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Billet de blog 9 juillet 2024

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Macron a toujours tort. Toujours.

La preuve? MÊME LES MACRONISTES LUI DONNENT TORT! Ces cons-là ils lui donnent tort? C'est dire s'il est tombé bas ce salaud!

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D'accord. Macron, c'est pas le gars qui annonçait il y a un mois qu'il dissolvait l'Assemblée nationale parce que ça lui sembbait le meilleur moyen, dans le contexte nouveau instauré par les européennes, de résoudre les problèmes que posent les “extrêmes” pour la paix sociale? Bon, cette étape, “la paix sociale”, on n'y est pas encore mais ça vient tout doucement, par contre le problème des “extrêmes” c'est presque réglé: “le fort” montre sa faiblesse, “le faible” montre sa force. Et si la faiblesse de l'un rassure, la force de l'autre inquiète. C'était vrai avant mais dans l'autre sens puisque “le faible” d'hier était rassurant, “le fort” d'hier inquiétant.

J'ai une formule, pas très originale, probable que je la tire d'un lieu commun, la force du faible est la faiblesse du fort. Le genre de truc qu'ont dit à propos du judo et autre art martial du genre. Je sais que dans beaucoup de versions de L'Art de la guerre on trouve des considérations de cet ordre, on a, et bien, on a une infinité de récits ou “le petit” combat “le grand” et le vainc. Voire “les grands”.

Cette formule est ambigüe. Je la cite:

«La force du faible est la faiblesse du fort».

Est-ce que ça me dit que ce qui fait la force du faible est sa capacité à tirer partie de la faiblesse du fort, ou que ce qui constitue selon le faible “la force” correspond à ce qui constitue selon le fort “la faiblesse”? C'est pas la même chose. Pas du tout. Remarquez, ça n'est pas contradictoire, si la force du faible est la faiblesse du fort ils peuvent s'entendre, l'un cède à l'autre sa faiblesse et à l'issue de la transaction chacun reçoit, et bien, de la force, puisque la faiblesse de l'un (etc.). Comment on dit en français contemporain? Ah oui! Du “win-win“. Genre du “ouin-ouin” ou quoi? Non, plutôt genre du “oui-oui”, du “oui je consens” réciproque, je consens à faire pour toi ce que tu consens à faire pour moi.

C'est la question justement, celle centrale: le consentement. Et bien sûr, mais ça va ensemble, le respect du contrat, non pas un consentement absolu et définitif mais un consentement lié à un échange, ta faiblesse contre ma faiblesse.

Bon ben voilà, rien à écrire de plus. Moi qui adore bavasser. Tant pis...

Ah oui, j'oubliais: il avait tort sur ce coup Macron? Non, c'est certain, la veille même du second tour on nous annonçait encore un tsunami électoral avec une Vague Brune énorme, le lendemain on a une vaguelette; la veille encore on annonçait la domination sans partage de l'autre extrême sur “la gauche” et le lendemain, rien de tel. Et bien sûr “la Macronie” annoncée presque résiduelle faisant jeu égal avec “la gauche” et nettement mieux que “la vague brune”.

C'est vraiment un truc qui me dépasse: même quand les faits lui donnent raison on continue de prétendre que Macron est dans l'erreur. Du coup je cherche ou se trouve l'erreur, et je la trouve dans l'œil qui fixe macron et de cet œil l'évalue “faux”, une erreur lui-même, donc dans l'erreur. En gros, l'erreur est “sa nature” et ses réussites sont des accidents. En gros, en détail et en particulier. C'est toujours comme ça et de nombreuses expériences et études en psychologie sociale, en psychologie et en éthologie l'on abondamment démontré: en doit sa propre réussite à sa propre valeur, ses propres échecs à l'adversité, aux empêchements, les réussites des autres à la chance ou au compromissions, les échecs des autres à leur propre insuffisance. Du coup, la réussite éclatante d'un autre vraiment autre (dans la représentation qu'on a d'un “véritable autre”) est au moins suspecte, souvent inquiétante. Macron réussit, alors c'est un con (une marionnette) ou un salaud (un marionnettiste), en tout cas quelqu'un de détestable. Et bien sûr la réussite d'un soi vraiment soi (toujours dans sa propre représentation du “soi”) est la preuve de son éminence, ses échecs ne s'expliquant que par les circonstances contraires.

Et si, d'un coup, un “soi” devenait radicalement “autre”? Genre, Macron pète les plombs, ce n'est plus le même! il fusille sa propre majorité! Il fait le jeu des extrêmes! Euh mais attends, on vient de voir que non, que les extrêmes il a contribué en même pas un mois à les dégonfler! S'il fait un jeu, assurément ce n'est pas celui des extrêmes. Et, le coup de «Il a trahi son camp», attends! N'importe quoi! En 2017 il se présente en offrant aux partis “républicains” (ah ouais, y a un copyright sur “républicains” aujourd'hui, du coup on dira) aux partis “démocratiques” une grande coalition “et de gauche et de droite”. Va te chier lui disent en substance les dirigeants de ces partis dans leur majorité. Ok se dit-il, bon ben on va leur apprendre à être raisonnables. Alors il tape un grand coup à gauche et ça l'écrase, et cinq ans après un grand coup à droite et ça l'écrase, plus qu'un coup à taper, au centre. La droite maintenant? Résiduelle, temporairement résiduelle. La gauche maintenant? Triomphante, très provisoirement triomphante. Le centre? À sa place, pas plus gros que la gauche, un peu décalé sur la droite. Ben justement, la droite? Elle est résiduelle pour l'heure et a deux possibilités: se fondre temporairement dans le centre pour se requinquer, ou se fondre définitivement avec sa propre droite et disparaître avec elle. Je serais la droite, je sais ce que je ferais.

Pour conclure, Macron a très bien réussi et a réalisé les conditions favorables pour son projet initial malheureusement retardé par le “raz-de-marée macronien” (quand c'est positif on dit “raz-de-marée”, quand c'est négatif on dit “tsunami”) de 2017. À l'époque, de par son attitude et les diverses “fuites” très défavorables à son encontre il n'avait pas réussi à déconstruire son image de “gentil” et de “gagneur”, je disais à l'époque (et il me semble l'avoir écrit) que selon moi il espérait un truc du genre gauche et centre équilibrés, une droite réduite mais pas trop, et des “extrêmes” assez fortes pour sembler inquiétantes mais sans excès. D'accord, ça a aura pris sept ans et on s'y trouve.

Alors, continuer à croire que Macron rate tout (ou réussit tout, ce qui est aussi con) ou accepter de comprendre qu'il réussit plutôt bien, même s'il y a des imprévus. Une question reste pendante: et les dirigeants de partis? Si c'est des cons, virez-les et faites vous-même le travail, ça ne doit pas être si compliqué de s'entendre avec n'importe qui, perso je m'entends bien avec presque tous mes voisins, et jamais je ne leur demande leurs opinions, libre à eux de m'en faire part mais jamais je ne le leur demande ni ne cherche à savoir. Sans intérêt.

Tenez, un de mes voisins par exemple, un vrai, un que je n'invente pas: il est “un peu” beauf, “un peu” raciste, “un peu” «c'est moi l'mec!». Beaucoup de “un peu” qui finissent par faire beaucoup. Ah ouais, et “un peu” insistant quand il veut à tout prix vous raconter ses malheurs. Je fais quoi? Je le snobe, je le morigène, je l'insulte? Eh attends! C'est mon voisin, je le croise tous les jours! Tu vois l'enfer si je commence à me mettre mal avec les voisins? Laisse béton. Alors quand il me branche sur ses malheurs je prends l'air attentif, alors que je n'écoute même pas ce qu'il me dit, je me fie sur la mélodie et quelques mots que je capte de-ci de-là pour savoir quand placer un «hmm hmm», un «Ah?» étonné, un «Oh!» scandalisé ou attristé et voilà, tout le monde est content, il a déversé sa bile et ça lui a fait du bien, et j'ai préservé mes bonnes relations de voisinage. Et vous savez quoi? Ce “sale con”, si je vais le voir parce que j'ai besoin d'aide je suis certain que s'il le peut, il m'aidera.

Qu'est-ce qu'il vaut mieux, voir tous les “non soi” comme des cons et des salauds, ou comme des voisins acceptables et parfois secourables? Vous devinez mon opinion je suppose, mais est-ce que vous la partagez? Là je ne limite pas au voisinage immédiat: “centre”, “gauche” et “droite” sont voisines et différentes: pourquoi une seule réponse quand on a trois, quatre, cinq questions? La société est comme ma commune, laquelle d'ailleurs est un modèle de structure, ou du moins devrait être telle: tout le monde doit respecter les règles communes de sociabilité, et pour chaque action pouvant occasionner une gêne aux voisins, solliciter leur approbation. Moi je n'ai pas un rêve de société “macronien”, ni “socialiste” ni “LFI” ni “RN” ni “EELV”, mais tant qu'on s'entend sur l'essentiel, le bon voisinage, et qu'ils ne m'emmerdent pas, ça me va. Bon, pour le RN et LFI, vu comme ça, de loin, ce sont de dangereux agités, vu de près ce sont deux groupes de bras cassés assez désunis. Quand les “extrêmes“ se retrouvent en apesanteur (complètement détachés de “l'arc républicain” par exemple) ils explosent ou ils s'effondrent. Dans les deux cas le résultat est le même: seuls les cons ne quittent pas le navire, et des cons y en a pas beaucoup.

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