La fin en trompe-l'oeil de l'Identité nationale

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Mai 2007. Nicolas Sarkozy est élu président de la République et pour la première fois dans l’histoire de ce pays, un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire est créé. Trois ans plus tard, le bilan de cette administration est terrible.

Avant de poursuivre, précisons qu’un tel ministère est alors sans équivalent dans les autres Etats membres de l’Union européenne, pas même dans l’Italie berlusconienne pourtant dirigée par une coalition au sein de laquelle se trouve une organisation - la Ligue du Nord - ouvertement xénophobe. Sans précédent en France également, le plan quinquennal d’expulsions alors décidé et depuis mis en œuvre avec constance par les différents gouvernements. Quelques chiffres pour illustrer les efforts de ceux qui appliquent avec zèle les orientations élyséennes. 29 796 expulsions en 2008, 27 000 en 2009 et sans doute près de 28 000 en 2010 puisqu’en juillet de cette année, Eric Besson annonçait fièrement que 14 670 «reconduites à la frontière» avaient déjà eu lieu. Formidables résultats, en effet, qu’illustre également le fait qu’en 2009 plus de 300 enfants - deux fois plus qu’en 2004 selon un rapport de la Cimade - ont été placés en centre de rétention au mépris des engagements internationaux de la France. Aux critiques du commissaire européen des droits de l’homme, Thomas Hammarberg, qui estimait que «la place d’un enfant n’est pas en rétention», ce ministre a répondu doctement que «l’accueil des familles avec des mineurs se fai[sai]t dans des centres adaptés».

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