Inédit : la voix de Clemenceau en images d'archives

« Clemenceau, un Tigre au palais Bourbon » est le titre d’une exposition qui fut présentée à l’Assemblée nationale, à l'occasion du Centenaire de l'Armistice. Avec pour la première fois, l'unique enregistrement connu de la voix de Georges Clemenceau dans un petit film inédit !

Clemenceau devant son monument à Sainte-Hermine (Vendée). © Archives Claude Bujeaud, photo Jean Tournassoud. Reproduction interdite. Clemenceau devant son monument à Sainte-Hermine (Vendée). © Archives Claude Bujeaud, photo Jean Tournassoud. Reproduction interdite.

Dans le cadre de l’Année Clemenceau (1918-2018), l’expo au Palais Bourbon en l'honneur du parcours politique hors du commun de Georges Clemenceau (1841-1929), a permis de mettre en avant une pépite d'archives : un petit film retrouvé en Angleterre. C’est un petit tournage de moins de deux minutes, qui serait l’unique enregistrement connu de la voix du « Tigre » associée à des images, laissant transparaître aussi tout le caractère du « Père la Victoire ». Ces images sonores furent tournées à Saint-Vincent-sur-Jard (littoral vendéen). Clemenceau y loua au crépuscule de sa vie « sa bicoque », havre de paix où il écrit et reçoit ses ami(e)s. Le peintre Monet l’a aidé à y « dessiner » son jardin. Où les roses étaient reines ! Voilà ce document unique !

La vidéo originale publiée par British Movietone en 2015

Inédit : la voix de Clemenceau à Saint-Vincent-sur-Jard (littoral vendéen). © Archives AP/British Movietone

Les bancs de l’Assemblée nationale, Clemenceau les a connus en 1871, et de 1876 à 1893. Chef du Parti radical, il fut aussi sénateur, président du Conseil de 1906 à 1909, avant d’être rappelé au pouvoir en 1917. Né à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), dans le même village que Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), Georges Clemenceau reste un homme de convictions qui a marqué l’histoire de France par ses engagements politiques, pendant plus de cinquante ans, de la Commune à la Première Guerre mondiale : figure de la gauche radicale, « tombeur de ministères », mais aussi journaliste à L’Aurore, engagé notamment dans l’affaire Dreyfus, et « Père la Victoire » aux côtés des poilus. Le « premier flic de France », créateur des Brigades du Tigre, est inhumé à Mouchamps (Vendée), pas très loin de Saint-Hermine, où le sculpteur Sicard lui a érigé un ouvrage monumental.

Anecdotes : Clemenceau souhaita emmener dans la tombe, et dans l'au-delà, la canne à pommeau de fer de sa jeunesse ; un petit coffret avec un petit livre que sa mère lui avait offert, et deux bouquets de fleurs desséchées, offerts par des poilus, placés dans deux obus... Le Tigre n'est pas non plus enterré debout, selon une légende tenace parfois. Mais son cercueil est très légèrement incliné, en raison d'un terrain rocheux qui gêna le travail des deux fossoyeurs...

À lire : « Clemenceau, Édition du Centenaire », par Michel Winock (Perrin), relié, illustré, 570 pages, 35 €.

PORTRAIT : Clemenceau et la Vendée

Clemenceau et la Vendée © France 3 Pays de la Loire

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