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Billet de blog 8 mars 2018

Droits des femmes dans les pays les plus pauvres: quel rôle pour la France?

La pauvreté aussi est sexiste. La nouvelle vague de mobilisation pour les droits des femmes venue d’Hollywood doit maintenant traverser les frontières, jusqu’aux plus petits villages du Niger ou du Soudan, et la France peut la soutenir en s'assurant que la quasi-totalité de son aide internationale contribue activement à lutter contre cette les inégalités entre les femmes et les hommes.

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Aujourd’hui, dans le monde, 39 000 filles seront mariées de force. Un milliard de femmes ne pourront disposer de leur argent comme elles le souhaitent car elles n’ont pas accès à un compte en banque. Une fille sur dix n’ira pas aller à l’école car elle a ses règles et que son école n’a pas de sanitaires adaptés. Des millions de femmes travailleront autant que leurs collègues masculins, et pourtant seront moins bien payées qu’eux.

Ces derniers mois, un vent de libération de la parole des femmes souffle sur le monde. Le temps où les inégalités entre les sexes appartiendront à l’Histoire est encore loin, mais plus personne ne peut ignorer que ce problème existe partout, à tous les niveaux, dans tous les secteurs, et dans tous les pays. Si cette nouvelle vague de mobilisation est venue d’Hollywood, elle doit maintenant traverser les frontières, jusqu’au plus petit village du Niger ou du Soudan. 

En effet, les injustices et les discriminations dont les femmes et les filles dans les pays les plus pauvres sont victimes sont nombreuses, qu’ils s’agissent d’obstacles structurels, sociaux, économiques ou politiques, et sont présentes dès leur naissance.

La pauvreté aussi est sexiste et il est temps que cela change.

Une des conséquence positive du mouvement grandissant contre les inégalités entre les femmes et les hommes est que désormais, ceux qui n’agissent pas vont devoir se justifier.

Parmi eux, nos dirigeants politiques. Les initiatives citoyennes se multiplient, à eux de leur donner de l’ampleur. Ils ont le pouvoir de changer le cours des choses pour des millions de femmes et de filles, notamment dans les pays en développement.

Emmanuel Macron a fait de l’égalité entre les femmes et les hommes une priorité de sa politique de développement pour les 5 ans à venir. Voici pour le principe, mais comment s’assure-t-on que cela se concrétise dans les faits ?

En 2015, d’après l’OCDE, seuls 17% de l’aide de la France aux pays les plus pauvres a contribué à réduire les inégalités entre les sexes. Si l’ambition de la France est à la hauteur des discours du Président, elle doit se donner l’objectif que la quasi-totalité de son aide contribue activement à lutter contre cette injustice. Pour une fois, ce n’est pas une question budgétaire, mais un changement d’approche. Pour que les femmes puissent bénéficier au même titre que les hommes des projets de développement, elles doivent être prises en compte dès la conception des projets. Pour cela, des mesures assez simples peuvent être mises en place, comme, par exemple, s’assurer que les femmes participent aux consultations en amont d’un projet local en adaptant les réunions de travail et d’information à leurs contraintes d’horaires et de mobilité. Dans le domaine de l’éducation, il est possible de construire des toilettes séparées pour les filles dans les écoles, de promouvoir un enseignement sur l’égalité, ou encore la création de foyers de jeunes filles, pour qu’elles aient accès à l’enseignement secondaire dans de bonnes conditions de sécurité. Pour un projet d’infrastructure, comme le développement d’un réseau de transport public, il est important de sécuriser les arrêts de bus avec un éclairage public, notamment pour faciliter l’accès des femmes à ce moyen de transport et qu’elles puissent se rendre au marché ou aux structures de soins.

Cela permettra non seulement de réduire les inégalités mais aussi d’être plus efficace dans la lutte contre la pauvreté. En effet, les chiffres prouvent que les investissements qui ciblent tout particulièrement les femmes et les filles bénéficient à toute la société, et il n’est aujourd’hui pas envisageable de mettre fin à l’extrême pauvreté en mettant cette moitié de l’humanité de côté.

Un seul exemple parmi de nombreux chiffres : offrir aux agricultrices le même accès aux moyens de production qu'aux agriculteurs - comme les semences, certains services financiers ou le droit à la propriété foncière - pourrait réduire le nombre de personnes touchées par la faim de 100 à 150 millions.

Il y a tout juste un mois, Emmanuel Macron et le gouvernement ont doté la France d’un budget croissant pour soutenir sa nouvelle politique de développement au cours des cinq prochaines années. Pour s’assurer que cette aide puisse transformer la vie de millions de femmes et de filles, et de fait la vie de millions d’hommes, dans les pays les plus pauvres et les plus fragiles, il faut maintenant que les chiffres s’accompagnent d’objectifs clairs, assortis d’indicateurs.

ONE demande donc la révision de la loi sur la politique de développement de la France pour que les priorités de la France notamment en faveur des femmes et des filles ne restent pas lettre morte, et puisse être suivies par la société civile et la représentation parlementaire.

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