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Billet de blog 26 février 2016

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Les élections en Iran: pas de changement en perspective....

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 Ce Vendredi 26 Février 2016, ont lieu en Iran les élections législatives, pour renouveler l'Assemblée Consultative Islamique, l'équivalnt de notre Assemblée Nationale, et l'élection de l'Assemblée des Expert, chargée de choisir le Guide Suprême de la République Islamique d'Iran, principal personnage de l' Etat iranien. Le Majli, l'organe législatif iranien, compte 290 députés, dont les compétences sont essentiellement limitées au domaine économique, le dernier mot revenant, dans les autres secteurs, ( politique étrangère, nucléaire, politique judiciare, relations hommes/femmes, etc) au Guide Suprême, Ali Khamenei, dont le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire, est absolu, dans les domaines précités.

 Dès lors, on peut se demander si ces élections vont changer quelque chose à l'avenir de l'Iran: l'ancien doyen de la faculté de Téhéran, Mohammed Maleki dans un article rédigé le 25 Février ( " pourquoi je ne participerai pas aux élections" ) pense que ces élections sont une véritable mascarade, mettant en scène "un marionnettiste", le Guide Suprême, et "des marionnettes", les candidats aux élections, dont le rôle et les propos seraient déjà dictés à l'avance . De ce fait la distinction entre candidats réformateurs et candidats réformistes, lors de cette élections, pour donner l'illusion d'un choix démocratique entre différents candidats, n'est qu'un leuure. Ainsi, François Colcombet, dans un article publié dans La Croix, ce mois ci, "l'enjeu des élections dans l'Iran théocratique", explique que sur les 3000 candidats réformateurs qui s'étaient présentés initialement pour l'élections, seuls " quelques dizaines" ont vu leurs candidatures retenues.ce qui veut dire que la très grande majorité des candidats présents, lors de l'élections, suit la ligne dure incarnée par le Guide Suprême Ali Khamenei, qui veut garder entièrement la main, sur ce scrutin. Le même processus de sélection a été opéré pour les candidats à l'Assemblée des experts, puisque seuls 160 candidats ont été sélectionnés, pour 88 élus. Le seul enjeu de ces élections, comme le souligne un article de Mediapart du 26 Février " Iran: des élections décisives pour un pays sous tension" , reste la succesion possible du Guide Suprême, qui atteint d'un cancer, devrait un jour ou l'autre passer la main. Mais Khamenei semble avoir verrouillé cette élection qui ne devrait pas apporter de surprise.

 Que penser de l'attitude du Président de la République Hassan Rohani? Si ce dernier semble mécontent que les candidats réformateurs ont été presque tous invalidés, il se garde bien de critiquer ouvertement le régime, et notamment les pasdarans, même s'il a admis que des phénomènes de "corruption" existait en Iran, notamment par le biais de la "contrebande". Surtout, depuis qu'il est au pouvoir, il a nommé comme ministre de la Justice, un certain Mostafa Pour Mohammadi, l'un des juges reponsables des "comités de la mort", lors du" massacre des prisons" de 1988,  auxquels seul l'Ayatollah Montazéri s'était opposé. Cela augure mal de sa politique judiciaire, en matière de respect des Droits Humains. Récemment, la fatwa de mort contre Salman Rushdie, l'écrivain britannique, a été réactivée, avec une récompense accrue pour son assassinat. Le président Rohani ne s'est pas opposé à cette annonce. Il doit avoir en tête la répression du printemps de Téhéran de 2009, lors de l'élection présidentielle truquée, et qui avait vu notamment le " mouvement vert" iranien et les révoltes populaires de manière générale étouffées par le pouvoir. Rohani n'avait-il pas dénoncé, en 1999, les éléments "séditieux" et les "voyous" qui protestaient dans la rue contre le régime, à l'appel d'étudiants contestataires? Le cjhangement ne semble pas pour cette fois ci, en Iran, malgré un accord économique signé récemment avec les occidentaux.

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