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Billet de blog 29 novembre 2015

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" un été à la Goulette".....souvenirs, souvenirs...

" un été à la Goulette", film franco tunisien, réalisé en 1996, traite du vivre ensemble à La Goulette, station balnéaire située dans la banlieue de Tunis, un été, en 1966. Le film met en scène une sorte de marivaudage amoureux, au sein de trois familles tunisiennes, représentatives du métissage culturel qui prévalait dans cette ville côtière, peu après l'indépendance.

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Souvenir, souvenir...

"un été à la Goulette" est un film franco-belgo-tunisien de Férid Boughédi, réalisé en 1996, qui relate la vie de résidents de la Goulette,
 située dans la banlieue de Tunis, l'été 1966, juste avant la guerre des 6 jours en Palestine. Les acteurs principaux sont Claudia Cardinale, Michel bougenah, et Mustapha Adouani.

L'histoire est la suivante: trois hommes, l'un musulman, l'autre juif et le troisième chrétien, vivent avec leur famille dans le même immeuble, dont le propriétaire est un certain Hadj. Ces trois hommes s'entendent bien, malgré leurs différences, et se retrouvent volontiers dans les gargot-tes de la Goulette, après leur travail, où ils jouent aux cartes, rient, discutent, ou boivent des coups. Leurs trois filles respectives sont aussi amies, et se côtoient régulièrement, et discutent ensemble de relations amoureuses, ou de jeux amoureux. L'ambiance, l'été, est festive, et les trois jeunes femmes sont souvent invitées à danser, par des garçons, qu'elles peuvent parfois rencontrer également sur la plage, avant ou après la baignade.

 Le film n'est pas un film politique sur la démocratie, mais traite, de manière sociale, du vivre ensemble, dans une ville ou se côtoient des tunisiens, des français ou des italiens. Les rapports hommes femmes sont évoqués, sans tabou, les questions religieuses, avec les interdits que l'on tentent de contourner, les désaccords récurrents sur les questions sociales, économiques, religieuses, que l'on traite avec franchise et insouciance. Même le vieux Hadj, un peu intégriste et suspicieux, pas très ouvert, et qui menace d'expulser certains locataires en retard du paiement de leur loyer, et qui prévoit de construire de nouveaux logement, pour une clientèle encore plus aisée, semble subjugué par la beauté d'une des filles de l'immeuble, à laquelle il suggère de porter un voile pudique, par peur d'être troublé.

Au moment où éclate la guerre des 6 jours, en Palestine, annoncée par le personnage que joue par Michel Boujenah, collé à son transistor dans les rues de la Goulette, les trois jeunes femmes décident de laisser courir la rumeur qu'elles vont perdre leur virginité, avant leur mariage (hypothétique). A cet instant Claudia Cardinale, jouant son propre rôle, vient de rentrer au pays (La Goulette est sa ville natale), et de nombreux habitants viennent lui rendre hommage, pendant que d'autres suivent le pèlerinage annuel de la Madone locale, dans les rues de la ville. Les trois jeunes femmes effrontées donnent rendez vous à trois jeunes hommes sur le site de Carthage, et laissent la rumeur de leur escapade se répandre, par des messages sybilins. Avant d'avoir pu être prises en flagrant délit, sur place, par des pères inquiets, elles rentrent à la maison, où le vieux Hadj les retrouvent en train de faire leurs prières, des bougies à la main. La malice des femmes a trompé sa vigilance.

 Entre jeu amoureux, et marivaudage, ce film social sur la vie à La Goulette, traite avec nostalgie, d'un paradis perdu (réel? ou imaginaire?), pour la classe moyenne ou aisée tunisienne, où régnait l'insouciance. Malgré la gaieté affichée et la sérénité relative, on sent pointer une forme d'inquiétude, liée au contexte international, aux problèmes économiques, aux différences entre les classes sociales, et l'idée qu'un vivre ensemble harmonieux n'est pas éternel, mais peut constituer une forme de résistance, même dans un espace réduit, localement, face aux dangers d'une société perturbée.

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