Nous avons appris avec une immense tristesse le décès du deuxième frère d’Amine Kessaci, une nouvelle victime du narcotrafic à Marseille.
Dans cette épreuve insupportable, nous adressons à Amine, à sa famille et à leurs proches nos plus sincères condoléances, ainsi que tout notre amour et notre solidarité.
Ce drame n’est pas un fait divers. Il est le reflet d’un système d’abandon et d’inégalités qui frappe les quartiers populaires depuis des décennies.
Tant que notre État laissera prospérer la misère, la pauvreté, les discriminations, le chômage, les ghettos scolaires, il laissera prospérer le trafic, la violence et la mort.
- Car les premières victimes du narcotrafic, ce sont bien les habitants des quartiers populaires et leurs familles
- Ce sont nos mères qui enterrent leurs fils.
- Ce sont nos sœurs, nos frères, nos amis, nos voisins à qui l’on arrache chaque jour un morceau de vie et de dignité.
- Ce sont nos familles qui paient le prix fort pendant que d’autres ferment les yeux.
- Ce sont nos jeunes, pris entre l’abandon des politiques publiques, la pression sociale, les discriminations, les violences policières et l’économie du trafic, qui en paient directement le prix.
Nous refusons l’hypocrisie des discours sécuritaires qui s’abattent toujours sur les mêmes, sans jamais s’attaquer aux réseaux financiers, aux circuits d’argent sale, ni aux puissants qui profitent de cette économie criminelle.
Nous demandons :
- La justice et l’égalité, qu’elles soient réellement appliquées dans nos quartiers pour les habitants.
- Des moyens publics massifs, pour l’école, l’emploi, la culture, la santé, la prévention
- La fin des discriminations institutionnelles.
- Un engagement résolu contre les causes sociales du trafic de drogue.
Le narcotrafic est un cancer qui, jour après jour, tue notre jeunesse.
Mais ce cancer n’est pas une fatalité. L’abandon, lui, est une réalité, avec les inégalités sociales qui se creusent, les points de deal qui augmentent et 200 000 emplois associatifs qui vont encore disparaître dans les quartiers.
Nous voulons saluer l’engagement inlassable d’Amine Kessaci qui se bat depuis des années pour protéger notre jeunesse, défendre les droits et la dignité de nos quartiers.
Aujourd’hui, nous lui disons : tu n’es pas seul. Nous sommes plus fort ensemble.
Pas sans Nous se tient aux côtés d’Amine, de sa famille et de toutes celles et ceux qui luttent, dans l’ombre ou en première ligne, pour que nos quartiers cessent d’être des zones de sacrifice.
Pour que la vie triomphe enfin sur la violence.
Pour la justice, pour l’égalité, pour nos quartiers.
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Rendez-vous samedi 22 novembre, 15 heures, au rond-point Claudie d’Arcy, 13 004 Marseille, là où la vie de Mehdi a été arrachée, pour une Marche blanche silencieuse, sans banderole ni drapeau. Venez vêtu.e.s de blanc, et venez nombreux.ses !
Nous vous invitons également à organiser des événements, même petits, partout en France.