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Billet de blog 2 févr. 2020

«Exister, c’est exister politiquement» (Abdelmalek Sayad)

Nous, Coordination nationale Pas sans Nous, syndicat des quartiers populaires, appelons à lutter contre la stigmatisation croissante des habitant.e.s des quartiers populaires et de leurs engagements militants et bénévoles, hier à Sarcelles et Roubaix, aujourd’hui à Angers. Nous exprimons notre colère face aux formes de répressions à bas bruit.

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« Exister, c’est exister politiquement » (Abdelmalek Sayad)

Nous, Coordination nationale Pas sans Nous, syndicat des quartiers populaires, appelons à lutter contre la stigmatisation croissante des habitant.e.s des quartiers populaires et de leurs engagements militants et bénévoles, hier à Sarcelles et Roubaix, aujourd’hui à Angers avec les attaques (1) qu’a subies notre camarade Djamel Blanchard, tête de liste aux municipales dans cette ville. Nous exprimons notre colère face aux formes de répressions à bas bruit. Nous nous indignons contre toutes les formes de répressions, répétées et croissantes, que les habitant.e.s subissent quotidiennement : allant des violences policières aux stratégies de disqualification et de diabolisation des militant.e.s, de leurs discours, de leurs actions, de leurs engagements associatifs et politiques et de leurs méthodes de mobilisations citoyennes.

Les quartiers populaires ne sont pas des déserts politiques, ils sont des foyers d’actions et d’engagement qui encouragent l’auto-organisation et l’expression citoyenne. Notre engagement politique est légitime, en tant que citoyen. Dès lors qu’il entend défendre des valeurs de justice, de solidarité, de lutte contre les discriminations ; qu’il vise à améliorer durablement les conditions de vie, qu’il s’agisse de rénovation urbaine, de maintien ou de réinstallation d’infrastructures et de services publics de santé, d’emploi ou d’écoles.

Depuis de nombreuses années, la Coordination nationale Pas sans Nous, au travers des Tables de quartier ou des Universités des quartiers populaires, a montré sa capacité à :

  • analyser les problèmes structurels auxquels les habitant.e.s doivent faire face,

  • prendre en charge les colères des habitant.e.s, pour mieux s’organiser, se mobiliser, et agir pour des actions collectives et concrètes,

  • fédérer des acteurs.trices locaux, associations ou collectifs, ainsi que des personnalités publiques ou des chercheurs.ses afin d’appuyer les légitimes revendications des habitant.e.s des quartiers populaires.

Nous nous indignons de voir comment, dans la sphère politique et médiatique, les habitant.e.s sont stigmatisé.e.s, diffamé.e.s, décrit.e.s soit comme énervé.e.s, soit comme résigné.e.s, pire ; comme émeutier.ère.s, comme communautaristes, comme islamistes voire terroristes. En clair, les habitant.e.s ne sont jamais comme il faut, ils et elles sont diabolisé.e.s et criminalisé.e.s.

Nous nous indignons des méthodes employées pour faire taire : attaques personnelles, rumeurs, diabolisation de figures locales, refus de salle ou retrait de locaux, baisse voire suppression des subventions, refus de rendez-vous, rétentions d’informations, remise en cause des savoirs des habitants.

Tout ceci affaiblit l’énergie et la légitimité à agir, ainsi que la difficulté à transférer et partager les savoir-faire militants. Pourtant nous nous refusons à la résignation et nous avons décidé d’agir pour lutter contre cette systématique confiscation de la parole des habitant.e.s. La répression dans les quartiers populaires n’est pas une sensation ou une rumeur, elle est bel et bien réelle. En nous engageant et en continuant à faire un travail de plaidoyer et de négociation avec les pouvoirs publics, les institutions, les élus, nous assumons nos responsabilités. Qu’ils assument les leurs.

N’est-ce pas cela, au fond, la démocratie ?

(1) Le Courrier de l’Ouest, éditions du 18 janvier 2020.

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