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Billet de blog 1 déc. 2021

Philosophie de l'information.

Je nomme ça ainsi en prenant le point de vue des “philosophes” qu peuplent les rédactions des médias professionnels. En prenant mon point de vue je les nomme des propagandistes. Qui le plus souvent ne se savent pas tels, mais pas toujours.

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S'ils ne se savent pas propagandistes, et parfois même quand ils se savent tels, ce sont cependant des philosophes, mais à la manière dont un auteur que j'apprécie, Gregory Bateson, en parla:

«Les alcooliques sont des philosophes, dans le sens général où tous les êtres humains (et, en fait, tous les mammifères) sont guidés par des principes hautement abstraits, dont ils sont presque entièrement inconscients, ignorant que le principe qui gouverne leurs perception et action est d'ordre philosophique. Le faux terme duquel on désigne d'ordinaire ces principes est celui de “sentiment”.
Ce type de fausse nomination fleurit à l'intérieur de la tendance épistémologique anglo-saxonne à réifier ou à attribuer au corps tous les phénomènes mentaux qui sont périphériques à la conscience; et cette appellation est certainement renforcée par le fait qu'exercer et/ou se priver de l'exercice de ces principes s'accompagne souvent de sensations viscérales ou d'autres sensations corporelles. Pour ma part, je crois que c'est Pascal qui était dans le vrai en disant: “Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point”» (G. Bateson, Vers une Écologie de l'esprit tome I, Le Seuil, Paris, 1977, article «La cybernétique du “soi”: une théorie de l'alcoolisme»)

On peut remplacer “alcooliques” par “journalistes” ou par n'importe classe d'êtres humains puisque ce «sont des philosophes, dans le sens général où tous les êtres humains» le sont. Entre autres choses je partage ceci avec Bateson, une certaine réticence envers les “philosophes”, du moins à la fois envers ceux qui se posent comme philosophes et envers l'acception péjorative la plus courante du terme, «Écrivain-penseur plus imaginatif que raisonneur». Un “doux rêveur”, un type qui vit “dans le ciel des idées” – qui n'a pas les pieds sur terre.

Les journalistes sont comme les alcooliques, et bien sûr comme vous et moi, des êtres «guidés par des principes hautement abstraits, dont ils sont presque entièrement inconscients, ignorant que le principe qui gouverne leurs perception et action est d'ordre philosophique». Enfin, comme moi ou presque: j'en suis conscient, et n'ignore pas quel principe gouverne mes perception et action. Ça ne change rien au fait que je suis guidé par des principes hautement abstraits, et que le principe qui gouverne mes perception et action est d'ordre philosophique.

Pour prendre un exemple “concret”, je n'ignore rien de la force gravitationnelle ni de l'attraction qu'elle induit mais le savoir ne me permet pas pour autant de m'élever librement dans les airs quand je suis à proximité d'un corps massif tel que la Terre. L'ignorer me contraint à rester collé au sol ou à m'élever au maximum à un peu plus de deux mètres au-dessus du sol à condition de m'y entraîner longuement. Et encore, même un sauteur en hauteur ne peut jamais propulser en bloc son corps à cette altitude, il peut décrire une courbe optimale qui fera progresser son corps de manière à le faire passer par un point de l'espace de cette altitude mais au-delà son corps reviendra vers le sol. En revanche, le savoir me permettra éventuellement d'inventer un procédé artificiel pour propulser tout mon corps bien au-delà de cette altitude.

De même, savoir que je suis un “philosophe” du genre décrit par Bateson ne me fera pas cesser d'être un philosophe de cette sorte mais me permettra de développer des comportements qui limiteront les conséquences “sentimentales” du principe qui me gouverne. Soit dit en passant, depuis le temps où Bateson écrivit ce texte, l'année 1971, un processus déjà en cours à son époque répandit cette “tendance épistémologique à réifier” bien au-delà de l'aire culturelle anglo-saxonne – à l'époque, pour l'essentiel la Grande-Bretagne, l'Amérique du Nord anglophone et les grandes îles de l'Océanie, plus une frange “anglicisée” des élites des anciennes colonies britanniques.

La “philosophie de l'information”? Un type en a discuté il y a quelque temps, un certain Jacques Le Bohec, chercheur et enseignant en sciences politiques et en sociologie du journalisme, entre autres talents. Il parle plus précisément de “mythologie”, des «mythes professionnels des journalistes» (le document mis en lien n'est que le résumé ou plutôt, la présentation, d'un ouvrage d'environ 400 pages, disponible en formats papier et numérique). Il liste quarante-quatre mythes, ici j'en retiendrai huit car ils concernent particulièrement Mediapart:

EXTÉRIORITÉ. Croyance que les journalistes, parce qu'ils revendiquent une position rhétorique d'observateur et narrateur par rapport aux événements, sont réellement extérieurs aux événements et ne participent pas à la réalité sociale.
JOURNALISME. Alors que les vocables «journaliste» et «journalisme» sont couramment utilisés, il s'avère qu'il est impossible de leur accorder un contenu sémantique autre que tautologique.
LIBERTÉ DE LA PRESSE. La glorification du principe de liberté de la presse tend à occulter la diversité des significations du terme «liberté» ainsi que les formes de limitations autres que l'usage de la violence physique.
MADAME MICHU. C'est le nom donné au lecteur, auditeur ou téléspectateur «moyen» au sein des rédactions; vu comme particulièrement ignare, il est imaginaire et imaginé pour justifier des choix rédactionnels contraints commercialement.
OBJECTIVITÉ. la notion d'objectivité prête à confusion car elle jette le bébé avec l'eau du bain, c'est-à-dire le constat d'une impossibilité à être objectif pour les journalistes avec un rejet obligatoire de cette ambition par les chercheurs.
OUVERTURE. La profession journalistique en France est déclarée «ouverte» parce qu'aucune barrière ni critère n'existe pour y entrer, ce qui laisse penser que tout le monde peut embrasser la carrière et occulte aussi l'ouverture à la sortie...
PROFESSIONNALISME. Malgré les allusions fréquentes à cette notion dans le milieu, il est impossible de trouver un savoir-faire commun à tous les journalistes qui permettrait d'expliquer leur appartenance à un même groupe professionnel.
WATERGATE. Le scandale du Watergate est instrumentalisé par de nombreux journalistes pour défendre l'idée que des journalistes ont réussi à faire chuter à eux seuls le président des États-Unis, ce qui est faux.

Le dernier mythe dans l'ordre alphabétique m'intéresse particulièrement car premier dans la mythologie personnelle du plus notable des quatre fondateurs de Mediapart, Edwy Plenel. Comme le relève Le Bohec, il y a une distance importante entre «l'idée que des journalistes ont réussi à faire chuter à eux seuls le président des États-Unis» et la réalité des faits. Et comme le releva Pierre Péan avec son ultime article, «Dans les cuisines de l’investigation», publié post mortem, il est doublement séminal pour ce qui deviendra ce “journalisme d'investigation”, en tant que mythe fondateur et en tant que mode d'enquête (“investigation” est un anglicisme et se traduit par ce terme un peu galvaudé, “enquête”). Dans cet article Péan est assez cruel, et à raison selon moi. En premier, il relève que ce type de journalisme se constitue non en contre-pouvoir mais en “pouvoir contre”:

«Au cours des années 1970, le rapport de forces entre la presse et le pouvoir, déséquilibré en faveur du second, situait leur activité à la marge, du moins jusqu’à ce qu’une paire d’enquêteurs du Washington Post fasse tomber le président des États-Unis. Mythe fondateur devenu modèle à imiter, au point que l’on a importé l’expression américaine – « investigation » plutôt qu’enquête –, l’affaire du Watergate a fixé une fois pour toutes les règles de l’exercice: l’investigateur prend pour adversaire l’État, source supposée de toute puissance et de toute nuisance, au moment précis où celui-ci amorce son retrait au profit des entreprises privées».

Mis en exergue par Ma Pomme (par MPM). Sans vouloir être méchant (comme d'habitude cette formule rhétorique est antiphrastique, sans jurer y réussir je veux être méchant) les journalistes du milieu de la décennie 1970 firent dans leur majorité ce qu'ils ont toujours fait, renforcer le fort et affaiblir le faible.

En second, il met en évidence que c'est avant tout un “journalisme de cabinet”, ici on peut convoquer plusieurs acceptions, un journalisme “de chiotte” (ne se désignent-ils pas eux-mêmes en tant que “fouille-merde”? Pour rire un brin, un de mes petits apologues, «Les fouille-merde»), “d'officine”, “de bureau”, et en revanche, que c'est rarement un journalisme d'enquête et de reportage. Dans un billet récent je le mentionnais, le “reporter d'investigation” Edwy Plenel pratiqua surtout le “copinage”, les accointances, se créer un réseau de connaissances et d'informateurs pour obtenir des “informations” qui sont plutôt des “fuites”, la communication d'informations censément secrètes par des personnes “de l'intérieur”, du milieu concerné – policiers, magistrats, politiciens et membres de cabinets... Pour citer encore Péan:

«Passé des colonnes irrévérencieuses du Canard enchaîné vers la fin des années 1970 à celles, de référence, du Monde au milieu des années 1990, le journalisme d’investigation spécialisé dans les affaires politico-financières a profondément changé le théâtre démocratique. L’observateur est désormais acteur, et parfois metteur en scène, de la pièce jouée par les partis, les élus, les électeurs».

Enfin, c'est avant tout un “journalisme de bureau”, les “investigateurs” ne sont pas, le plus souvent, des enquêteurs. Péan toujours:

«Il existe au fond deux manières d’enquêter. L’une, revendiquée notamment par l’auteur de ces lignes, pourrait se définir comme un banal journalisme lent: l’enquêteur choisit son sujet et lui consacre un temps, une énergie que la plupart des rédactions refuseraient d’investir. Il avance à l’aveugle, progresse par à-coups et prend le risque de se tromper. Ses recherches débouchent généralement sur des affaires peu judiciarisées, comparativement aux scandales politico-financiers qui font la “une”. Il en tirera un livre dont l’avance couvre, grosso modo, les frais engagés et dont les ventes aideront au démarrage de la recherche suivante. C’est un modèle fragile: quelques échecs commerciaux successifs accompagnés de procédures en diffamation suffisent à priver le journaliste de la possibilité (et de l’envie) de recommencer».

Et à propos de l'autre manière:

«Bien qu’elles prétendent généralement suivre ce chemin escarpé, la plupart des têtes d’affiche du journalisme d’investigation travaillent d’une manière radicalement différente. Il ne s’agit pas d’enquêter, mais d’attendre une fuite. Celle d’un procès-verbal d’audition ou d’enquête que transmet un juge, un policier, un avocat. Le document arrive, hier par fax, aujourd’hui par messagerie chiffrée. L’intrépide limier s’emploie ensuite à le réécrire en style journalistique: des faits détaillés, des dates précises, des noms connus ou qui le seront sous peu. Ce travail de transposition s’accompagne de quelques coups de téléphone permettant de recueillir les démentis ou les bredouillements embarrassés des personnes mises en cause, preuve indéniable d’un travail de tout premier ordre».

Ce “mythe fondateur de l'investigation” est intéressant à explorer, l'article de Wikipédia sur Mark Felt, alias “Gorge Profonde” met en évidence deux faits, c'est avant tout le travail d'enquête du FBI qui initia la mise en cause de Nixon et de ses pratiques d'écoutes illégales, et le força à la démission, et non la divulgation de “l'affaire du Watergate” dans la presse, et cette divulgation ne résulte en aucune manière d'un travail d'enquête première manière, celle que défend Péan dans son article; Woodward ne “découvre” rien, il profite d'une certaine connivence avec Felt, et reçoit toute cuite la “fuite”, toute ses “révélations”. Comme l'écrivait Péan, «l’intrépide limier s’emploie ensuite à le[s] réécrire en style journalistique», à donner l'apparence de “travail de terrain” à ce qui n'est qu'un travail de bureau, basé non sur une enquête mais donc, sur des fuites.

Factuellement, «l'affaire du Watergate» et de l'ensemble des pratiques douteuses de Nixon découle avant tout d'une lutte de pouvoir entre le FBI, celui assez sulfureux de la période Hoover (qui le dirigea continûment de 1924 à 1972, et se maintint à sa tête en constituant des “dossiers” sur les plus hauts responsables politiques et de l'administration d'État, pour le dire clairement, en les faisant chanter) et l'Exécutif, guère moins sulfureux cela dit. Felt avait, comme on dit, son “agenda”, tenter de maintenir les “hoovériens” à la tête du “Bureau”, et de poursuivre la politique d'Hoover en matière de, et bien d'“investigation”, un mode d'investigation à base de constitution de “dossiers”, de fabrication de preuves, de fausses dénonciations, d'incitation à la commission de délits, voire de commissions de délits mis sur le compte de tel ou tel groupe pour en provoquer la destruction. Dans les décennies 1980 et suivantes il apparût de plus en plus clairement que dans la période 1945-1975 particulièrement, le FBI dans ses activités, disons, “politiques”, fut un très grand producteur de “fabrication de complots”, de constitution de dossiers basés pour l'essentiel sur des fausses preuves et des vraies infractions à la loi – le susnommé Felt fut d'ailleurs condamné à une (très faible) peine (plus tard amnistiée) «pour des infractions estimées contraires aux droits civils». Bref, loin de contribuer à renforcer la démocratie, cette forme de “journalisme d'investigation” est souvent un puissant instrument pour les personnes qui, en organisant des “fuites”, cherchent à l'affaiblir.

Les mythes “professionnalisme” et “journalisme” forment une paire, et fondent la “philosophie de l'information” de Mediapart. Pour en référer de nouveau à mes récents billets sur la “nouvelle formule” de Mediapart mise en œuvre en cette fin novembre 2021, j'y pointe le motif premier, explicitement énoncé par Edwy Plenel dans son article «Une nouvelle formule de Mediapart»:

«Le Club participatif distingue Mediapart parmi toute la presse généraliste. Mais nous devons veiller à ce que sa spécificité de lieu sans équivalent de libre expression et débat ouvert à tous nos abonné·e·s soit clairement affirmée, afin que tout un chacun comprenne sa différence par rapport au Journal qui est produit par notre rédaction [car] face à quelques trolls qui utilisent notre plateforme et la légitimité de la marque Mediapart pour tenter de semer le trouble sur les réseaux sociaux et la confusion en diffusant certaines fakenews, nous avons travaillé à mieux distinguer billets de nos abonnés et articles de la rédaction».

Mis à part le fait que, en bon “séparateur du Bien et du Mal”, Plenel nous dit assez benoîtement que “la Rédaction” a décidé de punir collectivement “le Club” de la faute de «quelques trolls qui utilisent notre plateforme [...] pour tenter de semer le trouble» (mis en exergue par MPM) – comme le dit la Sainte Sentence du bon abbé Amaury, «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens» –, dans la première partie de cette citation, avant “[car]”, il explicite sa philosophie: d'un côté le “journalisme professionnel”, de l'autre, et bien, “le reste”.

Comme le mentionne Jacques Le Bohec,

«Alors que les vocables “journaliste” et “journalisme” sont couramment utilisés, il s'avère qu'il est impossible de leur accorder un contenu sémantique autre que tautologique», et «Malgré les allusions fréquentes à cette notion dans le milieu, il est impossible de trouver un savoir-faire commun à tous les journalistes qui permettrait d'expliquer leur appartenance à un même groupe professionnel».

À propos d'un autre “mythe”, «école = chômage», il écrit ceci:

«Nombre de journalistes, en se basant sur le cas des écoles de journalisme spécialisées, estiment que le contenu des formations conduit au chômage, alors que cela vient de l'absence de conditions de diplômes au recrutement».

Mis en exergue par MPM. Mettant ces trois “mythes” en rapport, on en vient à ceci: l'activité de journaliste n'a nulle définition claire, il s'agit effectivement d'une tautologie, «est journaliste qui est journaliste»; comme il n'existe aucun critère, aucune condition consensuelle permettant de déterminer qui peut être ou ne pas être recruté “en tant que journaliste”, par le fait on se trouve avec une nouvelle tautologie, «est journaliste qui est recruté en tant que journaliste»; il existe des “entreprises de médias” qui recrutent et salarient des personnes “en tant que journalistes”,  et selon des critères certes objectifs mais seulement “de fait”, un temps minimum d'activité continue “en tant que journaliste” et une fraction minimale de revenus (au moins 25%) dans la pratique professionnelle “en tant que journaliste”, pour pouvoir obtenir une “carte de presse” (une carte spécifiant qu'on est “journaliste professionnel”), on arrive à une troisième tautologie, «est journaliste professionnel qui est réputé journaliste professionnel». Au bout du compte, la caractérisation de la partie “Rédaction” de Mediapart repose sur une non évidence: la “différence de nature” entre “les journalistes professionnels” et “les autres”.

Le cas d'Edwy Plenel est assez illustratif de ce “processus tautologique”: en un premier temps (1972 à 1976) il devient par circonstance “journaliste non professionnel”, c'est-à-dire qu'il est recruté par son parti, la LCR, en tant que rédacteur de ses publications, non sur un quelque critère “journalistique” mais parce qu'il a de la gueule et une bonne plume, et parce qu'il est “dans la ligne”, celle majoritaire dans son parti. En un second temps il acquiert le statut de “journaliste professionnel” pour deux motifs pas spécialement “journalistiques”, sa proximité idéologique avec les responsables du tout nouveau Quotidien de Paris, un crypto-“organe officiel du PS”, sa connaissance intime du secteur de l'éducation (son père fut longtemps un fonctionnaire puis un haut-fonctionnaire de l'Éducation nationale). Et bien sûr, et déjà, pour ses accointances dans ce milieu. En un troisième temps il évolue vers le “journalisme d'investigation” par raccroc, au départ il pratique plutôt le métier de “fait-diversier”, comme on dit aimablement dans “le métier” la «rubrique des chiens écrasés», et commence à se constituer un nouveau réseau d'accointances dans la police et la justice, ce qui favorise un accès privilégié aux “fuites” dans ces milieux, et il commence son travail de “journaliste de cabinet” spécialisé dans les scandales politico-financiers. En un quatrième temps, et toujours sur le mode des accointances et copinages, il entre dans la sphère des “responsables”, des dirigeants principaux et secondaires d'entreprises de médias. Très clairement, Plenel n'est pas un “journaliste par nature” mais un “journaliste par circonstance”.

Comprenez bien que je n'ai aucune intention maligne, genre «Plenel le magouilleur» ou «Plenel l'opportuniste», le terme étant pris en mauvaise part, car de fait ce sont des “opportunités” qui ont jalonné son parcours sans que j'y mette quoi que ce soit de dépréciatif. Je ne sais pas pour vous mais pour ce qui me concerne mon parcours professionnel est jalonné d'opportunités, parfois parce que je les ai provoquées, parfois parce qu'elles me sont advenues par des circonstances imprévues, et quand elles se sont présentées, et bien, je les ai saisies.

Je pourrais poursuivre mais il me semble que l'objet de ce billet est désormais assez évident: la “philosophie de l'information” pour partie explicite, pour partie implicite, qui anime les “professionnels de la Rédaction”, est assez inconsistante et d'une validité très limitée. D'où, cette séparation entre “le Club” et “la Rédaction” est de nature idéologique, et non pas factuelle.


Ah zut! Un oubli, une pique à propos de «l'affaire du Watergate»: le choix du pseudonyme donné à Mark Felt. Le surnommer “Gorge Profonde”, ça ne serait pas “un peu” indiquer que pour Woodward c'était plus ou moins (plutôt plus) une affaire de pornographie, une affaire de putains et de proxénètes?

Ah la la! Je ne peux pas m'empêcher d'avoir mauvais esprit...

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