Éviter le pillage monétaire

Impossible de rester de marbre quand on apprend que la France perd chaque année environ 80 Milliards d'euros à cause de l'optimisation fiscale des entreprises multi-nationales !

    Alors que les derniers gouvernements nous ont souvent parlé de suppressions d'emplois en masse, impossible de rester de marbre quand on apprend via une vidéo très documentée de DATAGUEULE que la France perd chaque année environ 80 Milliards d'euros à cause de l'optimisation fiscale des entreprises multi-nationales !
    Si cette somme colossale (équivalente à 13 fois le montant du déficit de la sécurité sociale) pourrait facilement être récupérée en embauchant des centaines d'inspecteurs des impôts et de procureurs dont les salaires seraient largement rentabilisés, l'État ne semble pas enclin à poursuivre en justice les organismes privés avec lesquels il entretien une certaine connivence…
    Face à cet état des lieux peu reluisant, certaines personnes courageuses prennent le risque de devenir lanceurs d'alerte pour informer les citoyens de cette mauvaise répartition des richesses : WikiLeaks, Panama Papers, LuxLeaks. Les révélations s'enchaînent depuis quelques années et tout un chacun comprend que la Deutsche Bank, Apple, Amazon, Ikea, … ne jouent pas le jeu : ces multinationales ne paient que 3% d'impôts là où une honnête petite entreprise familiale française participe à l'effort commun à hauteur de près de 23 à 30% de son chiffre d'affaire. Équitable ? Certainement pas !
    Oui mais que peut-on faire à notre échelle pour lutter contre l'évasion fiscale quand on ne détient pas d'informations capitales ?
    N'oubliez-pas qu'en tant que consommateur nous disposons tous d'un pouvoir individuel au moins équivalent au bulletin de vote : le boycott. Cette pratique consiste à ignorer volontairement les produits ou services proposés par une entreprise afin de la sanctionner pour ses pratiques douteuses. N'ayant pas de liste des entreprises que je boycotte, je vous incite simplement à réfléchir  aux sociétés à qui vous donnez de l'argent pour vous nourrir, téléphoner, gérer vos comptes, …
    Posez-vous des questions sur chacune d'elle : à qui appartient-elle ? A-t-elle déjà délocalisé l'un de ses services à l'étranger pour des raisons économiques ? Est-ce qu'elle possède une filiale dans un paradis fiscal ? Fait-elle travailler des enfants ? Est-ce qu'elle spécule sur le malheur ou la misère d'autrui ? Pollue-t-elle l'environnement ? Etc. Si la réponse à au moins une de ces questions ne vous convient pas, sachez prendre la décision de ne plus acheter ses produits ou faire appel à ses services (dans la limite du possible évidemment).
    Cette politique personnelle d'achat peut être complétée d'un autre outil qui lutte efficacement contre l'accaparement des richesses par un petit nombre : les monnaies locales complémentaires.
     Késako ? C'est une monnaie à cours légal (comme l'euro), à la différence qu'elle participe au développement d'une économie respectueuse des personnes et de l'environnement à travers la mise en place de circuits courts.
    Dans le pays de Brest, la monnaie locale complémentaire est l'Heol (dont j'ai rejoint le réseau en tant que structure depuis Juin 2016), sur Morlaix il s'agit du  Buzuk, sur Rennes c'est le Galleco, etc. Renseignez-vous dans votre ville ! Elles sont nombreuses et c'est justement cela qui fait leur force car on ne peut les dépenser que dans un réseau de structures locales respectant une charte éthique, l'argent circule ainsi plus souvent et génère davantage de richesses, le tout sans jamais sortir du territoire délimité, chouette non ?
    Pour vous y mettre petit à petit et sans pression, commencez par changer des montants très faibles puis faites quelques courses dans les structures du réseau, quitte à compléter votre paiement en euros les premières fois. Ainsi, vous saurez petit à petit le montant de monnaie locale qu'il vous faut chaque mois, sans compter que c'est un excellent moyen d'éduquer vos enfants et petits-enfants sur les nombreux pouvoirs de l'argent (comme créateur de lien social par exemple) et les conséquences bonnes ou mauvaises qu'impliquent le fait de le dépenser à un endroit ou à un autre…
    Voilà, ça soulage de faire une bonne action hein ? En tout cas, rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle action individuelle vers un monde meilleur et d'ici-là portez-vous bien ! =)

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