Manifestations à Toulouse : pourquoi le palais de justice ?

Encore 4 condamnations rendues à l’encontre des manifestants zadistes. Aujourd’hui se tenait l’audience de comparution immédiate devant le Tribunal correctionnel de Toulouse. La 1ère suivant les interpellations de samedi. Ce jour-là une manifestation était organisée à la mémoire de Rémi Fraisse tué par une grenade lancé par les policiers, une manière de perpétuer son combat pour la défense de la zone humide du Testet.La manifestation a été stoppée place des Salins, juste derrière le palais de justice. A ce moment là, deux ordres de dispersion ont été prononcés, qui non suivi d’effet rende la manifestation non autorisée.Un groupe d’une cinquantaine de personnes se regroupent alors. Les CRS sont déjà en faction devant les grilles du palais de justice, protégeant cette institution dont on attend que Justice soit rendue.A l'audience de ce jour, le procurer a relevé à plusieurs reprises que les échauffourées de samedi se sont tenues devant le palais de justice, s'indignant que l'on s'en prenne à ce symbole. Pourquoi le palais de justice ? Avant tout par hasard car l’ordre de dispersion a été donné sur la place à proximité. Mais parfois les dictons se vérifient: le hasard fait bien les choses.

Encore 4 condamnations rendues à l’encontre des manifestants zadistes. Aujourd’hui se tenait l’audience de comparution immédiate devant le Tribunal correctionnel de Toulouse. La 1ère suivant les interpellations de samedi. Ce jour-là une manifestation était organisée à la mémoire de Rémi Fraisse tué par une grenade lancé par les policiers, une manière de perpétuer son combat pour la défense de la zone humide du Testet.

La manifestation a été stoppée place des Salins, juste derrière le palais de justice. A ce moment là, deux ordres de dispersion ont été prononcés, qui non suivi d’effet rende la manifestation non autorisée.

Un groupe d’une cinquantaine de personnes se regroupent alors. Les CRS sont déjà en faction devant les grilles du palais de justice, protégeant cette institution dont on attend que Justice soit rendue.

A l'audience de ce jour, le procurer a relevé à plusieurs reprises que les échauffourées de samedi se sont tenues devant le palais de justice, s'indignant que l'on s'en prenne à ce symbole.

Pourquoi le palais de justice ? Avant tout par hasard car l’ordre de dispersion a été donné sur la place à proximité. Mais parfois les dictons se vérifient: le hasard fait bien les choses.

Cette institution a rendu de multiples condamnations contre les manifestants. Certaines prononçant un emprisonnement ferme. La plupart en comparution immédiate. La compa, pour les intimes, se tient en principe le jour de la fin de la garde à vue. S’il n’y a pas d’audience de prévue, elle doit se tenir dans les 3 jours pour les prévenus placés en détention provisoire. Sur les 4 prévenus d’aujourd’hui, 3 y étaient. Dès lors, ils ont été jugés le lundi pour des faits commis le samedi.

 La même institution par le biais du parquet de Toulouse à ouvert une enquête début décembre pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Rémi Fraisse est décédé le 26 octobre 2014. L’enquête a été ouverte plus d’un mois après les faits. Le gendarme a passé une partie de la journée du 14 janvier 2015 en garde en vue. Il a été remis en liberté le soir même à 19h30. De puis lors, aucune information n’a été diffusée.

 [ Ironiquement, la direction générale de la gendarmerie dans son communiqué de presse rappelle que le régime de la garde à vue est le plus protecteur pour la personne entendue. (par conséquent, il déclare arrêter la pratique de l’audition libre permettant de contourner les règles de la GAV).Signalons aussi que l’enquête administrative conclue le 2 décembre à l’absence de faute professionnelle.]

N’est-il donc pas concevable que les proches des zadistes aient quelques ressentis envers cette institution ?

Les 4 personnes condamnées aujourd’hui l’ont été pour avoir, alors qu’ils étaient au sein d’un groupe d’une cinquantaine de personnes, jeté une pierre en direction des CRS. Aucun d’entre eux n’a été blessé.

Le gendarme entendu une demi-journée en garde à vue l’a été pour avoir, alors qu’il était au sein d’un groupe d’une cinquantaine de personnes, jeté une grenade en direction des manifestants. Un d’entre eux est décédé.

De surcroît, que ce soit pour les quatre d’aujourd’hui ou le gendarme d’y à 4 mois, les mêmes éléments de preuve sont versés au dossier : des procès-verbaux d’audition de gendarmes ou de policiers, témoins dans un cas, victimes dans l’autre.

Pour le drame de Sivens reprenons un passage du Monde : « Les procès-verbaux d'audition des gendarmes témoins du drame ont cependant montré que les forces de l'ordre avaient fait, dès les heures qui ont suivi le drame, le lien entre la mort de Rémi Fraisse et l'explosion d'une grenade offensive lancée par un gendarme, grenade dont l'utilisation a depuis été interdite par le gouvernement ».

Les procès-verbaux d’interpellation dans les dossiers d’aujourd’hui relataient des témoignages de CRS ayant vu par exemple « un jeune homme avec un pull noir et une écharpe grise lancé un caillou ». Le caillou en question n’est pas plus gros qu’une balle de poing-pong et n’aurait jamais pu blesser un CRS en tenue d’intervention (casqué, protection aux bras et aux jambes, boucliers…). L’individu en question peut facilement se confondre au sein d’un groupe de 50 personnes.

Evidemment, il est très probable que l’un d’entre vous crie « objection, on ne peut  mettre sur le même plan les forces de l’ordre et les manifestants ! ». Oui, il y a une différence certaine entre les forces de l’ordre et les manifestants. Les forces de l’ordre sont formées, entrainées et payées pour garantir la sécurité de tous, et même de ceux qui ne sont pas d’accord et qui le montrent. Dès lors une bavure doit être sanctionnée comme les infractions commises par les manifestants le sont.

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Revenons rapidement aux débats qui se sont tenus aujourd’hui. Précisons d’abord que les grilles du palais été fermées et l’accès contrôlé par des policiers. Plusieurs camions de CRS étaient garés à proximité du Tribunal. Dehors, une vingtaine de personnes pour la plupart des membres des familles des prévenus à qui on refusait d’entrer. Il n’y avait soi-disant plus de place dans la salle d’audience. « Mais pourtant les audiences doivent être tenues publiquement » essaient de placer deux étudiants en droit voulant également entrer. Le policier répond alors, « on a le droit de contrôler l’accès pour des raisons de sécurité ». Effectivement, des familles voulant connaître le sort de leur proche sont un grand danger pour la sécurité.

[Après 20 minutes d’attente sous la pluie, j’ai pu grugé avec l’aide d’un complice pour contourner le barrage. Les familles n’ont pu entrer que pendant les délibérations.]

Le procureur a requis pour chacun entre 2 et 3 mois d’emprisonnement, dont pour un, avec mandat de dépôt.

Un des avocats en défense a plaidé pour son client la non-inscription au casier judiciaire.

Le Tribunal a reconnu coupable tous les prévenus. Il a prononcé des travaux d’intérêt général pour tous (assorti d’une peine de 4 mois si non-exécution du TIG) et en plus pour l’un d’entre eux 2 mois d’emprisonnement avec sursis et obligation de travailler ou de suivre une formation. Celui pour qui on l’avait plaidé, n’a pas la mention de sa condamnation inscrite au casier judiciaire (B2). Tous les policiers ont été reconnus en leur qualité de partie civile et il leur a été alloué en moyenne la somme de 300€ chacun à titre de dommages et intérêts.

 Source utilisée: http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/01/14/mort-de-remi-fraisse-le-gendarme-qui-a-lance-la-grenade-en-garde-a-vue_4555811_3244.html

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