Suite à la baisse de 40 % de ses bénéfices annuels avant impôt, la multinationale britannique G4S a annoncé la cessation de ses activités en Israël d’ici un à deux ans, un pays où elle réalise, avec 8000 employés, un chiffre d’affaires de 100 millions de livres sterling. Comme le souligne le Financial Times, G4S “veut s’extraire d’une situation qui détériore son image”.

Rappelons que le movement BDS a lancé une campagne pour le non renouvellement/ non conclusion de contrats avec cette compagnie qui vend du materiel de surveillance et de contrôle, utilisé aux check-points militaires et dans les prisons israéliennes dans lesquelles des milliers de Palestiniens (plus de 6 000 actuellement) sont détenus - souvent sans aucun procès et en butte aux mauvais traitements et à la torture.

Depuis 1967, 800 000 Palestiniens ont connu la prison. Combien de dizaines de millions si l’on rapporte le chiffre à l’aune de la population française et de sa progression démographique ?

Les enfants ne sont pas épargnés, bien au contraire, Chaque année, entre 500 et 700 enfants palestiniens de moins de  18 ans sont arrêtés, interrogés, détenus par l’armée israélienne et jugés par les tribunaux militaires, soit plus de 8 000 depuis 2 000.

La campagne menée contre G4S a entraîné la perte de plusieurs contrats (avec l’Union européenne, l’université de Helsinki, des organismes onusiens, le secteur privé,etc.) et amené plusieurs investisseurs, telle la Bill Gates Foundation, à vendre leurs actions.

Par ailleurs, aujourd’hui même, on a appris qu’Avaha, compagnie israélienne de cosmétiques, fermerait à court terme (deux ans) son usine en Palestine occupée pour se relocaliser à l’ouest de la ligne d’armistice de 1949 ou Ligne verte.

Ahava continuera toutefois d’exploiter librement, comme les autres compagnies israéliennes, les ressources de la Mer morte (riche en matières premières très recherchées : phosphate, ammonium, fluoride, lithium, iode, hydrogène, , carbonate, silicone, strontium, sulfate) alors que les Palestiniens n’y ont pas accès.

Une étude du ministère palestinien de l’Economie publiée en 2011, chiffre à 1,1 milliard de dollars les pertes attribuables en 2010 à cette seule interdiction - il en existe une myriade, à tous les stades de la production et de l’activité économique. Une perte récurrente qui se répète tous les ans.

Au total, selon la même étude, les Palestiniens avaient perdu en 2010 près de 10 milliards de dollars, un chiffre minimal et qui n’inclut que les pertes directes. Depuis, le chiffre a certainement augmenté nettement vu l’intensification de la crise provoquée par l’occupation et la main mise économique d’Israël sur la Cisjordanie ainsi que Gaza soumise à un blocus drastique depuis 2006.

Références  

“Le dé-développement économique de la Palestine”, Olivia Elias, afps, octobre 2013.

midleeastmonitor.com/news/middle-east/24423-g4s-says-it-will-exit-israeli-market-following-high-profile-bds-campaign

http://www.richardsilverstein.com/2016/03/09/breaking-bds-victorious-as-ahava-to-leave-occupied-territory-move-plant-within-green-line/

http://www.plateforme-palestine.org/Deux-ONG-israeliennes-denoncent-la-pratique-de-la-torture-lors-des

http://www.plateforme-palestine.org/IMG/pdf/ip-53-300915.pdf

 

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