

Les Tournesols, La Nuit étoilée, La Chambre de Van Gogh à Arles, des autoportraits… par milliers reproduits dans la petite ville de Dafen, près de Shenzhen, en Chine. Sur commandes d’Européens qui les vendent ensuite aux touristes à la sortie du Musée Van Gogh d’Amsterdam ou ailleurs, et même sur Internet.

La Chine fut longtemps surnommée l’« atelier du monde » au vu de sa capacité de production et sa croissance. A Dafen, nous sommes au cœur de l’atelier de peinture du monde. En 2015, le chiffre d’affaires de la vente de ces peintures dépassait les 65 millions de dollars.

Le documentaire de Haibo Yu et Kiki Tianqi, Copyright Van Gogh, nous emporte dans cette incroyable industrie. Dans les ateliers, les appartements, dans les rues même de Dafen, des milliers de peintres produisent des milliers de copies de peintures occidentales archi-connues, et l’on peut voir d’immenses toiles sêchant sur des cordes. Les copistes vivent sur place pour répondre aux demandes toujours plus gourmandes.

Illustration 2
Extrait de « Copyright Van Gogh » © Haibo Yu et Kiki Tianqi

Dans une narration quasi-fictionnelle, Haibo Yu et Kiki Tianqi suivent un de ces peintres, Xiaoyong Zhao. Avec sa famille, il estime avoir peint quelque 100 000 Van Gogh. De tout format. Il en est devenu expert, connait tous les détails d’une oreille, d’un rayon de soleil, d’une juxtaposition de couleurs qu’il corrige parfois sans ménagement pour le copiste, afin de répondre à temps aux commandes de l’Européen. Un travail d’artisan organisé à la chaîne et en flux tendu.

Forcément, Van Gogh obsède Xiaoyong Zhao. Il lit ses biographies, regarde des films, et un jour lui vient l’idée folle d’aller voir les originaux, sentir le geste du peintre, la densité de la matière, le véritable éclat des couleurs. C’est bien sûr déraisonnable au vu des revenus de la famille, mais il parvient à réunir la somme pour voyager en France et aux Pays Bas, au Musée Van Gogh et sur les lieux où le peintre a vécu. Il en profitera pour rendre visite à l’un de ses plus gros clients, un marchand d’Amsterdam.

A travers le portrait de ce copiste extraordinaire, Haibo Yu et Kiki Tianqi abordent délicatement la question des relations commerciales entre la Chine et l’Europe et la culbute indécente des prix entre la commande et la revente ; la question de la rencontre des cultures ; celle aussi de la création, de l’authenticité et ce qui fait l’artiste. Un documentaire fascinant.

Sophie Dufau, journaliste à Mediapart

***

Illustration 3

Copyright Van Gogh
de Haibo Yu et Kiki Tianqi,

1h24. Sortie en salle le 22 décembre 2021

Ce film a reçu le label “Oh my doc !” créé en 2020 par France Culture, la Cinémathèque du documentaire, l’association Les Écrans, la plateforme Tënk et Mediapart pour soutenir chaque mois la sortie en salle d’un documentaire remarquable.

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