En Syrie c'est compliqué ...

Il peut sembler difficile de suivre les évènements en Syrie, surtout avec peu d'informations. D'où l'importance de se tenir informé en multipliant les sources d'info et en les confrontant. Au final, les tractations n'auront pas empêché longtemps la reprise des combats. Le cessez-le-feu est fini, les offensives islamistes et du régime redoublent. Et le peuple trinque.

Que c'est compliqué ... Et en plus ça se passe vite.
Je précise que je n'ai même pas traité la problèmatique kurde vis à vis de la Turquie et des USA, je me suis attaché aux principaux évènements passés à la trappe ces derniers jours.

  • Déjà pour se mettre dans l'ambiance, à Al Ra'i (au nord de la Syrie, dans une zone prise par la  Turquie) une trentaine de soldats US se font virer d'une fraction de l'ASL, insultés, traités de porc a égorger ( ASL turque, ressuscitée pour l'occasion qui est d'empêcher que les  kurdes puissent avoir une continuité territoriale aux frontières de la Turquie)

Les américains viré par l'ASL turque ... © Al-Masdar News

Résultat : les troupes US quittent cette zone (admirez les tanks au passage), ce qui donnera comme suite un bombardement US a Al Ra'i par inadvertance (juste histoire de rappeler qui est le patron).

  • Pendant ce temps là, les rebelles qui tiennent Alep font une manifestation refusant l'aide humanitaire :

Les rebelle défilent contre l'aide humanitaire © OGN TV

Que des hommes et garçons, pas de femmes : cherchez bien les femmes lors de ces 3"16 mn de vidéo, vous pouvez tenter de les compter :(
La femme présente (je met le singulier ...). Enfin on ne verra que ses yeux, est interviewée avec (surement) son mari à côté.
Les propos sont explicites, et le nombre d'inverviewés ne laisse aucune doute.

Ils ne veulent pas de l'aide humanitaire, ils veulent reprendre la route de castello et annoncent clairement qu'ils ne veulent pas du cessez-le-feu (qu'ils n'ont donc surement pas respecté) : je vous laisse juger de la vidéo, c'est des interview.

 D'ailleurs, même "the telegraph" donne l'information : "les nations-unis disent qu'à Alep,  les groupes armés bloquent l'aide humanitaire pour des raisons politiques" :

http://www.telegraph.co.uk/news/2016/09/14/un-says-armed-syrian-groups-blocking-aid-to-aleppo-for-political/

 The UN has accused armed groups in Syria of blocking the delivery of aid to the besieged city of Aleppo for “political gain” - including rebel factions inside Aleppo itself who say they will reject aid that comes through regime territory. 

 Two days after the Syria ceasefire agreement went into effect, bombs have stopped falling on the rebel-held eastern half of Aleppo but the 275,000 people living there are still desperately short of food and medical supplies. 

[...]

The UN would not say if the hold was up was being caused by the Assad regime or its rebel opponents but at least part of the problem appeared to be inside east Aleppo itself.

(je surligne car c'est une source dite "autorisée" par les "bien-pensants")

Traduction :

Les nations-unis ont accusé des groupes armés de syrie de bloquer la livraison de l'aide (de 1ere urgence) à la ville assiégée d'Alep pour obtenir des "gains politiques" - incluant des factions rebelles à l'intérieur d'Alep qui disent qu'ils rejettent une aide qui passerait à travers des territoires tenu par le régime.

2 jours après le début du cessez le feu, les bombes ne sont effectivement plus tombées dans la parties tenues par les rebelles à Alep-Est, mais 275000 personnes qui y vivent toujours sont désespéremment à court de nourriture et de médicaments.
[...]
Les nations-Unis n'ont pas dit si le blocage était dû au régime d'Assad ou des rebelles mais au moins une part du problème semble provenir de l'intérieur d'Alep-Est.

(traduction faite à l'arrache)

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On remarquera que si le régime a appliqué la trève (plus de bombardement sur Alep Est), les rebelles eux ont affiché la couleur : ils ne veulent pas de la trève. Et le journal ne précise pas si les rebelles ont respecté la trève.
Idem pour l'aide alimentaire : si le régime étant sous le feu des projecteurs et ayant accepté les conditions de cette trêve semble l'avoir appliqué (vidéo), les rebelles eux déclarent qu'ils ne veulent ni trêve, ni de cette aide alimentaire (et tant pis pour les 275000 civils qui en pâtissent : c'est l'instrumentalisation dans les médias le "gain politique").

A mettre en relation avec la vidéo de la manif à alep (la vidéo est aussi donnée dans l'article du Telegraph) : 

Donc manif contre l'aide humanitaire, blocage des rebelles de l'arrivée de l'aide pour des gains politiques même si la population  meurt de faim et de manque de médicament.
Voilà la réalité de la situation à Alep qui ne nous arrive presque pas en France (à moins de lire la presse étrangère ou divers sites dont il faut parfois recouper les sources pour certains) : les groupes rebelles bloquent l'aide humanitaire à Alep pour continuer à accentuer la crise humanitaire déjà catastrophique et l'instrumentaliser via les médias contre Damas.

 

Nous avons aussi plusieurs évènements qui se suivent de très peu :

  • Le samedi 17, les americains bombardent l'armée syrienne "par erreur" (82 morts au décompte le plus récent, sans parler des blessés) à Deir ez-Zoor : région qui peut paraitre secondaire mais qui est en fait importante stratégiquement (d'où mon interprétation qui diverge légèrement de l'article que je vous met ci-dessous) :

A ce sujet je renvoie dans un premier temps à   www.chroniquesdugrandjeu.com qui émet 3 hypothèses (après s'etre fait taper sur les doigts précedemment pour avoir balayé d'un revers de main l'hypothèse d'un acte  délibéré de la part des USA. Sa seconde hypothèse d'un conflit entre Pentagone et Maison blanche méritait d'être étudiée et même d'être approndondie, j'essayerai d'y revenir une autre fois) :

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/09/deir-ez-zoor.html

Deir ez-Zoor

La poussière retombe peu à peu sur Deir ez-Zoor, les langues se délient, l'image devient (légèrement) plus nette. En cette période de rentrée scolaire, rendons hommage à nos chères têtes blondes en suivant dans ce billet l'indémodable plan causes-conséquences.

Que s'est-il passé ?

Ce blog n'a jamais prétendu détenir la vérité révélée, particulièrement mal venue dans l'analyse de la chose géopolitique. Aussi présentons-nous toutes les hypothèses, de la moins plausible à la plus crédible :

  • Acte délibéré de Washington. Peu probable.

L'administration Obama s'est platement excusée : "Les Etats-Unis ont fait part de leur regret par le biais de la Russie [Washington et Damas n'ont pas de contact direct, ndlr] pour la perte de vies au sein des forces armées syriennes". Le Centcom va plus loin : "Les forces de la coalition pensaient qu’elles frappaient une position de combat de l’EI, qu’elles suivaient depuis un certain temps avant le bombardement. La coalition ne ciblerait jamais intentionnellement une unité militaire syrienne."

Certes, il y a le précédent de l'ambassade chinoise de Belgrade en 1999. Les serviles excuses de Bill Clinton n'avaient pas chassé les suspicions. Et de façon générale, les déclarations des autorités US ne doivent jamais être prises à la lettre, c'est le moins que l'on puisse dire... Mais ici, quel intérêt auraient eu les Etats-Unis à bombarder ce bataillon syrien sur un théâtre d'opération très secondaire, loin des rebelles modérément modérés, loin de tout noeud stratégique ? Barack à frites s'est toujours gardé d'attaquer l'armée syrienne, même au plus fort de la tension, en 2013, et il le ferait maintenant, devant les yeux du monde entier, pour en faire profiter Daech, la bête noire de l'opinion mondiale ? Cette thèse tient difficilement debout et c'est un euphémisme...

Alors évidemment, les Russes sont dans un fauteuil. Maria Zakharova : "Nous arrivons à une conclusion terrible pour le monde : la Maison Blanche défend l'Etat Islamique". Qui peut jeter la pierre à la Russie, diabolisée depuis des années par l'appareil médiatico-politique de l'empire ? Juste retour à l'envoyeur, mais qui ne doit peut-être pas nous tromper sur la réalité de l'événement.

  • Règlement de compte à OK Corral ou désobéissance à l'intérieur de la hiérarchie US. Possible.

Voilà une hypothèse que vous ne retrouverez jamais dans les médias officiels et qui est pourtant tout à fait pertinente. Ce blog a maintes fois montré à quel point le pouvoir américain est divisé, éclaté. CIA et Pentagone se battent par groupe syrien interposé, des fonctionnaires du Département d'Etat entrent en fronde et Obama est baloté entre les néo-cons et les réalistes. Le Centcom lui-même est extrêmement tiraillé, cinquante analystes du centre de commande déclarant l'année dernière que leurs rapports sur le danger djihadiste en Syrie ont été occultés ou caviardés. L'empire n'a plus réellement de tête, c'est une gorgone.

L'on sait que certains au Pentagone ont accepté du bout des lèvres le cessez-le-feu russo-américain de la semaine dernière, que les néo-cons sont furieux tandis que la CIA reste silencieuse mais n'en pense pas moins. Est-il aberrant d'imaginer qu'un maillon de la chaîne de commande est sorti des clous afin de forcer la main du gouvernement ? Après tout, ça ne serait pas la première fois... En 1999, le bombardement déjà cité de l'ambassade chinoise de Belgrade fut apparemment le fait de "coordonnées erronées" fournies par la CIA. Plus près de nous, lors de son rabibochage avec Poutine, Erdogan a expliqué l'incident du Sukhoi par la désobéissance du général turc d'Incirlik, proche de l'OTAN et d'ailleurs arrêté après la tentative de putsch. Bien sûr, il est déconseillé de croire le sultan sur parole, mais on ne peut exclure qu'il ait dit la vérité pour le coup.

L'incident intervient deux jours avant la possible mise en place d'une coordination russo-américaine prévue par l'accord de cessez-le-feu. On aurait voulu torpiller ce projet qu'on ne s'y serait pas pris autrement... C'est d'ailleurs ce qu'a fait remarquer l'envoyé russe aux Nations-Unies, relevant la bizarrerie de l'intervention US dans une zone où ils n'avaient jamais rien bombardé auparavant. Le bombardement de Deir ez-Zoor est-il une tentative dangereuse et désespérée des faucons visant à faire dérailler une coopération entre les deux grands contre les djihadistes ? Plausible. Il serait par contre ahurissant de voir le couple Kerry-Obama saboter l'accord qu'il a lui-même signé il y a quelques jours.

  • Erreur. Possible.

L'aviation américaine a une telle expérience de bavures et bourdes en tout genre qu'une erreur de bonne foi est tout sauf impossible. Irak, Afghanistan... les friendly fire sont légion (les Britanniques en savent quelque chose !) En Syrie même, l'USAF a bombardé à plusieurs reprises ses propres milices.

Le ton des excuses américaines va dans ce sens ainsi que l'explication du Centcom : "Le bombardement a été immédiatement arrêté quand la coalition a été informée par des responsables russes que les cibles appartenaient peut-être à l'armée syrienne". Chose intéressante, le ton de la presse du système est également gêné, presque repentant, semblant donner, une fois n'est pas coutume, raison à Moscou et Damas qui se déchaînent en accusations. CNN, BBC, l'imMonde, Al Jazeera, Fox News... si penauds soudain.

Quelles sont les conséquences ?

Les Russes sont furieux et le font savoir. Les oreilles sifflent à Washington... Accusations ouvertes de soutenir l'EI, moqueries mordantes, explications exigées sur un ton que la Maison Blanche a rarement entendu, convocation d'une session extraordinaire du Conseil de sécurité de l'ONU la nuit dernière. A cette occasion, la pimbêche de service, l'inénarrable Samantha Power n'a pu s'empêcher d'ironiser sur le "numéro de Moscou". La réponse ne s'est pas faite attendre. La belle Maria, encore une fois : "Chère Samantha, je vous conseille un petit voyage en Syrie pour connaître la signification du mot "honte". Parlez avec les habitants. Pas avec les gens d'Al Nosra ni les dissidents syriens vivant en Occident, mais avec les gens qui vivent dans ce pays touché depuis six ans par une sanglante guerre avec la participation active de Washington. Si vous voulez, nous irons ensemble, je paye le voyage. N'ayez pas peur, avec moi personne ne vous fera du mal, à moins bien sûr que vos compatriotes ne commettent un nouveau bombardement "accidentel". Il vous en restera un bon souvenir et, de plus, vous apprendrez ce que veut dire le mot honte". Pan, sur le bec...

Au-delà des mots, cet incident place les Etats-Unis en position très délicate. Moscou peut désormais tout à fait publier les termes de l'accord de cessez-le-feu que Washington cherche tant à cacher, car vraisemblablement favorable au 3+1. Ou simplement le considérer comme nul et non avenu puisque les djihadistes modérés ne le respectent globalement pas (responsabilité US) et qu'en plus les Américains bombardent une armée souveraine en train de combattre l'EI, ce qui, en termes de relations publiques, est désastreux. Dans tous les cas, la légitimité des Etats-Unis en a pris un sérieux coup et leur marge de manœuvre s'est considérablement amoindrie. Le Kremlin joue maintenant sur du velours et je vois bien les Russes exiger sans cesse plus et les Américains reculer à mesure.

Sur le terrain, la reprise des hostilités est déjà là. L'armée syrienne, qui a d'ailleurs tiré sur un drone US à Deir ez-Zoor, relance une offensive partielle dans le sud d'Alep. Le cessez-le-feu est au bord de l'implosion et les Américains, humiliés en plus par leurs "alliés modérés", ne semblent plus être en position d'influer réellement sur les événements. Triste fin de règne pour Barack à frites...

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Son analyse a le mérite d'exister, son travail principal étant sur l'analyse géostratégique plus que d'un évènement comme le bombardement en question, donc sur deir-ez-zor, on trouvera d'autres informations ailleurs. Selon d'autres journaux, ca semble être un axe stratégique (et même pour plusieurs spécialistes)  comme par exemple lorientlejour.com (journal libanais) qui le fait remarquer, et d'ailleurs est très critique sur le bombardemant des américains  : 

http://www.lorientlejour.com/article/1007902/maintenir-lei-a-deir-ez-zor-pour-une-victoire-a-mossoul.html

Maintenir l’EI à Deir ez-Zor pour une victoire à Mossoul

DÉCRYPTAGE

Une reconquête de cette zone de l'est de la Syrie par les alliés du régime signifierait la réouverture de l'axe stratégique Téhéran-Bagdad-Damas, que Washington entend à tout prix éviter.

La coalition internationale menée par les États-Unis a reconnu samedi qu'elle était à l'origine des raids meurtriers contre les positions de l'armée syrienne au mont Tubar, à 4 kilomètres au sud de l'aéroport de Deir ez-Zor, mais en précisant qu'il s'agissait de bombardements accidentels. La coalition aurait donc commis une bavure en confondant les cibles terrestres. Selon le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom), « la coalition ne ciblerait jamais intentionnellement une unité militaire syrienne ». Cependant, cette thèse serait difficilement soutenable pour plusieurs raisons.


Premièrement, des sources militaires et le communiqué du porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, confirment que les quatre raids ont été effectués par deux avions militaires antitanks A-10 et deux chasseurs F-16 dotés de mitrailleuses lourdes avec pour objectif de détruire les fortifications de l'armée syrienne dans ces zones. Deuxièmement, ces bombardements ne visaient pas une cible mobile, mais une position fixe tenue par l'armée syrienne au vu et au su de tous dans une zone où seuls deux acteurs sont impliqués sur le terrain : l'armée syrienne et l'État islamique. Par ailleurs, comme le relève le spécialiste Fabrice Balanche dans son analyse de la situation, « le mont Tubar subissait, au moment des frappes américaines, une attaque de l'EI. Mais il n'était pas prévu que l'aviation de la coalition vienne prêter main forte à l'armée syrienne. Elle ne l'a effectivement jamais fait puisqu'elle s'est toujours abstenue de bombarder l'EI dans la périphérie de Deir ez-Zor ».

L'attaque de samedi n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle du 6 décembre 2015 contre un camp des forces spéciales syriennes dans la zone d'al-Baghlia à l'est de Deir ez-Zor, et dans laquelle l'implication américaine avait été soulevée par la Russie. À l'époque, Igor Konachenkov s'était interrogé en ces termes : « Si les États-Unis ne sont pas impliqués dans cette frappe, pourquoi les représentants du Pentagone, étant les chefs de la coalition contre Daech, passent sous silence la présence d'avions de leurs alliés, le 6 décembre dans la région de Deir ez-Zor ? N'est-ce pas parce que la coalition reçoit toute l'information, sur les cibles de Daech à viser, de la part du Pentagone ? »
Si ces frappes meurtrières de la coalition ont suffisamment affaibli l'armée pour donner l'ascendant à l'EI, qui au terme de son offensive a pu s'emparer de la zone, les raisons de cette action quelques jours à peine après la conclusion d'un accord difficile avec les Russes ne sont pas tout à fait claires.

[la suite sur le lien au dessus]

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Concernant l'EI qui profite de ce raid pour attaquer, les sources divergent sur la suite concernant l'avantage pris par ces féroces barbus : une chose est sûre, c'est que les fortification ont été détruites et qu'en dehors des pertes humaines et matérielles (nombreuses), la position ne pourra plus être aussi protégée, même si les syriens la reprennent, n'ayant plus de fortification en état. Elle ne pourra plus être utilisée pour bloquer l'avancée de daesh.

  • Le 19, quasi simultanément, une offensive d'envergure est lancée par les rebelles à Alep, bloquée (apparemment) par d'intenses bombardement.

Les terroristes du groupe Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda) ont déclenché une offensive sur les positions de l'armée syrienne à Alep, des zones résidentielles entre autres ont subi des pilonnages.

L'armée syrienne déclare la fin du cessez-le-feu « Dans la banlieue du sud-ouest d'Alep, les terroristes du Front al-Nosra mènent une vaste offensive dans la direction de Hani Touman visant les positions de l'armée syrienne dans la zone de l'Académie militaire Assad et du quartier 1 070 », a signalé le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie dans un communiqué. L'attaque a été précédée par des tirs « préparatoires » depuis des chars, des lance-roquettes multiples et des mortiers et ce entre 19h30 et 20h00 heure locale. Des zones résidentielles ont également été touchées par les tirs, a précisé le Centre.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609191027823961-nosra-offensive-alep/

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  • Et dans la foulée au sud de la Syrie, Al-Nosra lance une grande offensive. L'armée israélienne  ayant reçu un obus perdu sur son territoire (grignoté à la Syrie soit dit en passant), sans savoir de qui ca provient (ça pourrait être Al- Nosra) décide de lancer une énième punition contre l'armée syrienne en procédant à de nombreux bombardement sur les positions militaires syriennes, ce dont Al-Nosra tirera clairement parti. Ce qui poussera le journal à le formuler ainsi :

Ces évolutions en Syrie mettent en lumière le fait que la guerre contre le terrorisme n'incarne pas la dimension principale de ce conflit. Les bombardements des Israéliens contre les positions de l'armée syrienne au Sud pour, selon certains observateurs, faciliter l'offensive des combattants du Front Fateh al-Cham (ex-Nosra) et, à quelques jours d'intervalle, les raids aériens de la coalition à Deir ez-Zor, tendent à confirmer l'hypothèse que la priorité est à présent l'affaiblissement durable du régime syrien.

http://www.lorientlejour.com/article/1007902/maintenir-lei-a-deir-ez-zor-pour-une-victoire-a-mossoul.html

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La trêve ne tenant déjà quasiment plus, étant suspendu par endroit et surtout ne s'appliquant pas à Al-Nosra  qui est totalement imbriqué aux autres groupes rebelles : ainsi les centres de commendements des divers groupes sont dans les QG de Al-Nosra qui supervise tous les plans d'offensive. Les groupes combattants acceptent tous la supervison d'Al-Nosra qui est la force la plus active sur le terrain.
Ainsi, d'après l'etat-major syrien il y aurait eu plus de 300 attaques lancées de la part des rebelles.

 

Cette trêve devait servir à 2 choses principalement :

- donner le temps aux USA de faire le tri entre rebelles dit modérés et les autres : force est de constater que ça a échoué une fois de plus.
Les positions communiquées aux russes par les USA de certains groupes rebelles qu'ils soutiennent montrent qu'il y a toujours une forte imbrication entre Al- Nosra et les autres groupes rebelles.
Ce qui n'est pas surprenant vu qu'Al-Nosra est le groupe qui coordonne tout les autres et que ce sont tous des groupes islamistes à divers degrés.
C'était surement le but de Moscou de montrer qu'on ne peut pas séparer les groupes afin de forcer la conclusion : c'est complètement hypocrite de soutenir la rebellion dans ces conditions.

D'ailleurs voilà comment la situation était résumée côté russe le 18 :

Moscou et Washington ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la liste des organisations terroristes au Proche-Orient. Ainsi, les USA refusent d'y inclure certains groupes armés, dont Jaysh al-Islam et Ahrar al-Sham. Sergueï Lavrov souligne qu'il faut cesser de couvrir tous ceux qui refusent de respecter les accords et la résolution de l’Onu.

Il est temps de relancer les discussions sur la liste des organisations terroristes, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, intervenant ce mercredi à l'Assemblée générale des Nations unies. « Après l'entrée en vigueur le 12 septembre des ententes russo-américaines, les chefs d'Ahrar al-Sham ont officiellement annoncé qu'ils n'allaient pas honorer ces accords car le Front al-Nosra y était défini comme étant une organisation terroriste, alors qu'Ahrar al-Sham ne le percevait pas ainsi et coopérait étroitement avec cette dernière. Ainsi, il me semble que le temps de revenir à l'examen de la liste des organisations terroristes est venu », a indiqué le chef de la diplomatie russe. Et d’ajouter qu’il faut cesser de couvrir les opposants de la paix, tous ceux qui  refusent de respecter les accords et la résolution de l’ONU. « Il faut les mettre dans le même rang avec les terroristes », a souligné M. Lavrov.

Les USA et leurs protégés n’ont rempli aucune de leurs obligations en Syrie Par ailleurs, l'opposition soi-disant modérée n'a toujours pas retiré ses troupes de la route du Castello, alors que cette mesure est nécessaire pour pouvoir acheminer de l'aide humanitaire jusqu'à la ville d'Alep, a encore précisé le ministre. Les forces gouvernementales syriennes ont commencé à retirer leurs troupes en conformité avec les accords russo-américains, a rappelé M. Lavrov. « Tandis que l'opposition n'a pas rempli ses obligations et pilonne les détachements de l'armée gouvernementale. L'opposition n'a toujours pas retiré ses unités de la route du Castello comme le stipulent les accords du 9 septembre », a expliqué le ministre, précisant que ces ententes exigeaient de garantir l'acheminement en toute sécurité du fret humanitaire via cette route. « À cette fin, il a été convenu que le gouvernement et l'opposition qui contrôlaient différentes parties de la route retirent leurs troupes », a souligné Sergueï Lavrov.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609211027858763-syrie-treve-opposition-moderee/

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- Permettre un repis afin d'acheminer des convois humanitaires.

 Et là, paf ! En même temps que toute ces attaques, le 19, un convoi humanitaire du croissant rouge syrien et de l'ONU est bombardé.

Au début Kerry n'accuse pas mais rapidement, les médias s'emballent et l'accusation est lancée en parlant de bombardement aérien (sous-entendu les russes, les syriens ne pouvant bombarder de nuit n'ayant pas l'équipement adéquat). Rapidement la version change car c'est plus très sûr : il pourrait s'agir de tirs d'artillerie (donc les syriens).

 France 24 en parle en ces termes le 20/09 :

"S'il s'avère que cette attaque impitoyable a délibérément visé des humanitaires, alors elle équivaut à un crime de guerre", avait affirmé plus tôt Stephen O'Brien, le patron des opérations humanitaires de l'ONU.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a fait état de 12 morts dans le raid, n'était pas en mesure de préciser de quelle nationalité étaient les avions ayant mené ces frappes. Aucun groupe rebelle syrien ne dispose de force aérienne.

Sans directement accuser Moscou, le porte-parole du département d'État américain, John Kirby, a assuré que les États-Unis étaient "scandalisés" par l'attitude de la Russie, alliée du régime de Damas. De son côté, Moscou affirme que ni l'aviation russe, ni syrienne n'ont bombardé le convoi humanitaire de l'ONU. L'armée de Bachar al Assad a, pour sa part, affirmé que les informations de presse la mettant en cause étaient "fausses", rapporte l'agence de presse officielle Sana.

 Puis le 21/09 :

Mardi 20 septembre, le ton est encore monté entre les États-Unis et la Russie à propos de la frappe aérienne meurtrière menée lundi près d'Alep contre un convoi humanitaire. La Maison Blanche a affirmé qu'elle tenait "le gouvernement russe pour responsable" de ce bombardement, soulignant que seuls Moscou ou le régime syrien pouvaient en être à l'origine.

Plus précis dans ses accusations, un responsable américain anonyme a confié que selon "notre meilleure estimation [...] ce sont les Russes qui ont mené cette frappe" et que deux bombardiers russes SU-24 étaient sur la zone au même moment. L'opposition politique syrienne a aussi montré du doigt Moscou et son protégé, le régime de Damas.

Environ 20 personnes, dont un responsable du Croissant-Rouge, ont trouvé la mort dans cette attaque, la plus meurtrière en Syrie contre un convoi humanitaire depuis 2011. Le raid a entraîné la suspension de l'acheminement par camions de l'aide de l'ONU qui avait à peine démarré. 

La diplomatie russe a aussitôt condamné "avec indignation et colère" des allégations "sans fondement et hâtives", faites par des "protecteurs de terroristes et de bandits".

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-La réponse russe demandant une commission d'enquête n'a pas semblé plaire aux USA :

Le ministre des Affaires étrangères russes a demandé, lors d'une conférence du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qu'une enquête impartiale soit conduite au sujet d'un bombardement d'un convoi humanitaire à proximité d'Alep, en Syrie.

«Il y a eu une nouvelle provocation le 19 septembre : le bombardement d'un convoi humanitaire près d'Alep», a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, durant la conférence du Conseil de Sécurité de l'ONU du mercredi 21 septembre. Le ministre a également noté qu'au même moment, des combattants rebelles syriens avaient progressé dans le district 1070 d'Alep, et a appelé à une enquête impartiale sur le drame : «Je suis convaincu que de telles coïncidences requièrent une analyse sérieuse et une enquête».

 Sergueï Lavrov a également prévenu que le cessez-le-feu négocié avec les Etats-Unis le 9 septembre dernier (dont Damas a déclaré la fin après avoir accusé les rebelles de l'avoir violé à de nombreuses reprises) ne pourrait marcher qu'à condition que toutes les parties impliquées dans le conflit fassent simultanément un pas en avant. «Autrement, rien ne se passera. Il n'y aura que des trêves unilatérales», a fait savoir le membre du gouvernement russe.

Le chef de la diplomatie russe a souligné que «les forces du gouvernement syrien [avaient] commencé leur retrait, en accord avec l'accord russo-américain, avant de réaliser que l'opposition ne leur avait pas emboîté le pas, et avait même ouvert le feu». Le haut responsable russe a dénombré quelque 300 violations de la trêve par les groupes rebelles syriens, parmi lesquels Ahrar al-Sham (le Mouvement islamique des hommes libres du Sham).

Kerry : «Ecouter Lavrov me fait me sentir dans un univers parallèle»

La proposition russe d'enquête sur l'assaut sur le convoi humanitaire n'a, semble-t-il, pas satisfaite Washington : lors de la conférence du Conseil de sécurité de l'ONU, le Secrétaire d'Etat américain John Kerry a déclaré qu'écouter son homologue lui faisait se sentir dans un «univers parallèle»...

Lundi 19 septembre, 31 véhicules humanitaires ont été attaqués alors qu'ils se dirigeaient vers la ville d'Alep, en proie à la guerre. Selon la Croix Rouge, 20 civils et un travailleur humanitaire sont décédés dans l'agression. Mardi, le porte-parole du département humanitaire des Nations Unies a fait s'avoir que l'ONU n'était pas en position de déterminer s'il s'agissait d'une attaque aérienne, comme cela avait été avancé dans un premier temps par l'organisation.

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Ou encore :

« Nos militaires ont déjà fait les déclarations appropriées en disant que notre aviation n’opérait pas là-bas. L’aviation syrienne ne le pouvait pas non plus, parce que l’attaque du convoi est survenue dans la nuit, les avions syriens ne volent pas de nuit, ils sont privés de cette possibilité, et l’attaque a eu lieu au moment où le fret humanitaire était déjà déchargé à Alep est », a-t-il [Lavrov ndlr] déclaré sur la chaîne de télévision Russie-1.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609211027848819-bombardement-convoi-onusien-dementi-lavrov/

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Et pour le coup, c'est pas les images du drone fournies par le Kremlin qui font avancer la compréhension : sur ces images on voit  qui  se faufile et se cache a côté du convoi humanitaire un véhicule tractant ce qui ressemble énormément à une piece d'artillerie.

La présence de véhicule militaire roulant avec une pièce d'artillerie le long du convoi humanitaire est troublante,  mais les images ne permettent pas de déterminer qui a tiré sur le convoi du croissant rouge syrien/ONU.

La trêve a vécu, les combats ont repris, mais au moins les convois humanitaires sont prêt à reprendre aussi, pour peu que les rebelles ne les empèchent d'arriver à Alep pour obtenir des "gains politiques" alors que la situation est critique pour la population.

Parmis les problemes, il y a aussi le fait qu'un accord russo-américain (les USA n'ont plus de rapport avec la Syrie et passent par la Russie pour les communications) ne permet pas d'avoir de l'influence sur les rebelles que les américains ne contrôlent  pas pour la majorité (voir la 1ère vidéo).

 

Et comme depuis presque 6 ans, c'est le peuple syrien qui trinque avec plus de 300000 morts, 12 millions de déplacés à l'intérieur du pays.

Quant aux kurdes, ils semblent qu'ils seront aussi perdant car les américains les lâchent et les lâcheront à chaque fois que nécessaire au profit de leur allié incontournable dans la zone : la Turquie qui ne peut nullement tolérer un kurdistan syrien à ses frontières.

Au final c'est reparti En pleurs

et la suite commence déjà a être analysée (la suite permettant aussi toujours de mieux comprendre le passé) http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/09/c-est-reparti.html

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