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Billet de blog 25 septembre 2018

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Iran: attaque du gouvernement au missile contre les kurdes!

Au début du mois de Septembre, une attaque du régime iranien contre des mouvements d'opposition kurdes, confirme le climat de terreur entretenu par les autorités de Téhéran pour tenter de museler toute forme de contestation, pourtant grandissante, depuis quelques mois, dans tout le pays, dans un climat politique et économique délétère.

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Le 8 Septembre dernier, le gouvernement iranien a fait exécuter 3 militants kurdes, qui étaient en grève de la faim, et l'Etat iranien a lancé une attaque au missile contre les quartiers généraux du Parti Démocratique du Kurdistan Iranien et du Parti Démocratique du Kurdistan Irakien, dans la région de Kouyeh, ce qui a causé la morts de dizaines de ces militants. Face à cette répression féroce des autorités iraniennes contre des mou-vements d'opposition et minorité du pays, une grève des commerçants du bazar a été déclenchée le 12 Septembre dans les provinces occidentales du pays (Kurdistan, Kemanchah, et Azerbaîdjean occidental), pour protester contre ces brutalités du régime. Maryam Radjavi, la dirigeante de l'OMPI a indiqué que, suite à ces "bombardements" et au "climat de terreur" imposé par les autorités iraniennes, pour éteindre "le soulèvement du peuple iranien", celui-ci "récoltera la tempête et emportera ce voeu dans sa tombe", suggérant un renversement possible du régime, comme réponse à la répression.

En effet, depuis le mois de Janvier dernier, de très nombreuses manifestations ont secoué le pays, s'étendant dans plus de 140 villes du pays. Les revendications concernaient la vie économique, avec des protestations contre la vie chère, le chômage, la corruption et la gabegie, mais aussi la dénonciation du bellicisme et de la fuite en avant militaire. Les slogans entendus étaient volontiers sans appel: "Quittez la Syrie, pensez à nous" ou "A bas le dictateur". Alors que le mouvement social, en Janvier, s'était soldé par 8000 arrestations, celui-ci s'est poursuivi en Juin, avec la grève des camionneurs, puis en Août, avec un mouvement de protestations des métallurgistes, des infirmières, et des investisseurs spoliés. Au mois d'Août, un millier de manifestants, environ, ont été arrêtés.

  C'est dans ce contexte d'extrême tension qu'est survenu un attentat à Ahvaz, contre les forces militaires iraniennes, célébrant l'anniversaire du début de la guerre Iran/ Irak (1980/1988). Cet attentat, dirigé contre les pasdarans a fait 24 victimes. Le régime iranien a aussitôt accusé un groupe séparatiste arabe, le Front populaire et démocratique des arabes d'Ahvaz, originaire du Khouzestan, et "militant pour l'autodétermination, la liberté et l'indépendance", d'être responsable de cet attentat. Il a évoqué un complot ourdi par des puissances étrangères. Face à cet évènement, plusieurs remarques s'imposent: si l'on ne peut que regretter cette issue, manifestement, cet attentat est le résultat de la politique de terreur exercé par le gouvernement iranien contre sa population et contre ses opposants politiques les plus fermes, qui refusent la fuite en avant intégriste, obscurantiste et belliciste du régime iranien. D'autre part, en matière de terrorisme, le régime iranien semble bien mal placé pour donner des leçons: n'a-t-il pas tenté, en Juin dernier, de commettre un attentat, à Villepinte, contre l'opposition iranienne incarnée par l'OMPI? Attentat déjoué in extrémis par la police et la justice belge, qui ont réussi, avec la coopération de la police allemande, à mettre en cause un diplomate iranien en poste alors à l'ambassade d'Iran en Autriche! Depuis, même si les européens n'ont pas renoncé à l'accord sur le nucléaire iranien, contrairement aux américains, qui menacent de sanctions économiques les entreprises qui décideraient de se maintenir à Téhéran, la méfiance du gouvernement français à l'égard de la République Islamique commence à se faire sentir: d'une part, le quai d'Orsay déconseille actuellement ses ressortissants d'effectuer des voyages en Iran, que ce soit pour affaires ou pour raisons touristiques, et suggère à ceux-ci de reporter sine die ce type de déplacements, d'autre part il conditionne maintenant la nomination d'un nouvel ambassadeur français à Téhéran, à des explications de la part des autorités iraniennes, concernant les causes de cette tentative d'attentat à Villepinte. Cette dernière exigence a le don de faire hurler les responsables iraniens qui protestent contre "l'arrogance" française. Enfin, le ministre des affaires étrangères françaises, par la voix de Jean Yves le Drian, ne vient-il pas de rappeler qu'il demandait l'ouverture de nouvelles négociations avec les autorités iraniennes, sur la question du nucléaire iranien après 2025, mais aussi sur les interventions iraniennes en Syrie, au Yemen, ou au Liban, ou encore sur l'utilisation de missiles par le régime iranien? Cette attitude des autorités françaises, et la situation économique et politique explosive en Iran, risque de rendre encore plus nerveux les responsables iraniens, visiblement en grande difficulté actuellement.

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