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Le Club de Mediapart mer. 10 févr. 2016 10/2/2016 Dernière édition

Pour un appel citoyen contre la dictature financière

 

Lien vers l'Appel : Appel européen contre la dictature financière

 

 

Message du collectif de rédaction de l'Appel (le 18 août à 11h)

Les membres du collectif de rédaction informent la communauté des lecteurs de Mediapart qu'ils ont donné à la rédaction du journal leur plein accord pour la publication de l'"Appel européen contre la dictature financière". Les discussions sur le contenu de la charte ont abouti rapidement. Celle-ci garantira des conditions de publication et de diffusion précises et solides, autorisant ainsi un développement de la pétition et une diffusion de l'Appel à la hauteur des enjeux qu'il porte et des attentes qu'il pourrait susciter. Pour information nous publions les 5 articles de cette charte (Etape 3 ci-dessous), sans préjuger de quelques petites modifications toujours possibles.

 

Nous tenons également, avec le même souci de transparence et de dialogue qui a guidé notre travail participatif sur ce blog, à vous informer de l'identité des rédacteurs de l'Appel et de la charte.  Les pseudos ou les noms de celle et de ceux qui ont accepté de les rendre publics figurent comme signataires au bas de cette mise à jour. Pierre Cornu a participé aux discussions préalables et Yves Besançon nous a invité à lire ou relire le Manifeste des Economistes Atterrés. Nous croyons pouvoir dire que le cercle des rédacteurs a été bien plus large que notre collectif : ce sont tous les participants de ce blog qui ont apporté l'élan et la matière de cet Appel, par leurs informations, leurs échanges et leurs débats. Nous n'oublions pas non plus ce que cet Appel doit au texte d'Edwy Plenel qui a été, d'une certaine façon, l'étincelle de cette initiative citoyenne.

 

Nous tenons à certifier que tous nos travaux se sont déroulés continument en liste fermée, sans apport extérieur autre que celui de nos contacts avec les membres du Club et dans un esprit d'indépendance à l'égard de tout parti politique et de toute idéologie.

 

Enfin, nous espérons que cet Appel citoyen, qui est né au sein de la communauté de lectrices et de lecteurs de Mediapart, saura rassembler très largement, non seulement les mediaparticipants qui accepteront de le diffuser le plus largement et le plus efficacement possible, mais aussi toutes celles et tous ceux qui, en France comme en Europe et dans le monde, se révoltent contre la dictature financière, aspirent à des changements profonds et veulent agir vraiment pour qu'elle cesse de nous imposer sa loi aveugle.

 

Pour le collectif de rédaction,

 

Art Monica, Dominique Boullier, Virgil Brill, Pascal Maillard, Jean-Jacques M’U, Voonet 

 

Mise à jour du 14-08 à 12h :

Un collectif de rédaction composé de sept membres du Club travaille depuis le 13 août à la rédaction d'un projet d'appel ainsi qu'à une charte de publication et de diffusion. Une première version de ce travail sera mise en ligne sur ce blog le 15 ou le 16 août au plus tard. Elle sera également soumise à l'Equipe de rédaction de Mediapart afin d'engager des discussions sur un accord de publication et sur les modalités techniques de diffusion de cet Appel. Il est important de souligner que le collectif de rédaction alimente régulièrement ses travaux par une lecture du contenu de ce fil de discussion. Il est donc essentiel que tous les mediaparticipants qui le souhaitent, continuent de débattre et d'exprimer leurs idées ou suggestions relatives au contenu de cet Appel comme à sa forme.

 

Mise à jour du 16-08 à 02h30 : 

 

Après la production et l'amendement de plusieurs versions successives, le collectif de rédaction a fait le choix d'un texte de base qui pourrait être finalisé dans la journée sous la forme d'une version pré-définitive, laquelle sera transmise à la rédaction de Mediapart pour information et demande d'autorisation de publication. Par simple mesure de prudence, et afin que la version définitive ne circule pas sur la "toile" avant sa publication, le collectif de rédaction pourrait proposer, après décision collégiale, de ne mettre en ligne qu'un "abstract" de l'Appel. Pour information celui-ci sera bien de portée européenne, conformément au souhait d'une majorité. Certains choix de propositions d'actions sont encore en débat, en raison même des apports du fil de discussion de ce blog. Merci pour votre patience et vos nombreuses contributions.

 

Mise à jour du 17-08 à 11h30 

 

L'appel existe désormais dans une version pré-définitive. Il est soumis à validation au sein du collectif de rédaction. Après mise en page il sera envoyé en début d'après-midi à la rédaction de Mediapart, accompagné d'une charte de publication et de diffusion. L'appel ne sera mis en ligne que lorsque le support technique de la pétition sera opérationnel. Ce pourrait être au mieux ce soir, ou plus probablement demain dans la journée. 

 

Mise à jour du 17-08 à 19h : 

 

La version définitive de l'Appel, validée par le collectif de rédaction, a été transmise à 17h à l'équipe de rédaction du journal. La charte de publication et de diffusion fait actuellement l'objet d'un échange constructif entre le collectif et l'équipe du journal. L'Appel devrait être mis en ligne demain 18 août, dans la matinée ou en milieu de journée.

 

ETAPES DU TRAVAIL

 

 

 

ETAPE 1 : pour commencer 

 

 

Chères toutes, chers tous,

 

Une certaine impatience s'exprime : le souhait de faire vite, le désir de participer. Certains voudraient que cet appel existe déjà, comme tombé du ciel. D'autres soumettent des idées et font des propositions concrètes. Je crois que c'est à celà qu'il faut s'attacher. Pour avacancer vraiment, et avancer collectivement, il me semble que les messages devraient se concentrer dans un premier temps :

 

1. sur des propositions d'idées directrices à mettre dans l'appel en ayant à l'esprit deux choses : l'appel devra être court (2000 signes me semble bien) et certaines idées sont formulées dans le texte d'E. Plenel (elles sont à repérer, hiérarchiser et sélectionner dans le cadre d'un premier canevas). Il faudrait viser la simplicité, la lisibilité et l'efficacité du message si nous souhaitons que l'appel soit populaire et citoyen. Sans sacrifier la rigueur et la clarté des idées, cet appel ne peut être un texte d'analyse.

 

2. sur la visée de l'appel (laquelle conditionne aussi son contenu) : texte à portée nationale ou européenne (seconde option souhaitée, mais nécessité d'inclure une dimension nationale : pas facile), détermination des destinataires (types de signataires possibles : citoyens bien sûr, mais aussi associations, syndicats, partis, etc...)

 

3. sur des propositions  pour une méthode de travail : calendrier, mise en place d'un collectif de rédaction (et en fonction de la décision de l'équipe de rédaction de MDP, intégration ou non de journalistes dans le collectif), modalité de la validation de l'appel.

 

Si nous souhaitons que le texte soit solide et puisse être signé massivement, il devrait être consensuel et rassembleur, viser un message ferme et fédérateur à l'attention des décideurs politiques, proposer quelques principes contre la dictature financière et énoncer un appel à une mobilisation citoyenne la plus large possible, mais sans entrer dans des propositions d'actions spécifiques, mais plutôt des types d'action. L'appel doit pouvoir durer dans le temps et il doit être formulé de telle sorte que la péremption d'une action ne le rende pas caduque.

 

Tous les participants doivent être conscients que cette entreprise de rédaction collective d'un appel ne sera pas facile - elle est même redoutable - et ne pourra satisfaire les multiples et diverses demandes formulées. La facilité (et peut-être la sagesse) consisterait à travailler à une rédaction en comité réduit en sollicitant quelques mediaparticipants engagés et un peu habitués à des travaux collectifs de rédaction et ayant un minimum de compétences dans le domaine de l'économie et de la finance. Si cette solution devait avoir l'assentiment d'une majorité ( par impossibilité matérielle et technique d'une rédaction à 50 ou 100...), il faudrait absolument que cette équipe de rédacteurs soit à l'écoute des propositions majoritaires formulées dans notre fil de discussion.

 

 

J'essaie, dans la mesure de mon temps et des mes moyens, de faire dans la journée une synthèse des propositions constructives formulées au fil de vos commentaires. Je commence aussi à réfléchir  à une proposition de charte pour cet appel et à affiner les questions de méthode en tenant compte de vos suggestions.

 

 

 

Bien à vous.

 

Pascal Maillard

 

 

 

ETAPE 2 : Synthèse à partir des premiers commentaires

 

 

 

Cette petite synthèse a pour fonction principale de donner un aperçu de quelques dominantes qui se dégagent à ce stade de la réflexion. Elle pourra aussi servir de pensum pour l’équipe rédactionnelle qui se met lentement en place. Volontairement je ne classe, ni ne hiérarchise. J’exclus aussi volontairement mes propres propositions pour des raisons d’objectivité. Vous voudrez bien excuser les éventuels oublis.

 

1. Proposition d'idées directrices à mettre dans l'appel :

 

Construire la démocratie économique,  sociale et politique du XXI siècle

Construire une Europe des citoyens

Défense des services publics

Appel à soutenir la marche des Indignés vers Bruxelles

Appel à une union de tous les citoyens européens contre la dictature financière.

Restaurer les fondements de la démocratie

Changer de modèle économique

Taxe sur les transactions financières européennes

Appel à des actions concrètes

Appel à l’éveil des consciences

Parler aussi de dictature économique

  

 

2. Visée de l'appel :

 

Le niveau européen a l’assentiment de la majorité, mais on ne doit pas négliger la portée nationale

Les partis politiques ne doivent pas être des destinataires directs. De même pour les syndicats.

L’appel s’adresse prioritairement à tous les citoyens, quelles que soient leurs convictions politiques

L’appel doit être populaire

 

 

3. Forme de l’appel :

 

Une initiative citoyenne

Une grande accessibilité du texte pour faciliter l’appropriation par tous

Un texte court et incisif

Deux parties : état de la situation et propositions de solutions

 

 

4. Diffusion de l’appel :

 

Réunion de plusieurs médias nationaux pour soutenir ou relayer l’appel

Articuler la diffusion de l’appel avec la mobilisation des Indignés

Diffusion aux partis politiques, aux syndicats et aux associations

Mise en place d’un comité de diffusion

Mediapart seulement support de diffusion et rôle de coordination

Diffusion papier (tracts) et affiches en plus de la diffusion numérique

 

 

ETAPE 3 : PROPOSITION DE CHARTE POUR L'APPEL 

 

Cette charte élaborée par le collectif de rédaction est une version pré-définitive qui peut recevoir encore quelques corrections et amendements. 

 

 

1. La signature de cette pétition dont le texte-support est intitulé «Appel européen contre la dictature financière » est ouverte à tous les citoyennes et citoyens âgés de 16 ans ou plus. La pétition comporte les noms et prénoms des signataires, leur ville, leur pays de résidence et leur profession (facultatif). L'adresse électronique, indiquée pour la confirmation de la signature, ne sera pas publiée.

 

2. Cet Appel a vocation à être diffusé dans les médias locaux, régionaux, nationaux de tous les pays européens, en édition papier ou numérique. Les traductions de cet Appel en langue étrangère doivent être les plus  fidèles possibles à l’original. Seules les versions française et anglaise mises en ligne sur le site de Mediapart ont une garantie d’originalité.

 

3. Cet Appel se veut d’abord citoyen, sans appartenance et sans lien avec des idéologies ou des partis politiques : la pétition ne comporte donc pas de premiers signataires, ni n’en distingue, fussent-ils des autorités morales ou scientifiques. Elle ne se soutient que de l’expression de citoyens « libres et égaux ». Seule une rubrique distincte permet de rassembler utilement les signatures collectives (associations, syndicats, partis politiques).

 

4. Mediapart est le site hébergeur unique de cet Appel qui figurera sur la page d’accueil du Club des lecteurs, dans l’édition française aussi bien que dans l’édition anglaise. Le journal s’engage à assurer le support technique et la maintenance informatique de la pétition.

 

5. Sur le site, le décompte du nombre de signatures de la pétition sera transparent, toujours accessible et connu en temps réel. Dans l'éventualité où, suite à un accord entre Mediapart et d'autres médias étrangers, cet appel devait être soumis à la signature sur d'autres sites, le récolement du décompte des signatures sera assuré par l'équipe de Mediapart en coordination avec l'équipe de rédaction du média étranger qui certifiera l'exactitude de son propre décompte.

 

 

 

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 ARCHIVES :

 

 1. Premier commentaire au texte d'Edwy Plenel (11-08 à 02h00) :

 

Le « parti pris » d'Edwy Plenel témoigne d'une radicalité louable, urgente, nécessaire. Comme bien d'autres textes d'Edwy Plenel dont nous sommes nombreux à observer la radicalité croissante. Je pense à "La sale vérité du sarkozisme" qui a précédé ce texte de quelques jours. Mais le temps n'est plus aux « partis pris ». Edwy Plenel l'a bien compris : le titre comme les deux derniers paragraphes suggèrent un Appel et entre les lignes un nouveau « Front populaire ». Edwy Plenel y pense fortement, mais ne le dit pas explicitement. Et pourtant c'est écrit, de manière subliminale, à une ligne d'intervalle : « Seul un front commun... une union populaire... ». C'est que ce texte se met en attente d'une « initiative unitaire » (commentaire de E.P.) que l'on serait en droit d'espérer des « forces de gauche ». Et c'est là que le bât blesse, à mon sens : le commentaire est en retrait sur le texte.

 

Les forces de gauche ne se mettront pas d'accord sur des « mesures urgentes à imposer, autour desquelles pourrait se mobiliser le peuple ». Objectivement divisées et déjà en campagne, elles « soupèsent les urnes de demain », comme le craint justement Edwy Plenel. Le « front commun », s'il existe un jour, ne pourra naître que d'un vaste mouvement populaire de révolte qui force les partis politiques de gauche, et d'abord le PS, à prendre des engagements radicaux « contre la dictature financière ». Non en vue des échéances électorales, mais hic et nunc, dans un programme politique enfin à la hauteur de l'état d'urgence de notre monde. Non des promesses, mais des engagements étayés par des analyses qui montrent que les partis de gauche, dits « de gouvernement » (ou y prétendant), renoncent aux fondamentaux désastreux du libéralisme économique et financier qui conduit aujourd'hui notre pays et l'Europe vers les pires tragédies. La mondialisation a pris définitivement la forme d'une barbarie.

 

Alors oui, face au pire qui advient, ne mettons pas nos espoirs dans les seules élections de 2012 (nous avons appris qu'en Sarkozie le pire est toujours sûr - et la plus grande chance de Sarkozy d'être réélu, c'est bien qu'il est encore au pouvoir !). Soit, comme l'écrit Edwy Plenel, l'époque appelle une clameur, un engagement, un combat, « une révolte citoyenne ». Elle pourrait n'être pas loin comme en attestent les nombreux mouvements de révolte populaire et de révolutions, dans le monde comme en Europe.

 

Mais alors pourquoi ne pas transformer ce « parti pris » en un véritable Appel ? Pourquoi ne pas en faire dès maintenant une initiative citoyenne en lui donnant une véritable efficace sociale et politique ? Concrètement pourquoi ne pas risquer de lui donner la forme d'un Appel citoyen proposé à la signature du plus grand nombre, des associations, des syndicats, des partis, mais d'abord et avant tout des centaines de milliers de citoyens qui ne peuvent se résigner au pire, qui se battent ou sont prêts à s'engager ? Et pourquoi donc Mediapart ne prendrait-il pas cette initiative, le risque de cette utopie positive ? Elle brûle pourtant la plume de plus d'un de ses journalistes. Elle est attendue par de nombreux abonnés dont certains crient des « Que faire ? » dans leurs commentaires.

 

« Une pédagogie de la mobilisation et du rassemblement », comme l'écrit Edwy Plenel dans sa réponse, donne certes « force et courage ». Mais cette pédagogie, toute louable et utile qu'elle soit, ne suffit plus aujourd'hui. On ne peut appeler à la « révolte citoyenne » sans qu'au moins l'appel prenne la forme d'un Appel. Avec des destinateurs et des destinataires, un texte solide dont la trame est presque donnée dans ce « parti pris ».

 

Je crois profondément qu'en une époque où ni les partis politiques, ni ceux qu'on nomme improprement les « intellectuels » (je parle des « médiatiques » qui n'ont plus que le sens de la prostitution) ne peuvent remplir leur fonction de conscience critique et éthique, il incombe aux journalistes de prendre leur responsabilité et de franchir le pas de l'engagement. Et si l'équipe rédactionnelle de Mediapart devait objecter que ce n'est pas la fonction d'un media indépendant, nous serions nombreux à répondre que Mediapart n'est pas un média comme les autres : le lien fort entre l'équipe de ce journal participatif et la vaste communauté des lecteurs-rédacteurs participants rend possible – et peut-être nécessaire – une initiative qu'aucun autre média ne pourrait prendre. Elle est à inventer et elle n'est peut-être pas loin.

 

Pascal Maillard

 

PS 1: Pour éviter tout malentendu il peut être utile de préciser qu'un tel Appel citoyen soumis à la signature n'a seulement qu'un rôle de levier pour une mobilisation citoyenne et ne se substitue en rien à un agir social effectif et à un engagement de chacun dans l'action. Nous avons tous signé suffisamment de pétitions pour devoir rester modestes quant à leur efficacité. Le sens de mon interpellation d'Edwy Plenel, et par lui de Mediapart, est de signifier, au-delà de l'engagement du journaliste et de l'intellectuel, l'urgence d'un engagement concret, parfois pris par la rédaction sur d'autres sujets, au moyen d'un Appel dont Mediapart serait le porteur. En ce sens, et conformément au "projet Mediapart", il serait certainement souhaitable que le "porteur" soit la "communauté intellectuelle" qui constitue ce journal numérique, à savoir l'équipe rédactionnelle et le Club.

 

 

2. Second commentaire :

 


 

PRECISIONS ET ELEMENTS DE REPONSE A QUELQUES COMMENTAIRES.

 

Chères toutes, chers tous,

 

 

J'ai lu attentivement les quelques réserves suscitées par ma suggestion de produire et lancer un Appel contre la dictature financière qui serait porté par le site de Mediapart. Certaines me semblent très légitimes et les arguments doivent être pris au sérieux. Mais d'abord quelques précisions :

 

1. Ma suggestion est partie de la lecture que j'ai faite du "parti pris" d'Edwy Plenel. Je crois que beaucoup de lecteurs ont compris qu'il lançait un appel. Lui-même écrit ci-dessus que "cet article est en quelque sorte un appel". Ma question est simplement la suivante : n'y aurait-il pas un enjeu et du sens à ce qu'il devienne aujourd'hui un véritable appel ? La réponse ne peut être évidemment que collective, au terme d'une réflexion et d'un débat que la rédaction de Mediapart accepte de conduire. Au terme aussi d'un débat des membres du Club qui commence à s'esquisser.

 

2. Le contenu, la forme, tout comme les "porteurs" et les destinataires de cet appel ne sont pas déterminés. Seuls l'objet (" Contre la dictature financière") et une trame d'idées sont fournis par l'"appel" personnel contenu dans le texte d'Edwy Plenel. Donc l'essentiel du travail reste à faire.

 

3. Il faudrait lever une ambiguïté sur le terme de "porteur"  que j'utilise par commodité. Dans mon esprit trois options semblent possibles. Ou la seule rédaction de Mediapart initie, rédige et lance cet appel citoyen. Ou elle accepte simplement d'être le site porteur d'un appel citoyen initié, rédigé et lancé par les membres du Club. Dans ce cas la responsabilité et l'engagement de Mediapart sont en quelque sorte limités à ceux d'un hébergeur qui propose un espace et assure le suivi technique. Pour le dire plus simplement Mediapart publie un appel. Ou bien un véritable travail collaboratif est engagé entre la rédaction et les "mediaparticipants" du Club pour initier, rédiger et porter ensemble cet appel citoyen. Cette troisième option, la plus difficile à mettre en oeuvre certainement,  serait la plus conforme au projet et à l'esprit Mediapart dont l'utopie (ou l'horizon toujours à atteindre) est bien de travailler à construire "une communauté intellectuelle". Je pense qu'il revient à la rédaction de Mediapart de nous dire laquelle des ces trois options ( ou bien aucune d'elles, ou éventuellement une autre option) pourrait avoir son assentiment.

 

 

Quant aux réserves formulées par certains mediaparticipants, elles me semblent tourner autour des questions de déontologie et d'indépendance des médias. "Ne pas mélanger les genres" comme écrit GRAPHISTO. Préserver la "neutralité engagée" de Mediapart, selon Guy Meunier et limiter le rôle des journalistes à celui de l'information et de l'analyse. Très explicitement JEB écrit que "ce n'est pas le rôle d'un journaliste ou d'une organisme de presse de lancer des appels". Yvan Gavoille pose enfin que "le journal doit rester neutre, objectif, indépendant".

 

Tout d'abord je crois qu'il convient de dire et de reconnaître que Mediapart met en oeuvre depuis sa fondation un travail de résistance qui est tout sauf neutre. Ce travail est orienté et cette orientation est la condition de sa valeur. Il faudrait aussi rappeller que la presse repose historiquement en France (et dans bien d'autres pays) sur une longue tradition d'engagement. Enfin, même récemment, des organes de presse ont pris l'initiative de plusieurs appels, que ce soit Marianne ou l'Humanité. On peut même déplorer que par les temps qui courent il n'y en ait pas davantage. C'est que le paysage médiatique est tout aujourd'hui, sauf indépendant. 90% de la presse française et des medias est concentré dans quelques mains. Mediapart qui l'a souvent dénoncé s'est construit et se construit dans une voie d'opposition à la mainmise politique et financière du pouvoir sakozyste sur tous les relais d'opinion. Le "mélange des genres" est ainsi notre quotidien médiatique. Mediapart et ses participants pourraient donc s'honorer de porter le fer contre la dictature financière. Je crois même qu'il y a peu de médias qui pourraient le faire avec une aussi grande légitimité. Quelle que soit l'option choisie, je crois qu'il y a des chances véritables pour qu'un appel citoyen contre la dictature financière ait une efficace dans ce combat nécessaire que nous devons mener contre la barbarie. Et le temps presse. Alors il faut faire.

 

Propositions à suivre...

 

Bien à vous.

 

Pascal Maillard 

 

 


 

 

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