La télé-réalité, reflet de la réalité ?

La télé-réalité, ce machin qui perdure depuis une vingtaine d’années en France, semble présenter (sans surprendre) des dérives que tout le monde connaissait sans les dire. Ce soir, on apprend que certains membres de ces émissions se prostituent, mais en plus, c’est la production qui paye !

Et oui, il y a 2 ans déjà, Castaldi (le mec qui a présenté loft story, l’émission tristement célèbre pour sa scène de la piscine entre Loana et Jean-Édouard) l’avait lâché.

On en avait un aperçu dans ce résumé :

« Émilie, qui a participé aux "Anges" et à "Friends trip 3", a expliqué que la drogue et la prostitution dans la téléréalité sont monnaie courante. Elle a d'ailleurs témoigné : "le staff nous accompagnait pour aller chercher nos drogues". Et d'ajouter, pour la prostitution : "ils le savent mais ils ferment les yeux. La plupart sont des filles qui faisaient ça avant la télé-réalité". 

Pour Benjamin Castaldi, ex animateur de "Secret Story" et de "Loft Story", ces révélations ne sont guère surprenantes. Il a confié ce soir d'abord à propos des stupéfiants : "il y avait un système de blanchisserie, il faisait rentrer de la cocaïne dans les cols de chemise".

Code Dubaï

Ensuite, au sujet de la prostitution, il a également raconté : "on s'est rendu compte qu'elles avaient un passé de call girl, c'est devenu le code Dubaï, des filles quittaient les tournages pour partir faire leur métier. Plus on a avancé dans les années, plus les candidates avaient un double métier".

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Ca c’était en 2019. Depuis les choses ne sont pas allées en s’améliorant, le public en redemandant et les faits relativement dissimulés (enfin tout le monde le sait dans le milieu mais personne ne dit rien). Ce soir, nouvelle pierre : oui, non seulement les candidats (pas tous) prennent de la cock, des exta pendant les tournages, mais en plus les production sont totalement au courant, et quand elles ne laissent faire pas faire, elles sont complices en fermant les yeux sur les livraisons. Et parfois, un petit exta, ça permet de s’assurer qu’il y aura de l’animation dans l’émission ...

Dans d’autres cas, la production, se disant qu’il faut un peu désinhiber tout ces jeunes, leur donne 1 verre d’alcool par jour chaque jour a chacun durant les 2-3 mois de tournage (avec les exta, le mélange n’est pas sans effet). C’était il y a 20 ans. 
On devrait dire les productions car ce ne sont pas toutes les mêmes sociétés, mais en tout cas, elles sont toutes confrontées au même problème.
Et certaines boîtes de prod abordent la problématique sous un angle assez particulier :
outre le fait de recruter certaines candidates dans le milieu des call girl et comme cela semble ne pas suffire pour assurer un peu de sexe dans leurs émissions (car une call girl ne couchent pas forcément avec tout le monde comme ça): la production augmente les salaires des femmes qui couchent ... ainsi la call girl est payée et peut donc procéder afin d’assurer à la prod de belles images (à flouter évidemment) et du buzz pendant un bon moment (le principe qu’un bad buzz est toujours mieux que rien ne sera pas bien reçu par la justice ...).

Et après certains se demandent pourquoi la télé-réalité est condamnée à la poubelle depuis des années. Ce n’est pas la poubelle mais la justice qui devrait être appelée pour traiter le problème. Le concept était déjà en question, maintenant c’est un fonctionnement systémique qui est dévoilé.

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