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Billet de blog 26 févr. 2022

L’héritage, un truc de bourgeois.

Point sensible de cette présidentielle, la réforme de l’héritage, soutenue par la gauche, n’est que très peu abordée dans le débat public. Cette réforme consisterait à taxer plus lourdement l’héritage des familles les plus riches. L’argent taxé serait ensuite redistribuer à l’ensemble de la population. Réforme donc d’intérêt général, elle est pourtant contestée par la majorité des français.e.s.

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Manifestation Loi retraite 2018, Rennes © Clémence Rio


Qu’est-ce que l’héritage ?

L’héritage est le patrimoine laissé par une personne à son décès. Il concerne tout un ensemble d’objets. On parle d’héritage culturel et de biens par exemple. La réforme soutenue par la gauche ne concerne cependant que l’héritage de biens et l’héritage financier. 
En France, la moitié des français.e.s n’hérite de rien ou très peu. À contrario, 10% des français.e.s touchent plus de 500 000€ et 1 français.e.s sur 1000 touche plus de 13 millions d’euros. Au total, les 10% des français.e.s les plus riches possèdent la moitié du capital qui tend à être hérité. Les richesses sont donc concentrées chez une toute petite partie des français.e.s : les classes dominantes.
En dessous d’un certain seuil, l’héritage n’est soumis à aucune taxe. La grande majorité des français.e.s n’est donc pas concernée par ce système de taxation. Pourtant, les français.e.s ne voient pas d’un très bon œil la réforme sur les droits de succession proposée par les partis de gauche. 
Pour faute, la taxation sur l’héritage serait un principe « confiscatoire ». Taxer les successions les plus élevées pour les redistribuer à la population serait confisquer le travail de toute une vie et opposé à l’idée de « méritocratie ».

Citation Orsinos. © Clémence Rio


Le mythe du smicard

Cela dit, quel prolétaire a travaillé toute sa vie pour mettre de côté 100 000€ par enfants ? Le mythe du « smicard » travaillant toute sa vie et s’enrichissant de son smic est totalement fictif. 
Les sociologues et scientifiques le démontrent, ces sommes transmises par les familles les plus riches ne sont pas le résultat de toute une vie de travail acharné, mais le fruit d’un héritage transmis génération après génération. Autrement dit, ces sommes sont le résultat d’une accumulation d’avantages (économiques, sociaux, etc.) tout au long de la vie des riches héritiers. Il n’y a aucune notion de mérite personnel dans la transmission de ces montants. Les familles Arnaud et Pinault en sont l’exemple type.

Bénéfices pour toutes et tous

Ainsi, plus les décennies passent, plus le capital se concentre et plus l’héritage pèse dans la reproduction de classe et d’inégalités toujours plus importantes. La réforme de l’héritage cible donc seulement les familles les plus riches et la concentration des richesses. A contrario de l’imaginaire commun, c’est une réforme bénéfique à l’ensemble des français.e.s. 
Par la taxation des successions les plus conséquentes et la redistribution des bénéfices engrangés, la réforme permettrait d’améliorer la qualité de vie de la majorité des français.e.s et leur pouvoir d’achat. Les recettes engrangées pourraient servir à financier des dépenses publiques ou des aides sociales (des bourses plus conséquentes pour les étudiant.e.s et jeunes précaires par exemple) ; réduire les impôts des ménages ; ou bien mettre en place un capital « garantie pour toutes et tous » versé à la majorité (10 à 40 000€ par exemple).

Cette réforme vise à enrayer la reproduction sociale par l’héritage et vise une répartition des richesses plus équitable. L’inquiétude des français.e.s face à cette réforme est infondée. Il est urgent de repenser notre système de droits de succession et cette réforme serait une première étape pertinente.

Rédaction par Clémence Rio & François Perdriau - Orsinos.

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