Nantes, 22 février, ce qui est arrivé à Quentin: un nouveau témoignage.

Le récit de Quentin, grièvement blessé par une grenade assourdissante lors de la manifestation du 22 février 2014, m'a valu une lettre de Julien, simple manifestant lui aussi et témoin de la scène. En voici un extrait: 

Le récit de Quentin, grièvement blessé par une grenade assourdissante lors de la manifestation du 22 février 2014, m'a valu une lettre de Julien, simple manifestant lui aussi et témoin de la scène. En voici un extrait: 

« Je suis une des personnes qui ont secouru et emmené Quentin dans un garage souterrain après l’avoir porté, pendant que les CRS continuaient à nous tirer dessus avec des Flash-Ball, des grenades assourdissantes, des fumigènes. Ils étaient a trente mètres de nous, alors que nous étions seulement 5 ou 6 personnes dans cette rue, à essayer tant bien que mal de mettre Quentin à l’abri des tirs. Ils nous ont poursuivi malgré le fait que nous portions un blessé et ils nous tiraient dessus, dans le dos, alors que nous leur faisions tous des signes [les bras en croix, précision apportée lors de notre conversation téléphonique] pour qu’ils arrêtent. Nous n’avons lancé absolument AUCUN projectile, une des personnes qui nous a aidées à porter Quentin a reçu un tir de Flash-Ball dans les côtes, il a eu très mal et du mal à respirer, ils ont sûrement dû lui casser des côtes. Nous avons été obligés de descendre les deux personnes blessées dans un parking souterrain pour être sûrs de ne plus nous faire tirer dessus et attendre que les pompiers arrivent jusqu’à nous. » [témoignage complet ici]

En pièce jointe, Julien m'a fait parvenir l'image d'un deuxième manifestant grièvement blessé au visage, que j'ai publiée à la fin d'un article de conseils à l’usage des personnes blessées par la police, écrit par Élodie Tuaillon-Hibon, avocate au Barreau de Paris.

Une photographie d'un troisième manifestant grièvement blessé, toujours au visage, est publiée à la suite de conseils d’urgence (médicaux et juridiques) aux personnes grièvement blessées par la police à Nantes le 22 février, le tout transmis par Luc Douillard, enseignant à Nantes.

On rappelera que le fils de ce dernier, Pierre, alors âgé de 17 ans, a lui aussi perdu un œil en 2007 suite à un tir de Flash-Ball.

Concernant ce qu'il s'est produit samedi à Nantes, je vous invite à lire le témoignage de l'écrivain Jean-Paul Jody paru ce jour sur le blog d'Émeric Cloche.

Je précise que le récit de Quentin, pour avoir été très suivi sur mon site www.dormirajamais.org, sur mon blog de Médiapart, et plus encore à la fin d'un autre article d'Émeric Cloche, pour avoir été repris sur beaucoup d'autres pages et signalé par l'excellent portail Rezo.net, ne semble pas avoir troublé outre mesure le discours des grands médias régionaux et nationaux -on signalera toutefois cet article, paru hier dans Ouest-France

Presse-Océan a même choisi de relayer aujourd'hui un tout autre genre d'appel à témoignages. Chacun pourra juger, en son âme et conscience, s'il constitue en l'état actuel des choses une réelle priorité.

À ce propos, Luc Douillard précise: "Ne confiez pas vos vidéos à la police nantaise, mais directement au procureur de la République (et surtout recopiez-les auparavant pour les montrer éventuellement plus tard aux défenseurs de Droit de l'Homme). Mais surtout ne donnez pas vos originaux sans sauvegarde préalable à la police nantaise, afin de ne pas les soustraire à un débat public transparent au cas où elles suggéreraient la responsabilité des autorités dans des actes violents."

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