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Billet de blog 10 décembre 2014

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nucléaire iranien: les raisons d'un désaccord.....

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Le 25 Novembre dernier, les négociations internationales sur le nucléaire iranien, entre les 5+1 ( Iran, Etats Unis, Russie, France, Grande Bretagne, Union Européenne), se sont soldées par un échec, et un constat de désaccord, alors que ces négociations avaient été initiées il y a onze ans, suite à un vote du Conseil de Sécurité, et qu'un accord préliminaire avait été signé l'an dernier, à la même date. Entre les deux parties, la méfiance est de mise: les occidentaux soupçonnent Téhéran de vouloir se doter d'un programme nucléaire militaire clandestin (en violation du traité de non prolifération nucléaire, dont l'Iran est signataire depuis 1973), ce que la République des mollahs dément, malgré tout. Des divergences importantes persistaient. D'une part, Téhéran souhaitait une levée immédiate et totale des sanctions économiques à son encontre, ce que les occidentaux n'étaient pas prêts à lui accorder, du moins sous cette forme. D'autre part, la République Islamique voulait augmenter le nombre de ces centrifugeuses, nécessaires à l'enrichissement de l'uranium, alors que la partie adverse désirait, au contraire, voir le nombre de ces centrifugeuses diminuer sensiblement. Parallèlement, un désaccord persistait sur la centrale nucléaire à eau lourde d'Arak, actuellement en construction, et qui doit servir à produire du plutonium, lequel peut entrer dans la composition d'une bombe atomique. Les 5 négociateurs occidentaux auraient voulu voir s'opérer la transformation de cette centrale en usine à eau légère, pour écarter une épée de Damoclès sur la tête de la communauté internationale. L'Iran, quant à elle, a toujours prétendu que cette centrale en construction n'avait vocation qu'à alimenter "la Recherche Scientifique", plutôt qu'un objectif militaire clandestin. Le scepticisme des occidentaux à prévalu devant le refus de Téhéran d'accepter leur proposition....

  Derrière cette absence d'accord sur le dossier du nucléaire iranien, se cache un contentieux plus lourds encore, sur la question des Droits Humains; l'ONU reprochant à la République Islamique d'Iran son absence de progrès dans ce domaine: un rapport accablant du Conseil des Droits de l'Homme a signalé récemment une situation alarmante en Iran. Plus d'un millier de personnes ont été exécutées, depuis l'élection du président Rohani, en Juin 2013. La torture est systématique dans les prisons. Les femmes subissent de nombreuses discriminations, comme ces iraniennes victimes d'attaques sauvages à l'acide, en Octobre dernier, parce qu'elles refusaient de se soumettre au code vestimentaire en vigueur. Les auteurs de ces crimes n'ont toujours pas été arrêtés ni punis. Quant à Nasrin Sotoudeh, après avoir été libérée de prison, elle s'est vue interdite de travailler et d'exercer son métier d'avocate pendant trois ans: une mesure d'intimidation qui vise celle qui s'était illustrée comme un symbole, dans la défense des opposants politiques lors du printemps de Téhéran de 2009. Par ailleurs, des militants de l'OMPI, emprisonnées à la prison de Evine, ont été l'objet de représailles sauvages, en Avril dernier, alors qu'ils étaient en grève de la faim, parce que l'un des leurs avait été transféré dans une autre prison pour y être exécuté, et alors qu'ils souhaitaient alerter la communauté internationale sur leur triste sort.

 Tous ces éléments ont peut-être pesé lourds, dans le refus de la communauté internationale de signer un accord final avec Téhéran, sur le nucléaire iranien, et de refuser ainsi une coopération plus large, avec la République des mollahs, notamment sur la lutte contre Daech, en Iraq et en Syrie. Et ce, d'autant plus, que des milices chiites irakiennes, totalement inféodées à la République Islamique d'Iran, ont revendiqué une bonne partie des attaques perpétrées contre la coalition angloaméricaine depuis 10 ans, et ont  également commis de nombreuses exactions contre les populations civiles irakiennes, pendant cette période.

  Les négociations se poursuivent néanmoins, et promettent d'être encore longues et interminables, dans l'espoir hypothétique d'empêcher l'Iran de se doter de cette fameuse arme nucléaire, source d'instabilité diplomatique fort probable....

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