Luchino Visconti, 1944: le documentaire retrouvé

Ce moyen métrage de 40 minutes fait partie du film Jours de gloire [Giorni di gloria] de 1945, réalisé pour le compte du gouvernement italien, un documentaire qui rassemblait des matériaux signés par Luchino Visconti, Giuseppe De Santis et Marcello Pagliero pour raconter la libération de Rome.

Ce moyen métrage de 40 minutes fait partie du film Jours de gloire [Giorni di gloria] de 1945, réalisé pour le compte du gouvernement italien, un documentaire qui rassemblait des matériaux signés par Luchino Visconti, Giuseppe De Santis et Marcello Pagliero pour raconter la libération de Rome.

Luciano Martini, 87 ans, ancien professeur d'endocrinologie à l'Université de Milan, passionné de musique, de cinéma et d'histoire, a retrouvé et acheté le premier documentaire du grand réalisateur milanais pour quelques dollars à une petite société étasunienne. Il a été projeté le 8 mai à Rome à l'Accademia dei Lincei, sous le titre Les débuts cinématographiques de Luchino Visconti - 20 septembre 1944 [Il Debutto cinematografico di Luchino Visconti - 20 settembre 1944].

Luchino Visconti avait filmé sur la demande de l'armée alliée le procès contre l'ancien préfet de police de Rome Pietro Caruso, qui avait eu lieu dans le siège actuel de l'Accademia dei Lincei [l'Académie des Lynx, plus ancienne académie scientifique d'Europe], son exécution  par fusillade, ainsi que celles de Federico Scarpato, tortionnaire de Via Tasso, siège de la caserne et la prison des SS à Rome, aujourd'hui celui du Musée national de la Libération, et de Pietro Koch, responsable de la Pension Jaccarino, connue aussi sous le nom de "Villa Triste", célèbre prison fasciste, où Luchino Visconti avait été d'ailleurs brièvement incarcéré.

Mais c'est surtout la partie liée au "massacre des Fosses ardéatines", auquel l'historien Alessandro Portelli a consacré un livre parmi les plus importants de l'historiographie italienne des vingt dernières années, adapté au théâtre par Ascanio Celestini, qui fait de cette trouvaille un événement de première importance. Le plus grand massacre nazi perpétré dans une grande ville d'Europe occidentale est en effet depuis plusieurs décennies au cœur des visées négationnistes d'une certaine droite italienne.

Malgré la mort l'an dernier d'Erich Priebke, l'un de ses exécuteurs, le massacre des Fosses Ardéatines n'a pas fini de faire couler l'encre, et ses ramifications nous mènent bien au-delà de Rome ou même de l'Italie, jusqu'à Bariloche, en Argentine. 

125500689-a26ac3e8-8c12-47c3-a9c3-4d33ec7775aa.jpg

Pour aller plus loin:

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.