La critique des antiracistes est une partie de ce que Jacques Rancière, dans son tout récent article de Médiapart, appelle ‘la contre-révolution intellectuelle, une offensive révisionniste par rapport à toutes les formes de la tradition de gauche, qu’elle soit révolutionnaire, communiste, anticolonialiste ou résistance. Cette contre-révolution intellectuelle s’est efforcée de réduire à rien, voire de criminaliser tous les éléments de cette tradition… ».
Lire l’interview, donnée en 2005 à des journalistes du journal israélien Haaretz, par Alain Finkielkraut qui a beaucoup donné de sa personne, de sa voix, de ses colères et de ses idées pour mener cette offensive. AF y développe sa vision des émeutes survenues dans les banlieues. Le futur académicien les analyse comme :
- étant à caractère ethnico-religieux,
- motivées par la haine de la France et de la République,
- encouragées par la radicalisation islamiste, une culture (celle des émeutiers) qui recherche un coupable extérieur, le rejet de l’école, l’enseignement « dévoyé de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation » qui y est dispensé et, enfin, la tolérance manifestée par la société,
- et, last but not least, une idéologie autrefois « généreuse », devenue aujourd’hui « mensongère » : l’antiracisme.
C’est dans cette inteview que AF sortira : « L’antiracisme sera au vingt et unième siècle ce qu’a été le communisme au vingtième ». Autrement dit, l’ennemi à abattre.
Tout au long de l’interview, des considérations inspirées par son histoire personnelle ponctuent l’analyse.
« J’ai toujours dit que la vie deviendrait impossible pour les juifs de France quand la francophobie vaincrait, et c’est ce qui va se passer. Ce que j’ai dit maintenant les juifs le comprennent… ».
« Je pense qu’aucun juif ne ferait jamais çà. Ce qui unit les juifs - laïques, religieux, de la Paix Maintenant ou partisans du grand Israël (sic OE !)- c’est un mot, le mot schule (lieu d’étude) ».
Pour conclure : « Aujourd’hui les juifs sont attaqués au nom du discours antiraciste : la barrière de séparation, « sionisme égal racisme », la même chose en France ».
On retrouve cette affirmation sous les doigts du Premier ministre lorsque, assistant au dîner du Crif, il a été pris d'une attaque urticante, une envie irrépressible de tweeter à tire l'arigot.
Lire la traduction en français de l’interview au complet sur http://ldh-toulon.net/les-egarements-d-Alain.html
NB : Suite à cette interview, le MRAP a déposé plainte contre AF (et l’a retirée après que celui-ci ait présenté des excuses).