ONE FRANCE
ONG internationale de plaidoyer et de campagne pour lutter contre l'extrême pauvreté
Abonné·e de Mediapart

16 Billets

0 Édition

Billet de blog 29 avr. 2021

Lettre des jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices de ONE au Président de la République

Pour cette semaine mondiale de l'éducation, les Jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices de ONE, l'ONG de lutte contre l'extrême pauvreté, unissent leurs voix dans une lettre à destination du Président de la République Emmanuel Macron. Leur objectif : que la France s'engage de façon ambitieuse lors du Partenariat Mondial pour l'Education qui aura lieu les 28 et 29 juillet 2021.

ONE FRANCE
ONG internationale de plaidoyer et de campagne pour lutter contre l'extrême pauvreté
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Nous sommes 50 jeunes engagé·e·s pour un monde qui ne laisse personne sur le bord du chemin, un monde où l’éducation est un droit fondamental. Nous nous sommes engagé·e·s car nous croyons en la possibilité d’un monde plus juste, solidaire et durable. Aux côtés de ONE, nous menons campagne pour en finir avec l’extrême pauvreté et les maladies évitables d’ici 2030, afin que chaque enfant, qu’il ou elle vive à Paris ou Nairobi, puisse mener une vie digne et pleine de possibilités.

La lutte contre l’extrême pauvreté et les maladies évitables est notre mission, la solidarité internationale, la justice sociale et la dignité sont nos valeurs. Nous avons des horizons et des parcours différents, mais aujourd’hui nous vous interpellons car nous partageons le même constat : M. le Président de la République, il faut agir.

Depuis plus d’un an, la pandémie du COVID-19 a ébranlé nos systèmes de santé, nos modes de vie, nos économies et l’accès à l’éducation. Les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur les systèmes éducatifs sont déjà alarmantes : rien qu’en 2021, 70 millions d’enfants - soit plus de la moitié des enfants de dix ans du monde entier - risquent de ne pas maîtriser les fondamentaux de la lecture et de l’écriture attendus d’un enfant de cet âge.

Les filles sont particulièrement touchées : 20 millions d’entre elles pourraient ne jamais retourner à l’école à la fin de pandémie. Or, nous savons à quel point l’éducation des filles est essentielle pour leur autonomie économique, mais aussi pour lutter contre les mariages précoces, participer au progrès de l'économie mondiale et faire évoluer les enjeux environnementaux.

Monsieur le Président, en 2021 la question de l’accès à une éducation de qualité sera centrale, lors du G7 de Londres et du Forum Génération Égalité. Mais ce n’est pas tout : la France a aussi un rendez-vous avec l’histoire, les 28 et 29 juillet, pour la cinquième reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (PME). Ici, comme souvent, le collectif fait la force et la France a les moyens de donner une impulsion puissante à ce partenariat mondial ambitieux.

Le PME est le plus grand fonds international dédié à transformer l’éducation dans les pays à faible revenu en vue de permettre son accès à toutes et tous, partout. Le PME place les pays partenaires au cœur de sa réflexion et les aide à accélérer le changement vers une éducation de qualité pour des millions de filles et de garçons. Depuis 2002, le PME a aidé plus de 70 pays à scolariser 82 millions de filles supplémentaires, et près des trois quarts des pays partenaires ont atteint la parité dans les taux d’achèvement de la scolarité.

L’éducation, au-delà d’être un droit humain fondamental, est un investissement sur l’avenir et pour l’avenir. Cet investissement, économique et profondément humain, permettra à 2 millions de jeunes filles d’échapper au mariage précoce, de sauver 3 millions de vies et de sortir 18 millions de personnes de la pauvreté. En 2018, la France faisait déjà figure de championne de l’éducation en co-présidant la conférence de reconstitution du PME en partenariat avec le Sénégal.  

Il est important que la France s’engage financièrement en allouant une plus grande part de son aide publique au développement aux services sociaux fondamentaux, dont l’éducation. Par ailleurs, nous attendons de la France qu’elle contribue à hauteur de 500 millions d’euros lors de la reconstitution des ressources du PME. Cette somme permettrait de garantir l’apprentissage de 20 millions d’enfants, d’assurer à 16 millions d’élèves des enseignant·e·s formé·e·s et de scolariser 10 millions d’enfants supplémentaires dont la moitié sont des filles.  

La France doit prendre position pour défendre un avenir où l’accès à une éducation de qualité pour les enfants du monde entier, en particulier les filles, ne soit pas une question de privilèges. Un avenir dans lequel chaque enfant de 10 ans est capable de lire et comprendre une histoire. 

Monsieur le Président, vous, plus que quiconque, avez le pouvoir d’agir pour empêcher la catastrophe éducative et permettre à des millions d’enfants de retrouver le chemin de l’école. Chaque enfant devrait avoir l’opportunité de développer sa connaissance et de se construire l’avenir qu’il entend, qu’il soit au bout de la rue ou à l’autre bout du monde. Monsieur le Président, montrez que la France est à la hauteur, nous comptons sur vous. 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre profond respect.

ABONNENC Marion, BOS Camille, CHICA Laëtitia, COPIN Lysiane, EL AIDI Inas, FONKOUA Camille, GAPIHAN Marine, JORDANA Manon, LIOTARD Elise, NAUD Mathilde, PARSOUD Céline, REGNAULT DE LA MOTHE Juliette, TOUIL Lilia, ZELLOUFI Chaïma

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Maltraitance en Ehpad : une indignation feinte et insuffisante
Les pouvoirs publics font mine de découvrir que le puissant groupe Orpea se joue des règles dans ses Ehpad. Mais la maltraitance, les conditions de travail dégradées et la répression syndicale sont sur la table depuis des années,  sans que jamais le système de financement ne soit remis en cause.
par Mathilde Goanec et Leïla Miñano
Journal — France
Macron 2017 : la preuve que l’affaire a été enterrée
Le préfet Cyrille Maillet, nommé par Emmanuel Macron à la tête d’un service du ministère de l’intérieur, a personnellement classé l’enquête concernant des prestations de sécurité suspectes durant la campagne présidentielle, avec des motifs fallacieux et contre l’avis de trois sous-directeurs.
par Fabrice Arfi, Antton Rouget et Marine Turchi
Journal
La grande colère des salariés d’EDF face à l’État
Ulcérés par la décision du gouvernement de faire payer à EDF la flambée des prix de l’électricité, plus de 42 % des salariés du groupe public ont suivi la grève de ce 26 janvier lancée par l’intersyndicale. Beaucoup redoutent que cette nouvelle attaque ne soit que les prémices d’un démantèlement du groupe, après l’élection présidentielle.
par Martine Orange
Journal
Gérald Darmanin, le ministre qui dissout plus vite que son ombre
Après une manifestation antifasciste à Nantes, le ministre de l’intérieur a annoncé son intention de dissoudre le collectif « Nantes révoltée », animateur d’un média alternatif local. Outil administratif conçu contre les groupes factieux, la dissolution est avant tout utilisée comme une arme de communication et de neutralisation politique. 
par Camille Polloni

La sélection du Club

Billet de blog
Un système pénal à abolir : perspectives féministes
Dans son essai Pour elles toutes. Femmes contre la prison, Gwenola Ricordeau propose une réflexion sur l'abolition du système pénal (police, justice, prison) d'un point de vue féministe, à contre-courant des courants dominants du féminisme qui prônent un recours toujours plus accru au pénal.
par Guillaume_Jacquemart
Billet de blog
« Rien n’a été volé »
Chronique d'audience. Abderrahmane B., pas même vingt ans, né à Alger et SDF a été arrêté avant le week-end. Il comparaît pour un vol à la roulotte. Néanmoins, il y a une difficulté dans la qualification de l’infraction : rien n’a été volé.
par La Sellette
Billet de blog
Le bracelet électronique, facteur et révélateur d'inégalités
Chercheur à l’École normale supérieure, Franck Ollivon propose une approche géographique du placement sous surveillance électronique. Il analyse notamment la façon dont, en reposant sur la restriction spaciale, le bracelet redessine les contours d’un espace carcéral, dans lequel les situations individuelles des placés sont inévitablement facteurs d’inégalités.
par Observatoire international des prisons - section française
Billet de blog
Fermer une prison, y ouvrir une école et un musée
« Ouvrir une école, c’est fermer une prison », aurait dit Victor Hugo. Avec la fermeture imminente de la prison de Forest, un projet stratégique unique se présente aux acteurs politiques bruxellois : traduire la maxime d’Hugo en pratique et, en prime, installer un musée de la prison au cœur de l’Europe ! Par Christophe Dubois
par Carta Academica