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Billet de blog 11 mars 2015

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Radio France: le psychodrame des Guignols

Cette pauv'Bichette de Pascale Clark n'a pas eu sa carte de presse renouvelée par la commission de la carte di'identité des journalistes professionnels. Elle est très fâchée et observe une sorte de grève du zèle. Du coup, fou de rage et pour défendre sa collègue de travail, Patrick Cohen a découpé sa carte à l'antenne.

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Cette pauv'Bichette de Pascale Clark n'a pas eu sa carte de presse renouvelée par la commission de la carte di'identité des journalistes professionnels. Elle est très fâchée et observe une sorte de grève du zèle. Du coup, fou de rage et pour défendre sa collègue de travail, Patrick Cohen a découpé sa carte à l'antenne.

Maintenant que les caméras se sont invitées à la radio, le spectacle peut avoir lieu, semble croire l'animateur du 7/9 de France Inter. Il a osé le bougre ! Quel geste courageux ! Désormais le monde ne devrait pu être tout à fait le même. Cette petite histoire révèle le défaut droit social à Radio France et de véritables abus de l'utilisation du régime des intermittents du spectacle.

Apparemment, les raisons invoquées par les membres élu(e)s et syndicalistes de la commission relèvent du fait, qu'ils évoquent un sérieux doute sur la qualité journalistique du travail de la chroniqueuse, mais également du fait qu'elle soit rémunérée par Radio France en tant qu'intermittente du spectacle. 

Voilà que les abus dénoncés depuis des années par les (véritables) professionnels du spectacles se font jour et que les bénéficiaires du régime en toute illégalité, au sein de Radio France, tombent dans le panneau. Or, la décision issue d'un vote à la majorité par les membres de la commission de la carte est parfaitement motivée et logique. Soit, les chroniqueurs de Radio France sont journalistes et dans ce cas relèvent de la convention collective des journalistes professionnels, et ils doivent être rémunérés, déclarés et traités comme tels dans le cadre de leur emploi. Soit ils sont professionnels du spectacle et peuvent être déclarés en contrat à durée déterminée d'usage, dont le recours n'est autorisé que dans le cadre du spectacle ou du bâtiment, et dans ce cas il peuvent bénéficier du régime des intermittents du spectacle. Mais vu le nombre d'heures qu'ils totalisent sur l'année, une requalification en contrat à durée indéterminée serait peut-être envisageable si l'Urssaf et les services de l'inspection du travail étaient efficaces.

Au lieu de se plaindre et de pleurnicher sur leur pauvre sort comme ils le font, ils feraient mieux de se mobiliser pour exiger que leurs droits de salarié(e)s soient respectés. Ils doivent choisir, être journalistes ou être professionnels du spectacle. Dans le cadre des journalistes, rappelons que la carte de presse n'a plus qu'une portée symbolique, même si parfois elle peut être exigée lors d'évènements politiques, ou populaires et qu'elle s'accompagne dans ce cas d'une accréditation. Elle ne peut pas être exigée par les services des impôts afin de bénéficier de l'abbatement pour frais professionnel (7650 euros), puisque seul le bulletin de salaire prouve l'emploi de journaliste. Dans son dossier de demande de renouvellement de carte Pascale Clark et son employeur ont dû fournir les preuves de son emploi de journaliste. Si ses bulletins de salaires sont réalisés pour un autre métier que celui de journaliste, la commission ne peut pas accorder la carte. C'est assez simple et limpide.

Les véritables professionnels du spectacle, qui se battent, depuis des années pour faire reconnaître leurs droits, notamment depuis l'été dernier et alors que le régime spécifique des intermittents est menacé et régulièrement amendé, apprécieront et chercheront sûrement quand et sur quelles antennes les profiteurs abusifs de leur régime les ont soutenu durant cette lutte qui n'est pas terminée. Ils ne trouveront rien ou plutôt découvriront avec quelle passivité coupable, ces pseudos journalistes, ou pseudo professionnels du spectacle (on ne sait plus) ont démontré leur esprit critique. Pire, ils découvriront comment certains ont accompagné et même parfois relayé la désinformation sur le sujet du régime des intermittents du spectacle. 

L'usage en la matière à fait place à l'abus. Se glissant lentement comme un fait avéré. Les membres de la commission de la carte d'identité des journalistes professionnels rappellent aujourd'hui que le droit social existe toujours et qu'ils doit être défendu. Il est vrai qu'ils sont syndicalistes et élu(e)s et nous rappellent une fois de plus leur utilité et qu'ils ne sont guère soutenus dans ce pays et dans cette caste. Voyons maintenant de quel courage vont faire preuve, Pascale Clark, Patrick Cohen sur France Inter ou encore Brice Couturier sur France culture qui n'a eu de cesse de remettre en cause un régime dont il est pourtant bénéficiaire abusivement.

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