Greta Thunberg: un bain de jouvence bienvenu!

l'Assemblée Nationale a reçu, ce Lundi 23 Juillet 2019, la jeune activiste écologiste Greta Thunberg, ainsi que quelques uns de ses très jeunes camarades du réseau "Youth for the climat". L'occasion pour ces jeunes de présenter aux élus leurs préoccupations sur la question climatique, et expliquer le sens de leur démarche, qu'ils estiment plus citoyenne que politique!

Ce Jeudi 23 Juillet, se déroulait, à l'Assemblée Nationale, dans la salle Victor Hugo, une réunion publique, en présence la jeune activiste suédoise Greta Thunberg, de jeunes impliqués dans le réseau "Youth for the climat", et une représentante du GIEC, scientifique de haut niveau. Ces participants étaient invités par un collectif transpartisan de députés du Parlement, emmené par Mathieu Orphelin, pour permettre à la jeunesse d'aujourd'hui, de faire passer un message d'alerte ou exprimer son inquiétude à la Représentation nationale, sur un sujet brûlant, touchant à l'actualité du siècle en cours.

  Greta Thunberg, âgée de 16 ans, qui a pris une année scolaire sabbatique, pour défendre la cause du climat sur différents endroits de la planète, a présenté sa démarche, en la justifiant par sa référence aux travaux scientifiques du GIEC: elle a cité le dernier rapport de cette instance internationale, en expliquant les dangers qu'il y avait à ne pas réussir à faire respecter les accords de Paris de 2015, dits accords de la COP 21. De gros efforts doivent être entrepris, d'ici 2030, a-t-elle martelé, pour lutter contre ce réchauffement climatique et la libération de gaz carbonique dans l'atmosphère, et tâcher de limiter les augmentations de température à 1,5 degrés voire 2 degrés d'ici la fin du siècle. En se référant au rapport du GIEC elle n'a pas caché son pessimisme, exhorté les députés à agir de manière positive contre le dérèglement climatique, et expliqué, qu'à son goût, aucun pays de la planète n'en faisait assez sur cette question.

  D'autres jeunes, français cette fois, pour beaucoup de très jeunes femmes, sont intervenus à la tribune, pour expliquer les raisons de leur engagement citoyen et de leur combat: ils ont participé aux manifestations sur le climat, pour certains en Bretagne, à Rouen, ou ailleurs, parallèlement à leur scolarité ou malgré leur scolarité. Ils ont expliqué qu'ils étaient déterminés par l'urgence que leur génération perçoit face à cette question, qui menace l'avenir de la planète et du genre humain. Un député présent à la tribune et représentant le collectif d'élus ayant invités ces jeunes a cité une phrase de Victor Hugo: "quand la nature s'exprime, il est triste de voir que le genre humain ne l'écoute pas", soulignant ainsi la nécessité, symboliquement, d'un passage de témoins, entre plusieurs générations, pour permettre aux pouvoirs publics de prendre des mesures politiques, économiques, industrielles, efficaces, pour contenir la catastrophe climatique et/ou écologique, qui s'annonce dans les décennies ou siècles à venir. La responsable scientifique du GIEC a rappelé les dangers prévisibles à venir sur la planète, mais aussi en France (sècheresses, inondations, canicules, intempéries, phénomènes climatiques extrêmes,etc), et la nécessité pour les pouvoirs publics d'organiser des politiques publiques afin d'éviter ou de repousser le plus possible la catastrophe annoncée.

 Les intervenants à cette réunion ont du répondre également aux nombreuses polémiques qu'ont suscité leur invitation et leurs interventions: ils ont précisé que leur rôle se limitaient à celui de lanceurs d'alerte et qu'ils n'avaient pas le pouvoir de prescrire des solutions politiques sur les questions scientifiques et/ou économiques qu'ils posaient. Ils ont dû répondre à certaines critiques de députés de droite mais aussi de gauche. Quelques jours avant la tenue de cette réunion publique, certains élus ont indiqué qu'ils avaient décidé de boycotter cette réunion à l'Assemblée nationale, et ont accusé la jeune activiste suédoise d'être "manipulée par des gourous apocalyptiques, des écologistes catastrophistes", de se comporter en "prophétesse en culotte courte", ou de constituer une simple attraction médiatique, à la manière de "Flipper le dauphin". Quant à Michel Onfray, il a reproché à la jeune femme (et aux autres jeunes qui l'accompagnaient?) de se comporter comme un (des) "singe(s) savant(s)", faisant "la leçon à tout le monde". Face à ces discours condescendants, la jeune Greta a répondu que sa volonté de faire "l'école buissonnière" temporairement, ne témoignait pas d'un mépris pour l'institution scolaire, contrairement à ce qu'affirmaient certains, mais d'une volonté d'affirmer sa démarche et sa conscience citoyenne, face à un danger qu'elle estime imminent. Elle fut rejointe dans cet argumentaire par les autres jeunes adolescentes du mouvement "youth for the climat", qui expliquèrent que travailler dans l'urgence pour un meilleur futur, dans l'immédiat, pouvait leur permettre ensuite d'appréhender avec plus de confiance l'avenir de leurs études. Il fut également reproché aux jeunes gens, par les députés de la France Insoumise, sur un ton quelque peu paternaliste, de ne pas prendre position sur l'accord du CETA, ou accord de libre échange entre l'Europe et le Canada, dont le vote solennel avait lieu, le jour même, à l'Assemblée Nationale, au Palais Bourbon, et qui suscitait de nombreuses inquiétudes sur les questions environnementales, notamment au niveau de l'agriculture, et au niveau du rôle des tribunaux arbitraux, et/ou du respect de l'accord de Paris sur la COP 21! L'un des jeunes participants, ayant tout juste obtenu son bac cette année, a expliqué que le réseau "youth for the climat" n'avait pas pris position sur le CETA, car il n'y avait pas de consensus sur cette question, au sein de son réseau, même si de nombreuses personnes avaient un avis personnel sur le sujet. De même ils ne s'étaient pas prononcés sur la question de la décroissance. Greta Thunberg a expliqué que les enfants n'avaient pas vocation à avoir des avis sur tous les sujets, ni à "éduquer leurs parents", mais qu'elle, à titre personnel, attirait l'attention des politiques sur les rapports scientifiques en cours, afin de les inciter à prendre en compte les alertes reçues et adopter, en conséquence et en conscience, les décisions politiques qui s'imposaient, et concernaient, comme l'a rappelé la responsable scientifique du GIEC, les investissements nécessaires à réaliser pour modifier, transformer les modes de transports, d'alimentation, de constructions, et plus généralement de consommation, en France et dans le monde. Ceci afin de limiter la consommation carbone, l'empreinte écologique sur la planète, et éviter les désordres tant redoutés!

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