Brouillon daté du 18/11/2019 05:21
Dès le départ, ce slogan m'a incommodé. C'est épidermique: dès qu'on veut m'enrôler dans un combat qui n'est pas le mien et qu'on m'interdit de dire, ou plus encore qu'on veut m'interdire de penser autrement que le troupeau, je refuse, je m'oppose, je rejette. Et c'est profond aussi: quand on prétend défendre ce que la veille au mieux on ignorait, souvent on abhorrait et qu'à coup sûr le lendemain on ignorera ou abhorrera, quelque chose cloche. Or, beaucoup de responsables politiques ou médiatiques ou cultuels qui la veille abhorraient Charlie Hebdo et qui quelques temps plus tard retrouvèrent leur détestation de ce périodique se sont brusquement – mais brièvement – rangés sous la bannière «Je suis Charlie!».
Que dire? L'unanimité bienveillante soudaine autour de ce que la veille au mieux on ignorait, souvent on détestait, m'incommode parce que j'ai une incapacité forte à gober la propagande. D'ailleurs, dès que “l'Union Sacrée” s'affaiblit, apparaît très vite le caractère artificieux de tout unanimisme propagandiste...