Le doigt de trop

C’est le geste qu’il ne fallait pas faire. Un doigt, un simple doigt qui se lève, manifestation de la colère accumulée sous les coups, les insultes, dans le gaz et les tirs de LBD. C’est ce qui nous a valu la terrible image de l’arrestation de Gaspard Glantz visage fermé et crispé par la hargne, emmené tel un forcené par cinq agents de police loin de la foule vers son lieu de mise en garde à vue.

C’est le geste qu’il ne fallait pas faire. Un doigt, un simple doigt qui se lève, manifestation de la colère accumulée sous les coups, les insultes, dans le gaz et les tirs de LBD. C’est ce qui nous a valu la terrible image de l’arrestation de Gaspard Glantz visage fermé et crispé par la hargne, emmené tel un forcené par cinq agents de police loin de la foule vers son lieu de mise en garde à vue.

Un doigt de trop vers la limitation de la liberté de la presse que des rédactions ont déjà anticipée et qui nous vaut par le truchement de l’autocensure de la socialisation par frottement avec la classe politique un classement RSF au 32ème rang. Orgueil de la France, un J’accuse formalisé en un classement standardisé.

Un doigt de trop comme l’arrestation d’un reporter indépendant, Alexis Kraland, à la sortie du train, armé d'une caméra qui sera interpellé et gardé à vue pendant huit heures pour rébellion puisqu’il refuse de se soumettre au contrôle des forces de l’ordre et que les fonctionnaires considèrent et que sa caméra est une arme par destination.

Un doigt de trop comme ceux que des manifestants ont perdu au cours des vingt-trois journées de protestation populaire contre la violence de l’injustice indifférente.

Hier la France pleurait un monument de son patrimoine. Tristes et bouleversantes images mais qui seront bien vite effacées par la compétence de quelques artisans.

Aujourd’hui elle devrait crier d’angoisse devant la menace manifeste à l’un des piliers les plus fondamentaux de la Démocratie : l’arrestation de deux reporters, les tirs de LBD sur des journalistes, l’autocensure manifeste des journalistes dans les rédactions, l’omniprésence de Panglos sur les plateaux de chaînes d’information.

Une situation qui n’est pas un simple incendie que l’on peut éteindre par l’effort concerté d’hommes et de femmes courageux qui consacrent leur vie à la lutte contre l’appétit dévorant des flammes mais une véritable menace contre l’équilibre d’un pays qui se répand silencieusement.

 

L’angoisse d’un temps.

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