Nous ne leur pardonnerons jamais car ils savent très bien ce qu’ils font. Alors que nous assistons à une confiscation du pouvoir, avec en plus la trahison démocratique en réponse aux votes de la présidentielle et des législatives, l'exécutif gouvernemental appuyé par ses députés godillots et une presse minable, détricote la quasi totalité de nos acquis sociaux et n'a même pas de mot, pas de geste de compassion, alors qu'il est responsable, lors de la mort tragique d'un jeune manifestant, écologiste de 21 ans. Les menaces de sanctions politiques faites aux députés récalcitrants, qui au mieux s'abstiennent sur le vote du budget ou la confiance sur la politique du premier ministre sont éclairantes sur la manière dont l'exécutif entant faire vivre la démocratie. Ainsi l'Assemblée Nationale par sa majorité de représentation ne serait là que pour soutenir la politique du Gouvernement ! Cette affirmation sans cesse répétée par les présidents de groupes libéraux, sociaux-démocrates et relayé par les commentateurs est pourtant en totale contradiction avec l'esprit initial né de la Révolution ainsi que de toutes les constitutions qui ont suivi, même la plus contestable d'entre-elles, la Vème.
Pour s'en convaincre, il suffit de garder en mémoire cette simple phrase inscrite sur le site de l'Assemblée Nationale et à propos du rôle de ce parlementarisme rationalisé : "La nécessité de moderniser l’institution parlementaire a permis aux assemblées d’affirmer et de préciser progressivement leur rôle au sein des institutions de la République. Celui-ci se caractérise en particulier par le développement constant des activités de contrôle du pouvoir exécutif." Le développement constant des activités de contrôle du pouvoir exécutif. Ce qui précisément ne veut pas dire soutien et accompagnement.
Or, à quoi assistons-nous ? Des menaces sont proférées aux parlementaires de la majorité qui exprimeraient quelques désaccords. Ces derniers par peur de perdre leur précieux mandat ne votent pas en leur âme et conscience, mais uniquement pour éviter une éventuelle sanction quoi que toute relative. Quant aux socialistes du conseil national, comme Gérard Filoche qui ose s'exprimer un peu maladroitement sur le cas de la mort accidentelle d'un grand patron, soit ils rentrent dans le rang, soit c'est le premier ministre en personne qui menace d'une exclusion du parti. C'est un cauchemar, l'exécutif mélange les genres. Chef de parti, chef de Gouvernement, on ne sait plus. Du coup la date du prochain congrès du PS devrait se décider selon le bon vouloir du président monarque et de son grand chambellan.
Devant ce spectacle affligeant, les éditorialistes et certains journalistes sévissant dans les médias financés par la publicité, les banques privées, les industriels et patrons de tous poils et même les radios et télévisions de service public et c'est encore plus grave, participent avec un zèle proche de la corruption intellectuelle, à ce bourrage de crâne incessant. Ils ne prennent même plus de gants, traitant de fous ceux qui osent s'opposer au système de cette politique obnubilée par le présidentialisme et sa monarchie aux accents républicains. Jugeant, persiflant et caricaturant les propositions sociales ambitieuses avec une agressivité inouïe. Ainsi la justice sociale héritée du conseil national de la résistance serait une folie douce qui aggrave les déficits publics. Ne parlons même plus du coup (coût) du travail tellement il est entendu que c'est le frein de la compétitivité !
Ces dernières semaines nous ont donné un florilège de la pensée unique, à commencer par l'inauguration la fondation Vuiton à Paris et ce concert de louanges pour la financiarisation de l'art et la spéculation qui va avec. La mort du Pdg de Total et les hommages unanimes. Le même jour et pour la même raison la mise au pilori de Gérard Filoche. Aubry la folle, Hamon l'irresponsable, Batho qui crache dans la soupe, le génial Jean Tirole prix Nobel d'économie qui permet maintenant au Gouvernement de justifier encore plus facilement sa politique libérale, injuste et antisociale... et tout le petit monde médiatique suit le bateau et son banc de poisson, comme une nuée de mouettes comme dirait si bien Eric Cantona. Nous en avons la nausée !...
Et la gauche ? Se demandent les citoyens encore attentif à la vie politique du pays et constatant que le parti socialiste a retourné sa veste. Où est-elle cette gauche ? Ou plutôt ce qu'il en reste. La gauche est atomisée en partis ou organisations devenus de simples groupuscules et incapables de s'entendre sur l'essentiel. Jean-Luc Mélenchon propose seul, dans son coin, sans s'assurer que les composantes du Front de gauche le soutiendront, une nouvelle voie vers la sixième République avec la création d'une constituante. C'est une excellente idée qu'il faut soutenir ! Car c'est le seul rayon de lumière que nous pouvons espérer. Sa démarche bien qu'elle soit isolée, lui donne des airs de guide auquel il souhaite que le plus grand nombre d'esprits progressistes s'associe. L'idée fait recette, mais les petits camarades du parti communiste font la moue dans leur grande majorité. Pourquoi ? Par mauvaise foi, par jalousie, par peur d'être instrumentalisé et sur ce dernier point, ils n'ont pas tout à fait tors. La haine stupide et vicérale entretenue par les cadres du parti de gauche envers les communistes qui le leur rendent bien, sans parler du fossé entre les écologistes et ces mêmes communistes s'ajoutent à la confusion.
Le Front de gauche est moribond pour n'avoir pas su se structurer sur un langage politique unique. Les conséquences de la chamaillerie stupide, prévisible et entretenue pendant les élections municipales font encore des ravages, alors qu'il serait peut-être temps de passer à autre chose et de réfléchir ensemble à un projet de société. Pierre Laurent s'empresse d'aller draguer les "frondeurs" de pacotille du parti socialiste, alors qu'il sait pertinemment que ces derniers lui feront un enfant dans le dos une fois les promesses oubliées, lors des prochaines élections. Sur ce, les sénatoriales arrivent et les communistes perdent encore des élus, grâce aux grands électeurs socialistes de petits esprits. S'il existe des socialistes sincères aujourd'hui, c'est peut être à eux de faire la preuve de leurs volontés politiques. Qu'ils changent donc de parti ! Qu'ils montrent leur courage et leurs convictions ! Les citoyens, militants ou non, en ont marre de ces petits arrangements de circonstances.
Dans cette débâcle, ce bateau ivre, nous ne pouvons même plus nous raccrocher au dernier bastion de lutte qui pourrait encore subsister si ce dernier n'était pas aussi pathétique. Le syndicalisme ! Celui-ci atone et aphone ne séduit plus depuis longtemps et pour plusieurs raisons. Incapable de proposer de nouvelles formes d'actions ensemble, les syndicats, lorsqu'ils sont encore résistants aux mauvais coups portés à la politique sociale, ne parviennent pas à se débarrasser de leur image ringarde et poussiéreuse et sont constamment soupçonnés, à tors parfois, d'arrangements tordus dans le dos des salarié(e)s. La CGT, le syndicat historiquement le plus politisé n'a plus de projet de politique et c'est un drame. Les militants ne savent pas à quoi s'adossent leurs revendications. Pas de vision, pas de projet de société, aucune idée neuve, une démocratie interne noyauté pas des commissions, des groupes de travail sans travaux, des réunions qui n'en finissent plus, des décisions jamais appliquées, la CGT n'a même plus d'utopie.
En regard de ce sombre constat, un pathétique mini scandale des travaux d'un appartement loué à Vincennes révèle un Narcisse muet. Pour seule réponse, la faiblesse intellectuelle à la tête de la confédération, nous affuble d'un communiqué de presse encore plus pathétique que le scandale en dénonçant un complot médiatique, alors que la maison brûle. A Montreuil, l'entrée est interdite à certains journalistes. On ferme les grilles devant les caméras de télévisions. On cherche la taupe qui a donné l'info qui fait tant de bruit. Pendant ce temps là, un représentant des salarié(e)s de la confédération subie une discrimination syndicale. Un comble ! A Montreuil, la vie syndicale de la première organisation ressemble de plus en plus à l'architecture de son immeuble, dans lequel les fenêtres s'ouvrent vers le patio immense... à l'intérieur... Tout cela est minable et ne produit qu'une seule chose : La nausée !