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Billet de blog 20 avr. 2020

Protection des droits des femmes : fait ce que je dis mais pas ce que je fais !

Djéné Diané 23 ans, stagiaire médias au sein de l'ONG ONE explique dans quelles mesures les femmes sont les premières victimes lorsque survient une catastrophe sanitaire et pourquoi il est plus qu'urgent que les politiques changent de paradigme en étant plus inclusives afin de contrer cette véritable problématique sociétale.

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Soumises à des impératifs culturels, traditionnels, ou religieux, les femmes sont souvent conditionnées, essentialisées et assimilées aux fonctions domestiques. De ce fait, dans bon nombre de pays en développement, dû à la situation économique des foyers, elles ne peuvent aller à l’école ou travailler et doivent entretenir la maison. En somme, la pauvreté est sexiste. Oui mais les pandémies aussi. En effet, cette crise sanitaire que nous vivons toutes et tous a confirmé une chose : Aujourd'hui encore, bien qu’il soit indéniable que les femmes sont indispensables au bon fonctionnement de nos sociétés, elles continuent à faire l’expérience des inégalités de genre, et il faut que cela cesse.

Comme bien souvent lorsqu’on parle de remise en cause des droits des femmes, nous avons tendance à nous tourner d’emblée vers les pays pauvres. Il est vrai que cette pandémie risque d’être dramatique pour celles qui, de manière générale, peinent à se faire voir et entendre. Cela s’explique d’une part, par leur prédominance au sein des métiers du care ( de soin et d’assistance à la personne), puisque comme nous l’a montré la crise Ebola, étant nombreuses à travailler au sein de structures sanitaires et rudimentaires, les femmes sont directement en contact avec les malades, et donc les premières exposées lors de catastrophe de santé publique. D’autre part les mesures de confinement prises pour endiguer le virus font aussi partie des raisons pour lesquelles les femmes sont les plus vulnérables. En risquant de mettre plus à mal leur sécurité que de les protéger, la fermeture des lieux publics, comme les écoles pourrait, avoir des conséquences dramatiques sur leur quotidien. En effet, contraintes de rester à leur domicile elles pourraient faire face à  l'augmentation de violences sexuelles, des grossesses non désirées ainsi que des mariages forcés.

Tout cela étant dit, nous pourrions penser que la France, pays dont le président a fait de l’égalité entre les femmes et les hommes une grande cause  de son quinquennat, prendrait en compte ce critère au sein de son aide publique au développement. Malheureusement, aujourd’hui seulement 21% des projets financés par l’aide française a pour objectif de réduire les inégalités de genre, Alors que le Canada, la Suède et l’Islande eux atteignent les 85%.

Les violences faites aux femmes ne connaissent pas de frontières, ni de temps mort

Les normes sociales discriminatoires et sexistes sont autant ancrées dans les sociétés riches que pauvres. Suite à l’annonce de confinement faite par le gouvernement pour endiguer l’épidémie, le 17 mars dernier, la préfecture de police de Paris a enregistré en une semaine, une hausse de 36% des violences faites aux femmes. S’il est, en temps normal difficile de fuir pour les femmes, le confinement n’a fait qu'exacerber leur situation. Enfermées jour et nuit avec leurs bourreaux, il est plus difficile pour elles de s’en sortir. Stéphanie Le gal Gorin est sociologue et travaille avec des auteurs de violences dans des groupes de responsabilisation. Elle explique qu’avec l’enfermement, tout est prétexte à passer à l’acte. Or, les femmes ne devraient pas “survivre”, ni craindre pour leur sécurité ainsi que pour celle de leurs enfants. C’est pourquoi nous demandons à la France d’être exemplaire dans le traitement de l’inégalité de genre, autant sur son territoire, que dans sa politique d’Aide publique au développement.

Que ce soit au sein des pays développés ou dans les pays en développement, il faut mettre fin au sexisme systémique dont souffrent les femmes. Il faut arrêter de les invisibiliser. C’est pourquoi il est nécessaire d’adopter des politiques inclusives qui leur permettront d’avoir une place au sein des instances de prise de décisions. Qu’elles soient élues locales ou employées au sein de structures hospitalières, les femmes doivent être en mesure de jouer un rôle dans les politiques qui les concernent en communiquant entre autres sur les difficultés auxquelles elles font face lors de la mise en place de mesures sanitaires visant à les protéger. Afin, d’une part de développer des mesures préventives quant à leur vulnérabilité en temps d’épidémie, et d’autre part, d’être actrices du changement qu’elles veulent réaliser au sein de leur société. C’est pourquoi il est important que ces inégalités soient mises en lumière par la production d’analyses chiffrées, menées avec les principales concernées issues de chaque pays et de chaque communauté. Cela permettra en outre de convaincre nos dirigeants mondiaux de l’importance de ce fléau qui touche non pas la moitié de notre société mais son entièreté. Nous ne serons pas tous égaux tant que les femmes continueront à être victimes des inégalités qui les oppressent.

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