Municipales: 200 candidats demandent plus de trains de nuit !

Après avoir souffert de sous-investissement pendant des années, le train de nuit est aujourd’hui perçu avec un regain d’intérêt en Europe comme en France. 200 candidats aux municipales se sont engagés à agir pour la relance des trains de nuit. Voici un tour de France des candidats dans les principales métropoles.

Le secrétaire d’État aux transports Jean-Baptiste Djebbari a confirmé l'intérêt des trains de nuit : « Nous avons beaucoup d’ambition pour les trains de nuit en France et dans les discussions que j’ai pu avoir avec le président de la République, je partage ça avec lui, nous allons dans les semaines, dans les mois qui viennent avoir une politique de promotion et de redynamisation des trains de nuit. »

Signe de la tendance, dans la plupart des métropoles, au moins un des principaux candidats s’est engagé à promouvoir les trains de nuit :

200 candidats aux municipales s'engagent pour les trains de nuit 200 candidats aux municipales s'engagent pour les trains de nuit

A Paris, pour Anne Hidalgo « il est tout à fait crucial d’adopter un plan de relance du ferroviaire pour diminuer l’attractivité de l’automobile ou de l’avion sur les longues distances. Pour réussir la transition énergétique [...] les lignes de trains de nuit ont et auront bien évidemment tout mon soutien ». Sur la métropole de Lyon, Bruno Bernard se dit prêt à accorder aux trains de nuit une subvention égale ou supérieure à celles des lignes aériennes. A Marseille, Sébastien Barles déclare « Nous sommes pour les trains de nuit, véritable outil de mobilité peu polluante ». A Nice, pour Jean-Marc Governatori, « Aujourd’hui Easyjet propose ces liaisons à des tarifs indécents. Le train de nuit permettrait de connecter Nice aux autres grandes villes, de faire venir des touristes dans notre ville sans avion, et il serait aussi utile pour les travailleurs dans leur mobilités longue-distance ».

A Montpellier, Michaël Delafosse est « très favorable à un développement des trains de nuit qui permettrait de réduire la congestion automobile dans cette période d'urgence climatique ». A Toulouse, Antoine Maurice veut développer le train, avec le RER Toulousain, des TER, des Intercités et des trains de nuit. A Bordeaux, pour Pierre Hurmic « Le train de nuit est une excellente alternative au transport aérien. Il est indispensable de le développer si nous voulons atteindre les objectifs de la COP 21.» 

A Poitiers, Léonore Moncond'huy a « pris l’engagement d’arrêter de subventionner l’aéroport de Poitiers, petit aéroport structurellement déficitaire. Cette décision doit s’accompagner par un soutien affirmé aux alternatives existantes [...] Les trains de nuit sont une alternative responsable majeure, qui doit faire l’objet de politiques publiques volontaristes ». Pour Julie Laernoes à Nantes, « Le train de nuit est une très bonne solution pour les longs trajets en France et en Europe. » À Tours, Emmanuel Denis soutient la pétition du collectif Oui au train de nuit www.change.org/p/ouiautraindenuit et propose « la création d’un Club des villes et territoires ferroviaires, sur le modèle du Club des villes et territoires cyclables, pour promouvoir le redéploiement du train comme moyen de transport efficace, démocratique et populaire ».

Stéphane Baly, candidat à Lille, rappelle que « l'atout du train de nuit pour réduire l’impact climatique des déplacements longue distance de 800 km à plus de 1200 km, trop souvent effectués en avion n'est plus à démontrer. Pour diviser par 2 nos émissions de gaz à effet de serre en 10 ans, le redéveloppement d'une offre train de nuit (type ÖBB) est indispensable. » A Nancy, Laurent Hénart analyse que « afin de décongestionner l'axe autoroutier européen sur lequel Nancy est positionné, il me semble essentiel d'encourager le report de la voiture vers le transport ferroviaire, alternative la plus capacitaire. Nous voulons ainsi conforter l'axe ferré Nord/Sud vers le Luxembourg et la Méditerranée. [...] les trains de nuit offrent de réelles perspectives pour développer les dessertes de notre territoire, en parfaite complémentarité avec les liaisons TGV ». Son concurrent Mathieu Klein surenchérit « Comme beaucoup de Français, je fais le constat de la faiblesse du réseau actuel de trains de nuit. Il s’agit pourtant d’une solution de mobilité à la fois bas-carbone et économique, constituant une alternative crédible à l’avion pour voyager en Europe et un complément à l’offre de TGV. »

Pour clôturer ce tour de France, Jeanne Barseghian rappelle que « Strasbourg a une place particulière dans la géographie de l’Europe et dans la position politique européenne. Le développement des lignes de trains de nuit qui passent par Strasbourg permet finalement de raccorder Strasbourg à presque toute l’Europe politique sans devoir recourir à l’aérien. ».

Sur l’ensemble de la France, 200 candidats se sont engagés pour les trains de nuit, dans des communes de toutes dimensions. Les électeurs peuvent découvrir toutes leurs réponses, et il est encore temps pour les candidats qui ne l’ont pas encore fait de s’engager à travers la plateforme internet https://ouiautraindenuit.wordpress.com/municipales-2020/ 

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