Quelle pine!

Les mots sont importants. Par exemple, il est bon de réfléchir aux mots qui servent d'insultes.

J'ai rencontré il y a un moment un gars, un jeune gars, qui quand il faisait quelque chose qu'il considérait erroné ou fautif, s'insultait, comme nous le faisons tous ou presque, et le faisait avec l'expression qui forme mon titre: «Quelle pine! Mais quelle pine!». Difficile de se défaire de plus de trente ans d'habitude, je m'étais dit à l'époque qu'en effet se définir comme intellectuellement ou manuellement déficient en se désignant par le terme qui désigne l'organe sexuel masculin est beaucoup plus pertinent qu'en utilisant celui désignant l'organe sexuel féminin. Ce qui ne m'empêche de continuer à dire: «Quel con! Mais quel con!»

À l'époque, je m'étais dit aussi, pourquoi user pour une exclamation déceptive d'un mot désignant une travailleuse? Autant employer un terme qui désigne un exploiteur détestable et dire «Maquereau!» au lieu de «Putain!» – mais je n'y arrive pas...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.