Thiaroye: du crime au mensonge d'état?

À Chasselay, dans le Rhône, au milieu des champs à l’écart du village, se dresse un « Tata sénégalais ». Ce curieux cimetière, érigé en 1942, est tout ce qui témoigne de la défense héroïque de Lyon par les Troupes coloniales, à un contre cent, les 19 et 20 juin 1940, aux derniers jours de l’invasion nazie. Les rescapés noirs furent séparés des soldats blancs par la division SS Totenkopf, exécutés à la mitrailleuse ou pour certains écrasés sous les chars.

À Chasselay, dans le Rhône, au milieu des champs à l’écart du village, se dresse un « Tata sénégalais ». Ce curieux cimetière, érigé en 1942, est tout ce qui témoigne de la défense héroïque de Lyon par les Troupes coloniales, à un contre cent, les 19 et 20 juin 1940, aux derniers jours de l’invasion nazie. Les rescapés noirs furent séparés des soldats blancs par la division SS Totenkopf, exécutés à la mitrailleuse ou pour certains écrasés sous les chars.

À l’autre extrémité d’une histoire marquée par la réclusion de quelques soixante-dix mille prisonniers « indigènes » dans les Frontstalags de la zone occupée, on trouve le massacre de Thiaroye, le 1er décembre 1944, perpétré cette fois par les troupes de la France libre.

Armelle Mabon, maître de conférence à l’Université de Bretagne-Sud, a consacré plusieurs années de recherches à cet événement encore partiellement documenté. Ce travail minutieux n’est pas sans rappeler celui du regretté Jean-Luc Einaudi sur le 17 octobre 1961. Alors que le Président de la République a commandé une exposition pour le 70ème anniversaire de ce « crime d’état », Armelle Mabon a récemment écrit à plusieurs ministres. Pour elle, cette commémoration doit être l’occasion de faire toute la lumière sur un épisode honteux de la Libération. Elle a exploré les archives et récolté des témoignages parmi les familles des acteurs et victimes de l’événement.

Documents inédits à l’appui, elle apporte des éléments nouveaux sur la nature et l’ampleur du massacre.

Entretien sur On ne dormira jamais

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