Lettre des jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices de ONE au Président de la République

Pour cette semaine mondiale de l'éducation, les Jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices de ONE, l'ONG de lutte contre l'extrême pauvreté, unissent leurs voix dans une lettre à destination du Président de la République Emmanuel Macron. Leur objectif : que la France s'engage de façon ambitieuse lors du Partenariat Mondial pour l'Education qui aura lieu les 28 et 29 juillet 2021.

Nous sommes 50 jeunes engagé·e·s pour un monde qui ne laisse personne sur le bord du chemin, un monde où l’éducation est un droit fondamental. Nous nous sommes engagé·e·s car nous croyons en la possibilité d’un monde plus juste, solidaire et durable. Aux côtés de ONE, nous menons campagne pour en finir avec l’extrême pauvreté et les maladies évitables d’ici 2030, afin que chaque enfant, qu’il ou elle vive à Paris ou Nairobi, puisse mener une vie digne et pleine de possibilités.

La lutte contre l’extrême pauvreté et les maladies évitables est notre mission, la solidarité internationale, la justice sociale et la dignité sont nos valeurs. Nous avons des horizons et des parcours différents, mais aujourd’hui nous vous interpellons car nous partageons le même constat : M. le Président de la République, il faut agir.

Depuis plus d’un an, la pandémie du COVID-19 a ébranlé nos systèmes de santé, nos modes de vie, nos économies et l’accès à l’éducation. Les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur les systèmes éducatifs sont déjà alarmantes : rien qu’en 2021, 70 millions d’enfants - soit plus de la moitié des enfants de dix ans du monde entier - risquent de ne pas maîtriser les fondamentaux de la lecture et de l’écriture attendus d’un enfant de cet âge.

Les filles sont particulièrement touchées : 20 millions d’entre elles pourraient ne jamais retourner à l’école à la fin de pandémie. Or, nous savons à quel point l’éducation des filles est essentielle pour leur autonomie économique, mais aussi pour lutter contre les mariages précoces, participer au progrès de l'économie mondiale et faire évoluer les enjeux environnementaux.

Monsieur le Président, en 2021 la question de l’accès à une éducation de qualité sera centrale, lors du G7 de Londres et du Forum Génération Égalité. Mais ce n’est pas tout : la France a aussi un rendez-vous avec l’histoire, les 28 et 29 juillet, pour la cinquième reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (PME). Ici, comme souvent, le collectif fait la force et la France a les moyens de donner une impulsion puissante à ce partenariat mondial ambitieux.

Le PME est le plus grand fonds international dédié à transformer l’éducation dans les pays à faible revenu en vue de permettre son accès à toutes et tous, partout. Le PME place les pays partenaires au cœur de sa réflexion et les aide à accélérer le changement vers une éducation de qualité pour des millions de filles et de garçons. Depuis 2002, le PME a aidé plus de 70 pays à scolariser 82 millions de filles supplémentaires, et près des trois quarts des pays partenaires ont atteint la parité dans les taux d’achèvement de la scolarité.

L’éducation, au-delà d’être un droit humain fondamental, est un investissement sur l’avenir et pour l’avenir. Cet investissement, économique et profondément humain, permettra à 2 millions de jeunes filles d’échapper au mariage précoce, de sauver 3 millions de vies et de sortir 18 millions de personnes de la pauvreté. En 2018, la France faisait déjà figure de championne de l’éducation en co-présidant la conférence de reconstitution du PME en partenariat avec le Sénégal.  

Il est important que la France s’engage financièrement en allouant une plus grande part de son aide publique au développement aux services sociaux fondamentaux, dont l’éducation. Par ailleurs, nous attendons de la France qu’elle contribue à hauteur de 500 millions d’euros lors de la reconstitution des ressources du PME. Cette somme permettrait de garantir l’apprentissage de 20 millions d’enfants, d’assurer à 16 millions d’élèves des enseignant·e·s formé·e·s et de scolariser 10 millions d’enfants supplémentaires dont la moitié sont des filles.  

La France doit prendre position pour défendre un avenir où l’accès à une éducation de qualité pour les enfants du monde entier, en particulier les filles, ne soit pas une question de privilèges. Un avenir dans lequel chaque enfant de 10 ans est capable de lire et comprendre une histoire. 

 

Monsieur le Président, vous, plus que quiconque, avez le pouvoir d’agir pour empêcher la catastrophe éducative et permettre à des millions d’enfants de retrouver le chemin de l’école. Chaque enfant devrait avoir l’opportunité de développer sa connaissance et de se construire l’avenir qu’il entend, qu’il soit au bout de la rue ou à l’autre bout du monde. Monsieur le Président, montrez que la France est à la hauteur, nous comptons sur vous. 

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre profond respect.

ABONNENC Marion, BOS Camille, CHICA Laëtitia, COPIN Lysiane, EL AIDI Inas, FONKOUA Camille, GAPIHAN Marine, JORDANA Manon, LIOTARD Elise, NAUD Mathilde, PARSOUD Céline, REGNAULT DE LA MOTHE Juliette, TOUIL Lilia, ZELLOUFI Chaïma

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