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Billet de blog 13 nov. 2013

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Victor Hugo, pour Christiane Taubira

Victor Hugo a écrit un texte magnifique dans «Les quatre jours d'Elciis» publié dans La légende des siècles" voici quelques extraits du «deuxième jour», qui colle parfaitement à l'actualité et au sort ignoble fait à Christiane Taubira. Ce texte fait partie du spectacle Victor Hugo, l'âme du Peuple présenté ces jours-ci par Excès Terra-Cie au Théâtre des Marronniers à Lyon jusqu'au 18 novembre prochain. A voir absolument pour ceux qui peuvent.

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Victor Hugo a écrit un texte magnifique dans «Les quatre jours d'Elciis» publié dans La légende des siècles" voici quelques extraits du «deuxième jour», qui colle parfaitement à l'actualité et au sort ignoble fait à Christiane Taubira. Ce texte fait partie du spectacle Victor Hugo, l'âme du Peuple présenté ces jours-ci par Excès Terra-Cie au Théâtre des Marronniers à Lyon jusqu'au 18 novembre prochain. A voir absolument pour ceux qui peuvent.

Pour le bien et le mal, pour le crime et le droit,
Le comble de la chute étant l'indifférence ;
On vit, l'abjection n'est plus une souffrance ;
On regarde avancer sur le même cadran
Sa propre ignominie et l'orgueil du tyran ;
L'affront ne pèse plus ; et même on le déclare.
À ces époques-là de sa honte on se pare ;
Temps hideux où la joue est rose du soufflet.
La jeunesse a perdu l'élan qui la gonflait ;
Le tocsin ne fait plus dresser la sentinelle,
Ce fauve oiseau qui bat les cloches de son aile
Est cloué sur la porte obscure du beffroi ;
Oui, sire, aux mauvais jours, sous quelque méchant roi
Féroce, quoique vil, et, quoique lâche, rude,
Toute une nation se change en solitude ;
L'échine et le bâton semblent être d'accord,
L'un frappe et l'autre accepte ; et le peuple a l'air mort ;
On mange, on boit ; toujours la foule, plus personne ;
Les âmes sont un sol aride où le pied sonne ;
Les foyers sont éteints, les cœurs sont endormis ;
Rois, voyant ce sommeil, on se croit tout permis.
Ah ! la tourbe est ignoble et l'élite est indigne.
De l'avilissement l'homme porte le signe.
L'air tiède et mou, le temps qui passe, la gaîté,
Les chants, l'oubli des morts, tout est complicité ;
Tous sont traîtres à tous, et la foule se rue
À traîner les vaincus par les pieds dans la rue ;
Le silence est au fond de tout le bruit qu'on fait ;
On est prêt à baiser Satan s'il triomphait ;
Le mal qui réussit devient digne d'estime ;
L'applaudissement suit, la chaîne au cou, le crime,
{...} 
Le tyran est doublé du valet ; et le monde
Va de l'antre du fauve à l'auge de l'immonde.
{...}
On peut courber les grands, fouler la basse classe ;
Mais à la fin quelqu'un dans la foule se lasse,
Et l'ombre soudain s'ouvre, et de quelque manteau
Sort un poing qui se crispe et qui tient un couteau.

http://www.exces-terra-cie.com/article-victor-hugo-l-ame-du-peuple-121044306.html

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