On parle d' une "bévue" de Mélenchon. On oublie le lapsus de Macron.

Oui, la rue peut parfois prendre le pouvoir et c'est heureux. Oui, le lapsus de Macron qui dit que la France va sortir de l’État de droit est un aveu. Oui, nous ne faisons pas que critiquer, nous sommes très affirmatifs ici.

Macron a dit il y a quelques jours que  « la démocratie, ce n’est pas la rue ». Mélenchon a riposté au début de son discours du 23 septembre en disant que que la "démocratie vint par la rue quand celle-ci abattit les rois, chassa les nazis, créa le droit à la section syndicale, la quatrième semaine de congés payés en 1968".

Les fans de Macron décidèrent d'entendre que J.L.Mélenchon mettait sur le même plan les nazis et Macron. Des éditocrates peu inventifs le répètent en boucle.

Si J.L.Mélenchon a exagéré le rôle de la rue dans son approximation historique concernant la fin du nazisme, cette approximation fut celle officielle du régime gaulliste, du film "Paris brûle-t-il?", approximation fort commune aux générations de l'âge de Mélenchon (je suis un peu plus jeune, guère, j'en ai le souvenir précis).

Et puis, oui il y eut dans ce pays et ailleurs, dans un passé glorieux,  des fractions du peuple pour se soulever et faire parler la poudre même lorsqu'il le fallait. Mélenchon ne l'a pas inventé; Macron ne l'a pas effacé de la mémoire populaire.

L'invocation de la rue, des révolutions, par J.L.Mélenchon à ce moment-là,  était donc fort à propos. On ne peut que lui reprocher une approximation historique.

Nos sourcilleux maitres en rhétorique ne sont par contre  guère penchés sur le lapsus de notre petit maître Macron.

A l’ONU, Macron annonça que la France va sortir prochai­ne­ment  de l’État de droit. C’est un lapsus qui n’étonna pas son audi­toire et il s’en amusa (cf France info, infra). Pouvons nous en rire aussi? Non.

C'est parce que tout devient possible dans ce pays, parce que les néoli­bé­raux, de droite et de gauche et de ni de droite ni de gauche, se moquent des liber­tés dont l’État de droit est censé être le garant que ce lapsus est apparu comme une révé­la­tion peu surpre­nante pour son audi­toire averti.

Pire, il fit ainsi  le même lapsus que fit peu avant son Ministre de l’In­té­rieur qui est chargé de régen­ter nos liber­tés au plus près des desi­de­rata des capi­ta­listes.

A moins que l'on considère que la parole de Macron ne supporte aucune interprétation comme la nuée de petits marquis et de courtisans qui l'entourent le pensent, on ne pourra que s'inquiéter de cette production de l'inconscient de cet homme autoritaire et sans pitié.

Macron, ce chef d’État qui se veut marcheur à la lente solennité et au regard appuyé, qui a les moyens de transformer ses désirs en réalités, est secondé par son âme damnée à la docilité à toute épreuve, Collomb.

Collomb docile au point de faire le lapsus de son maitre avant lui, n'est ce pas quelque peu terrifiant?

Quelque expert pour TV en continu va-t-il nous éclairer?



https://www.facebook.com/franceinfovideo/videos/1653435928033232/

 

Pascal Bois­sel, 24–9–2017

https://reve86.org/sortir-de-letat-de-droit-le-lapsus-de-macron-un-aveu/

 

 

 

 

 

 

 

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